Les orques en captivité sont désormais protégées

Miami — L’orque Lolita, qui vient de passer plus de 40 ans confinée dans des aquariums aux États-Unis, va bénéficier de la même protection, en tant qu’espèce en voie de disparition, que ses cousines sauvages, ont annoncé les autorités américaines mercredi.

Les groupes de défense des droits des animaux espèrent que ce règlement mènera à la libération de l’épaulard, qui vit depuis 35 ans dans un réservoir du Seaquarium de Miami (Floride, sud-est), où sa prise en charge est encore l’objet de litiges.

Lolita a été capturée avec six autres jeunes baleines au large de l’État de Washington (nord-ouest) en 1970. Elles ont ensuite été envoyées dans des parcs aquatiques aux quatre coins du pays.

L’orque, qui pèse un peu plus de trois tonnes, est la dernière survivante du groupe. Elle serait aussi le plus vieil épaulard en captivité aux États-Unis.


Comme ses «cousines sauvages»
 

Ses congénères sauvages sont classées comme espèce en voie d’extinction depuis 10 ans. Ce statut d’espèce protégée ne s’appliquait cependant pas aux baleines en captivité.

Il n’y a plus que 78 individus dans l’océan Pacifique, au large de la côte ouest américaine et au Canada, a précisé Will Stelle, administrateur régional des pêcheries de la côte ouest à l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA).

Leur statut d’animal protégé, accordé en 2005, ne s’appliquait pas à toutes les orques dans les eaux américaines, ni à celles en captivité.

Des groupes de défense des droits des animaux avaient demandé à la NOAA de revoir le classement et de retirer la clause excluant les baleines en captivité.

« Nous considérons que le statut d’animal en captivité de Lolita n’empêche pas qu’elle soit classée sous la loi des espèces en danger », a indiqué la NOAA mercredi. « Par conséquent, nous retirons la clause excluant les orques en captivité ».

L’orque de six mètres vit seule dans un aquarium de 10 mètres de large et de 6 mètres de profondeur à Miami.

Jusqu'à 100 ans

Les orques femelles ont une espérance de vie d’environ 50 ans, mais certaines peuvent vivre jusqu’à cent ans, selon la NOAA.

Cette décision ne change en aucune manière les conditions de captivité de Lolita, qui relèvent du département de l’Agriculture.

« Ce n’est pas un jugement pour libérer Lolita », a nuancé M. Stelle.

Le jugement de la NOAA prendra effet dans 90 jours. Après, prendre des décisions sur son bien-être « est une tâche très compliquée » que la NOAA n’avait pas anticipée et qu’elle pourrait ne pas aborder, sauf en cas d’une demande formelle, a-t-il ajouté.

Les groupes des droits des animaux se réjouissent de ce pas en avant. « Le règlement proposé aujourd’hui rendrait possible la retraite de Lolita dans un sanctuaire », a déclaré le fonds de défense de la cause animale (Animal Legal Defense Fund) dans un communiqué.

L’organisation de défense des animaux Peta a affirmé qu’elle ferait pression pour que Lolita cesse de faire des spectacles et « soit relâchée dans l’océan », dans un sanctuaire au bord de la mer, près des îles San Juan au large de l’État américain de Washington, voire dans sa propre famille puisque sa mère, âgée de 86 ans, pourrait être toujours en vie.

Mais M. Stelle a expliqué que sa survie n’était pas aussi simple qu’ouvrir les barrières et la laisser s’en aller.

« Imaginez que vous avez vécu en captivité, dans un environnement géré de manière très serrée, nourri par des humains pendant 40-45 ans. Seriez-vous prêt à être relâché dans la nature et à vous débrouiller seul ? », a-t-il demandé.

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