Le gaz a raison du nucléaire au Vermont

Montpelier — La seule centrale nucléaire du Vermont a cessé lundi d’envoyer de l’électricité dans le réseau de la Nouvelle-Angleterre, après plus de 42 ans d’activité.

L’interruption de service a eu lieu peu après midi, quand la centrale Vermont Yankee a achevé son 30e cycle d’exploitation. Des employés ont alors inséré des barres de commande dans le coeur du réacteur pour stopper le processus de réaction nucléaire.

Située dans la ville de Vernon, dans le sud-est du Vermont, la centrale a produit, au fil des ans, 71,8 % de l’électricité produite au Vermont et 35 % de l’électricité consommée dans cet État, selon des données fournies par l’Energy Information Agency. Bill Mohl, président d’Energy Wholesale Commodities, l’entreprise propriétaire de la centrale Vermont Yankee, a cité des facteurs économiques pour expliquer la fermeture, principalement le marché du gaz naturel dans le Nord-Est américain.

1,45 milliard de dollars

La décision de fermer la centrale avait été annoncée en août 2013, peu de temps après que l’entreprise eut remporté une longue bataille judiciaire contre le Vermont, qui souhaitait la fin des activités nucléaires. La centrale employait plus de 600 personnes et ses effectifs seront réduits de moitié à compter du 19 janvier prochain. La centrale demeurera inactive pendant des décennies, afin de permettre le refroidissement de ses éléments radioactifs ainsi que la constitution d’un fonds pour la décontamination. On s’attend à ce que le démantèlement coûte près de 1,45 milliard de dollars et à ce que l’opération ne soit pas terminée avant 2040.

« Le Nord-Est a subi une transformation en raison de l’apport du gaz de schiste, ce qui a causé de faibles prix pour le gaz naturel et l’énergie de gros pour une période prolongée », a dit M. Mohl par voie de communiqué.

Le gouverneur du Vermont, Peter Shumlin, a dit que c’était un pas dans la bonne direction pour son État. « Aujourd’hui, grâce à nos investissements dans les sources d’énergie renouvelables telles que le solaire, le Vermont est engagé sur une voie différente en matière d’énergie », a dit le gouverneur.

2 commentaires
  • Henri Gazeau - Inscrit 30 décembre 2014 11 h 17

    La transition est donc possible

    Le gaz a clairement le vent en poupe. Certes, son prix de vente est faible, mais il ne reflète malheureusement pas le coût de son extraction pour l'environnement et pour les populations qui vivent non loin des puits. Et si sa combustion ne produit pas autant de déchets que celle des dérivés du pétrole, elle n'en est pas pour autant parfaitement propre. Le CO2 émis est invisible, mais pas ses effets.

    La dépêche est condensée et articulée de manière un peu tendancieuse : une lecture rapide laisse à penser que, alors que M. Mohl – l'homme d'affaires pragmatique – invoque le faible prix du gaz pour expliquer la fermeture de la centrale, M. Shumlin – le gouverneur probablement soucieux de son image – avancerait volontiers que la vraie raison, ce sont les investissements consentis pour les énergies renouvelables.

    Peu importe. Délaisser le nucléaire quand c'est possible est bel et bien une bonne chose.

    Faudra-t-il toutefois admettre que le gaz sera un incontournable dans la transition vers des technologies beaucoup moins polluantes, transition qu'impose l'atténuation des impacts de notre trop longue dépendance à des hydrocarbures de plus en plus sales? Assisterons-nous (si nous n'y contribuons pas activement) à un pacte provisoire entre société civile et gazières, pour mieux faire reculer les pétrolières? Un pacte imposant toutefois comme condition d'extraire le gaz de manière beaucoup plus respectueuse de l'environnement que par fracturation, hydraulique ou non?

    Supposons que les gazières proposent un jour des procédés réellement satisfaisants. Ne faudra-t-il pas alors être prêts à jouer le jeu, si la conversion graduelle aux énergies les moins polluantes est à ce prix?

    • Djosef Bouteu - Inscrit 30 décembre 2014 19 h 09

      Le Québec n'a aucun besoin réel de gas de schiste, parce qu'il nage dans des surplus d'électricité. Chaque projet d'exploitation de combustible fossile qui va de l'avant nous éloigne de l'objectif de ne plus polluer l'atmosphère.

      Le développement gasier aux ÉUA n'est pas fait dans une optique de transition, il se fait plutôt dans un contexte de croissance tout azimut de consommation d'hydrocarbures.

      Le gas de schiste pollue autant que le charbon une fois les émissions fugitives prises en compte. Jouer avec cette industrie fait de notre environnement et notre qualité de vie les grands perdants.