Future Earth s’implante à Montréal

Paul Shrivastava entouré de Denis Coderre et Philippe Couillard
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Paul Shrivastava entouré de Denis Coderre et Philippe Couillard

C’est un professeur de l’Université Concordia, Paul Shrivastava, qui dirigera le secrétariat mondial de Future Earth, une organisation internationale mise sur pied en 2011 pour coordonner les recherches sur les changements climatiques.

En juillet dernier, Montréal avait été sélectionnée pour accueillir l’un des cinq pôles de Future Earth qui chapeautera les travaux de quelque 60 000 chercheurs à travers le monde. Paris, Tokyo, Stockholm et Boulder, au Colorado, sont les autres villes qui accueillent ces secrétariats.

Né en Inde mais détenant la nationalité américaine, Paul Shrivastava est directeur et professeur émérite au Centre David O’Brien pour l’entreprise durable de l’Université Concordia. Le chercheur, qui est également un entrepreneur — il a fait partie de l’équipe de direction d’une entreprise d’informatique en Inde —, a rappelé que les défis face aux changements climatiques étaient importants, mais que Future Earth privilégiait une approche globale de ces enjeux. « Je suis ravi que Montréal et le Québec aient pris le leadership. C’est une occasion historique », a-t-il commenté.

L’annonce de sa nomination comme directeur général de Future Earth a été faite à Montréal vendredi lors d’une conférence de presse à la Maison du développement durable en présence du premier ministre Philippe Couillard, de trois ministres du gouvernement québécois et du maire de Montréal, Denis Coderre.

Le gouvernement fédéral, qui a réduit les investissements en recherche scientifique depuis l’arrivée au pouvoir de Stephen Harper, ne comptait aucun représentant à l’événement. Mais Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec, a soutenu que cette absence ne devait pas être interprétée comme un manque d’intérêt des instances fédérales à l’endroit de Future Earth. Le gouvernement fédéral verse 100 000 $ par an au projet, et des partenariats ont aussi été conclus avec des Instituts de recherche en santé du Canada, a expliqué M. Quirion. « Avec des annonces comme celle d’aujourd’hui, on va avoir d’autres partenaires du gouvernement fédéral d’ici quelques semaines, j’en suis convaincu », a-t-il fait valoir.

Philippe Couillard a pour sa part précisé que Québec et la Ville de Montréal allaient verser 5 millions au projet au cours des cinq prochaines années.

Le premier ministre a tenté de se dissocier de la position fédérale sur la question des changements climatiques. « Le discours canadien sur les changements climatiques n’est pas uniforme », a-t-il dit, en soulignant que des provinces comme l’Ontario, la Colombie-Britannique et le Québec « reconnaissaient à sa pleine mesure le phénomène ».

Rémi Quirion soutient que malgré les compressions imposées par Québec et par Ottawa dans la recherche scientifique, Montréal continue d’attirer des chercheurs de haut niveau. « Ce n’est jamais simple, la compétition est mondiale, mais Montréal a un pouvoir d’attraction assez exceptionnel », a-t-il affirmé.