Québec sera l’hôte d’un symposium international

La ville de Québec sera l’hôte, en avril prochain, du Symposium mondial sur l’uranium, un événement organisé par des associations de médecins et des groupes sociaux critiques du recours à l’énergie nucléaire.

Selon ce qu’ont fait valoir jeudi les organisateurs, une centaine de spécialistes nationaux et internationaux sont attendus à Québec. Ils doivent notamment discuter des enjeux du cycle du combustible nucléaire, mais aussi des enjeux économiques de l’industrie, de sécurité, des dimensions sociales et environnementales, de santé, de même que de questions éthiques et de respect des droits de la personne.

« Il s’agit d’un événement d’envergure et d’une occasion unique, autant pour des spécialistes que pour le grand public, de prendre le pouls des grands enjeux qui concernent le cycle du nucléaire », a résumé jeudi Juan Carlos Chirgwin, affilié à l’Université McGill et président de Médecins pour la survie mondiale.

Comme la rencontre se déroule dans un contexte de négociations climatiques mondiales et de discussions sur l’avenir du nucléaire, le symposium espère accoucher de « recommandations » pour les décideurs publics.

L’événement se tiendra aussi quelques semaines seulement avant le dépôt attendu du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement sur la filière uranifère au Québec.

Filière controversée

Il faut savoir que l’idée de permettre l’exploitation d’uranium au Québec suscite la controverse, notamment auprès de médecins et de communautés autochtones.

Selon un rapport produit l’an dernier par l’Institut national de la santé publique du Québec, il existerait d’ailleurs « de nombreux risques, impacts et incertitudes » liés à l’exploitation d’uranium.

Le document de plus de 300 pages conclut essentiellement qu’il existe énormément d’incertitudes quant aux impacts sur la santé humaine de l’exploitation d’une mine d’uranium.

Or, selon les données du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, il existe près d’une trentaine de projets d’exploration uranifère au Québec, dont douze en phase « avancée ». Plusieurs sont situés au nord du 50e parallèle, mais on en retrouve également le long de la Côte-Nord ainsi que dans les Hautes-Laurentides.

Le projet le plus avancé est celui de Strateco, situé en territoire cri. L’entreprise, qui n’a pas obtenu les autorisations pour poursuivre les travaux d’exploration, a intenté une poursuite contre le gouvernement. La cause est toujours devant les tribunaux.