Sites miniers: Québec prévoit injecter 808 millions d’ici 2027

Le «plan de restauration» chiffre à 808 millions la facture totale pour le nettoyage des sites, qui se répartissent sur tout le territoire québécois.
Photo: Lawrence Côté-Collins Le «plan de restauration» chiffre à 808 millions la facture totale pour le nettoyage des sites, qui se répartissent sur tout le territoire québécois.

Au moment où il impose un important plan d’austérité budgétaire, le gouvernement Couillard entend augmenter substantiellement les dépenses annuelles de fonds publics dans le but de terminer la restauration des sites miniers abandonnés au fil des ans par les entreprises du secteur sur le territoire québécois.

Le Devoir a obtenu copie lundi d’un « plan de restauration » inédit du ministère des Ressources naturelles qui révèle que le gouvernement libéral a convenu l’automne dernier de terminer, d’ici à 2027, la restauration des quelque 700 sites miniers abandonnés à la charge des contribuables.

Ce plan, qui comporte des centaines de millions de dollars de dépenses publiques, n’avait jamais été dévoilé par Québec. La semaine dernière, le ministère avait même affirmé clairement au Devoir qu’il n’existait aucun plan en vue de la restauration des sites.

Les données inscrites dans ce plan chiffrent à 808 millions la facture totale pour le nettoyage des sites, qui se répartissent sur tout le territoire québécois. Comme le gouvernement a déjà injecté 103 millions de dollars en huit ans dans les travaux, il lui resterait donc 705,5 millions à débourser pour venir à bout de cet héritage toxique.

Selon le programme élaboré par le gouvernement Couillard, ce montant devra être investi sur une période de 13 ans pour respecter son objectif de 2027. Cela veut dire une moyenne annuelle de 54,3 millions de dollars. Or, Québec a injecté en moyenne 12,8 millions de dollars par année depuis huit ans. Il faudra donc ajouter à cette enveloppe une moyenne de 41,5 millions chaque année, ce qui équivaut à multiplier au final les dépenses annuelles par quatre.

Le montant inscrit pourrait en outre devoir être revu à la hausse. Le plan de neuf pages transmis au Devoir ne tient en effet pas compte des 336 millions inscrits par le ministère « pour des sites sur lesquels il pourrait avoir à agir ». La facture totale pour effectuer le nettoyage est donc estimée à 1,2 milliard de dollars, selon le ministère des Ressources naturelles.

À cela pourraient s’ajouter d’autres sites, comme celui de la mine Québec Lithium, qui a fermé ses portes l’automne dernier sans avoir déboursé la garantie financière pour nettoyer son site d’exploitation situé en Abitibi. Fait à noter, l’évaluation sur laquelle se base le gouvernement dans son plan date du 31 mars 2014.

Échéancier à respecter

Au bureau du ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, on a précisé que Québec tenait mordicus à respecter l’échéancier de 2027 inscrit dans le plan de restauration. Cet objectif comporte en outre une cible intermédiaire pour 2022. Le gouvernement veut alors avoir terminé 50 % des travaux prévus.

Le plan libéral permet par ailleurs de confirmer que la majorité des sites nécessitant d’importants travaux de restauration se situent en Abitibi. Au moins huit sites de cette région coûteront plus de 10 millions de dollars au trésor public, dont quatre coûteront plus de 50 millions. Dans ces cas, le nettoyage inclut des travaux de décontamination majeurs.

Au total, 198 des 700 sites miniers abandonnés sont d’anciens sites d’exploitation minière. De ce nombre, une cinquantaine nécessitent des travaux qualifiés de majeur par le ministère des Ressources naturelles. Dans certains cas, il s’agit de décontaminer des sites pollués par des résidus acides ou des métaux lourds. On trouve des sites dans plusieurs régions du Québec, dont l’Estrie, l’Outaouais et la Côte-Nord.

Même si la Coalition Québec meilleure mine a soulevé l’idée d’imposer une taxe spéciale aux minières pour éviter de faire porter tout le fardeau financier aux Québécois, le gouvernement et l’industrie minière ont rejeté cette idée.

