Pas de documents en français pour Énergie Est

Le projet Énergie Est exige la construction d’un tuyau d’environ 700 kilomètres au Québec et inclut un projet de port pétrolier à Cacouna.
Photo: Lawrence Côté-Collins Le projet Énergie Est exige la construction d’un tuyau d’environ 700 kilomètres au Québec et inclut un projet de port pétrolier à Cacouna.

Même si le Québec sera un point névralgique pour la construction du pipeline Énergie Est, l’Office national de l’énergie ne juge pas nécessaire que les documents présentant le projet soient disponibles en français sur son site.

L’organisme fédéral chargé d’évaluer le projet de TransCanada a donc rejeté la demande du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), qui souhaitait que les 30 000 pages de documents soient traduites en français. Les informations disponibles sur le site de l’Office national de l’énergie (ONE) sont essentiellement unilingues anglophones.

« La Loi sur les langues officielles n’exige pas qu’une partie comparaissant devant l’Office, en l’occurrence [Énergie Est], traduise sa demande et autres documents afférents qu’elle souhaite déposer au dossier », argue l’ONE dans sa réponse au CQDE.

« En outre, précise la lettre de quatre pages, l’Office n’a pas l’habitude de traduire la preuve écrite d’une partie à l’intention d’autres parties, car la traduction ne serait pas officielle et pourrait mal interpréter la version originale de la preuve, ce qui, en bout de ligne, pourrait entraîner des erreurs factuelles. »

Promotion en français

L’Office estime aussi que TransCanada, qui pilote un projet de 12 milliards de dollars, a fourni « suffisamment » de documentation en français sur son site Web. À partir du site de l’ONE, il est effectivement possible de cliquer sur un lien menant au site de la pétrolière albertaine.

L’organisme fédéral précise toutefois qu’il s’agit d’un site externe et qu’il « n’est pas responsable de l’exactitude, de l’actualité ou de la fiabilité du contenu de ces sites et n’offre aucune garantie à cet égard ». En arrivant sur le site de TransCanada, le visiteur tombe directement sur une vidéo promotionnelle intitulée « Le projet Énergie Est profitera à tous ». Il peut aussi consulter des documents rédigés en français par la pétrolière.

Le CQDE a dit jeudi prendre connaissance de la réponse de l’ONE et étudier les options qui pourraient être envisagées. Le regroupement participe en outre à l’enquête amorcée par le commissaire aux langues officielles. Ce dernier étudie en effet le dossier de TransCanada, puisque l’ONE est assujetti à la législation sur les langues officielles.

Pendant ce temps, le processus d’évaluation lancé par l’ONE se poursuit. Les gens qui souhaitent déposer une demande de participation aux consultations pourront le faire du 3 février au 3 mars 2015. Il ne sera toutefois pas possible de traiter des impacts environnementaux de l’exploitation pétrolière qui alimentera ce pipeline.

Celui-ci transportera 1,1 million de barils par jour. L’imposant tuyau qui devra être construit au Québec aura une longueur de plus de 700 kilomètres, soit près de la moitié de toute la longueur du pipeline à bâtir pour réaliser le projet.

Il traversera non seulement de très nombreux secteurs agricoles, mais aussi le territoire de plusieurs dizaines de municipalités des deux rives du Saint-Laurent. Tout au long de son tracé, le pipeline doit aussi traverser de nombreuses rivières majeures du sud du Québec, dont plusieurs sont utilisées comme source d’eau potable par les municipalités.

26 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 9 janvier 2015 06 h 19

    Les USA disent non

    « Il existe trop de questions environnementales importantes à examiner avant que le Congrès ne donne à une entreprise étrangère une permission spéciale, a critiqué la démocrate Maria Cantwell. Mon message à TransCanada est de respecter les règles. »
    Pourtant l'Office nationale de l'énergie refuse carrément d'aborder cet aspect dans leur étude. On veut nous imposer un oléoduc sans en connaître tous les risques. Le Québec aussi doit dire non.

    • Julie Carrier - Inscrite 9 janvier 2015 11 h 33

      Malheureusement, Keystone reçoit un " oui " des USA. Maria Cantwell aura beau parler, mais ce sera tout.

  • Yvon Pesant - Abonné 9 janvier 2015 06 h 31

    Aucun respect!

    Honte à TransCanada! Honte à l'Office national de l'énergie! Honte au gouvernement fédéral! Honte à tous ces gens et organismes qui n'entretiennent aucun respect envers le Québec et sa population majoritairement francophone.

