La qualité de l’air empire à Montréal

Si le nombre de « mauvaises » journées a augmenté à Montréal, celui où l’air était de qualité acceptable est demeuré stable. C’est le nombre de journées où l’air est « bon » qui en pâtit.<br />
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Si le nombre de « mauvaises » journées a augmenté à Montréal, celui où l’air était de qualité acceptable est demeuré stable. C’est le nombre de journées où l’air est « bon » qui en pâtit.

L’air de Montréal n’est peut-être pas aussi souillé que celui de mégapoles comme Le Caire, Mexico ou Pékin, mais la métropole fait piètre figure en matière de qualité de l’air par rapport à d’autres grandes villes du pays.

Même Toronto peut se targuer d’avoir une qualité de l’air supérieure à celle de Montréal, souligne le Dr Stéphane Perron, médecin à la Direction de la santé publique de Montréal, qui se spécialise dans ces enjeux. Si certains facteurs comme les courants aériens en provenance des États-Unis expliquent en partie ce phénomène, le bilan de l’année 2014 inquiète, puisqu’il signale une détérioration de la situation.

Selon les plus récentes données du Réseau de surveillance de la qualité de l’air de l’île de Montréal (RSQA), le nombre de jours où l’air de la région était mauvais au point d’être dangereux pour la santé publique a connu une augmentation de plus de 20 % cette année.

La Ville de Montréal mesure la qualité de l’air sous la forme d’une valeur numérique appelée « indice de la qualité de l’air » (IQA). La valeur 50 de cet indice correspond à la limite supérieure acceptable pour chacun des polluants mesurés. De 0 à 25, on parle d’une « bonne » qualité de l’air, de 26 à 50 d’une situation « acceptable », puis, au-delà de ce point, d’une mauvaise qualité de l’air.

Or, si le nombre de « mauvaises » journées a augmenté, celui où l’air était de qualité acceptable est demeuré stable. C’est le nombre de journées où l’air est « bon » qui en pâtit.

« L’une des principales causes probables de ce phénomène est le recours au chauffage au bois lors de journées froides », explique le Dr Perron. En effet, même si une majorité de foyers montréalais a recours à l’électricité, le chauffage au bois demeure une option populaire. L’hiver dernier ayant été l’un des plus froids des deux dernières décennies, il n’est pas étonnant qu’on ait enregistré davantage de jours de smog hivernal, selon lui. Le transport automobile contribue lui aussi à empirer la situation. « Par temps froid, l’idéal est de réduire le plus possible l’utilisation du chauffage au bois, et de prendre le transport en commun, une option beaucoup moins polluante », dit-il.