15 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 27 janvier 2015 01 h 09

    Aie la droite

    Quand le capitaliste a soutiré le maximum auquel il pouvait en faisaint miroiter des jobs, il quitte en laissant un tas de merde. Si c'est cela la droite, pas de leçon à nous donner.

    • Danielle Houle - Abonnée 27 janvier 2015 13 h 43

      Si votre chien fait un dégat, vous avez l'obligation de ramasser sous peine d'amende. D'un bord, Couillard ramasse les dégats avec nos économies, et de l'autre bord, il attire d'autres petits zamis qui vont cochonner la place, prendre nos ressources à prix minimes et offrir des jobs payées par nos subventions et dégrèvements d'impôts.

  • François Dugal - Inscrit 27 janvier 2015 06 h 58

    Le Plan Nord

    Le Plan Nord bat son plein; les entrepreneurs en décontamination fourbissent leurs armes.
    "Je suis prêt", disait-il.

    • Frédéric Doré - Inscrit 27 janvier 2015 23 h 28

      c'est drole de voir les gens croire que c'est aussi facile d'abandonner son site minier qu'il y as 40 ans

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 27 janvier 2015 07 h 57

    De notre mémoire collective...

    Ce que je me demande, c'est pourquoi le gouvernement du Québec n'a pas encore publicisé ce plan de restauration? Veut-il l'alléger ou pire, le déposer sur une tablette ? Veut-il , à l'instar de ce qui s'est passé pour la contamination de la nappe fréatique située près de la base militaire de Valcartier, éviter de fournir des munitions aux personnes rendues malades ou tuées par la pollution provenant de ces anciens sites? Veux-t-il encore davantage minimiser l'importance de l'argent gouvernemental dépensé dans des zones trés peu peuplées alors que l'austérité budgétaire les régions beaucoup plus densément habitées ? Veux-t-il nous faire oublier les stratégies corporatives encore mises de l'avant par nos plus grosses corporations, notamment celles dites minières, forestières et ferroviaires, pour se délester de sites contaminés ou dangereux, par exemple celle de vendre l'installation en question à une autre corporation sans le sou et qui fera bientôt faillite ? Il n'y a pas que le sites miniers qui soient orphelins ! Une telle stratégie a été utilisée par le Canadien Pacifique pour se débarasser de la voie ferrée reliant Montréal-Lac Mégantic et St-Jean Nouveau Brunswick ? Veut-il qu'on oublie son manque de volonté d'imposer une taxe spéciale aux compagnies minières, forestières et ferroviaires dont les activités sont susceptibles de nous laisser des 'sites orphelins' hautement pollués et dégradés ?

  • Pierre Vincent - Inscrit 27 janvier 2015 08 h 05

    C'est pas 800 M $ qui sont requis, mais plutôt 1,2 milliard.

    Le passif des sites miniers abandonnés s'élève à 1,2 milliard de $ selon les rapports du Vérificateur général du Québec. N'engager que 800 millions et d'ici 2027 est très clairement insuffisant et cela explique sans doute pourquoi le gouvernement actuel a essayé de bien dissimuler son plan actuel aux critiques du public. Et l'idée de taxer les minières demeure de mise, même si les compagnies jadis responsables des sites orphelins sont depuis longtemps disparues dans la nature, bien entendu. Comme le secteur minier est présentement en déclin en raison de la chute des prix des métaux il serait illusoire de penser que les minières seront très enthousiastes à l'idée de faire leur part dans le grand ménage requis. On devra donc redoubler de vigilance pour éviter que d'autres sites s'ajoutent à la déjà trop longue liste des dégâts de l'industrie au Québec.

  • Gilles Delisle - Abonné 27 janvier 2015 08 h 23

    Combien reste-t-il dans les poches du gouvernement?

    Après avoir soustrait les allègements fiscaux et incitaifs de toutes sortes à ces compagnies, en plus des frais de nettoyage et de décontamination, combien reste-t-il au gouvernement du Québec et à ses contribuables?