    Il nous revient de le dire, de le crier au besoin, et d'agir en conséquence. Il est inadmissible que nous tolérions un tel état de fait. À quand le pays? Je vous le demande.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 9 janvier 2015 10 h 12

      Et honte aux Québécois francophones qui ont voté majoritairement pour ces partis. Et honte à ceux qui ont triché le référendum de 1995.
      Honte aux organisateurs francophones des élections clé en main.
      Honte aux argentiers francophones du parti libéral.
      Et honte, honte, honte ...

    • Julie Carrier - Inscrite 9 janvier 2015 11 h 36

      Il faudrait le demander à tous ceux et celles qui votent pour " les vraies affaires " .

    • Diane Boissinot - Abonnée 9 janvier 2015 11 h 42

      Imaginez un moment le contraire: Une société québécoise, disons Junex ou Pétrolia, présentant à l'ONE une preuve documentaire de 30 000 pages en français uniquement pour un projet de pipeline traversant le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse pour atteindre les USA. Vous croyez que cette situation serait tolérée? Poser la question c'est y répondre

    • Victoria - Inscrite 9 janvier 2015 12 h 54

      j'appuis

    • Victoria - Inscrite 9 janvier 2015 12 h 58

      j'appuis

    • Victoria - Inscrite 9 janvier 2015 12 h 59

      j'appuis

    • Pierre Fortier - Abonné 9 janvier 2015 15 h 42

      J'appuie, en français!

    • Josée Duplessis - Abonnée 9 janvier 2015 19 h 00

      Quel mépris de la part du fédéral.
      Vivement sortir de ce pays dont les anglophones nous disaient hypocritement au référendum de 1995 qu'ils nous aimaient.
      Le mépris est une marque qui est un manque de respect.
      Vivement sortir de ce pays qui se fout complètement d'un peuple fondateur.

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 9 janvier 2015 08 h 51

    Comme Couillard

    Pourquoi l'ONE exigerait-il du français alors que le premier ministre du Québec préfère employer l'anglais lors de rencontres internationales?

    Desrosiers
    Val David

  • Robert Beauchamp - Abonné 9 janvier 2015 09 h 38

    L'arrogance

    Arrogance et mépris. Comme dans le bon vieux temps, en fait tout récent, le Canada anglais exerce sa suprématie, et le PLQ en bon collabo en rajoute. Aurefois nous avons été porteurs d'eau, maintenant devenus balayeurs devant apprendre l'anglais, Couillard l'a dit.
    Ce n'est pas juste un manque de respect, c'est un affront.
    Robert Beauchamp

  • Richard Coulombe - Inscrit 9 janvier 2015 10 h 36

    Incompétence

    Je suis d'accord en principe avec le projet de pipeline (mais pas celui du terminal de Cacouna), le principal bénéfice étant la réduction du transport pétrolier en surface. Le promoteur a une tâche énorme pour obtenir un niveau d'acceptabilité sociale nécessaire pour aller de l'avant. Mais cette compagnie doit fourmillier d'incompétents qui se surpassent pour bousiller le projet. D'abord l'acharnement dans la sélection du site de Cacouna, maintenant cette histoire de documents unilingues, une dépense de traduction de quelques centaines de milliers de dollars, négligeable par rapport à l'ensemble du projet. Si j'étais le patron de l'entreprise, bien des têtes rouleraient aujourd'hui dans mon organisation ...

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 9 janvier 2015 13 h 40

      "Je suis d'accord en principe avec le projet de pipeline (mais pas celui du terminal de Cacouna), le principal bénéfice étant la réduction du transport pétrolier en surface".

      Qu'il soit en surface ou caché, ce projet dangereux ne vaut rien pour le Québec. Il est même très dangereux. S'il est enfoui, il sera encore plus difficile de repérer la fuite et aura contaminé les nappes phréatiques pour ressurgir par après àchaque pluie. Ce projet est contre le Québec, l'environement et contre nos intérêts.

    • Richard Coulombe - Inscrit 9 janvier 2015 15 h 30

      Malheureusement, le transport pétrolier va s'accroître, qu'on le veuille ou non. Et sans pipeline, ce sera en surface; déjà, le CN et le CP ont annoncé qu'il prévoyait une augmentation de 10% dans leur part de transport pétrolier en 2015. Et sans parler du transport maritime requis pour le pétrole importé pour nos besoins. Il n'y a pas de projet à risque zéro, il faut donc choisir celui qui représente le minimum de risque. Tant qu'à moi, la solution pipeline est la plus sensée.