Le ministre David Heurtel adopte un béluga

C’est le GREMM, basé à Tadoussac, qui a lancé récemment la campagne «Adoptez un béluga», passage obligé pour financer le Projet Béluga Saint-Laurent. 
Photo: GREMM C’est le GREMM, basé à Tadoussac, qui a lancé récemment la campagne «Adoptez un béluga», passage obligé pour financer le Projet Béluga Saint-Laurent. 

Après avoir autorisé la pétrolière TransCanada à mener des travaux de forage dans une portion essentielle de leur habitat, le ministre de l’Environnement David Heurtel met la main à la poche pour soutenir la recherche sur les bélugas du Saint-Laurent.

Le bureau du ministre a annoncé jeudi en fin de journée que M. Heurtel adopte symboliquement un béluga dans le cadre de la campagne de financement du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

« Une somme de 5000 $, provenant du budget discrétionnaire du ministre, a ainsi été versée au GREMM afin de soutenir le programme de recherche visant à assurer la santé du fleuve Saint-Laurent et de ses habitants », a précisé le ministre par voie de communiqué.

« Par cette adoption, nous souhaitons soutenir l’avancement de la science entourant la protection de la biodiversité et des milieux naturels. Je suis heureux que nous contribuions à financer les activités scientifiques d’un organisme comme le GREMM qui, par ses actions, permet la conservation des mammifères marins dans le Saint-Laurent. Par le fait même, ce geste permettra à des jeunes de Saint-Michel, dont certains n’ont jamais vu de près l’estuaire du fleuve, de se familiariser avec la faune de cet écosystème », a déclaré le ministre Heurtel par voie de communiqué.

Le béluga adopté par le ministre, un mâle connu par l’organisme depuis 1991, n’a pas encore de nom. Le ministre souhaite solliciter la participation d’une école du comté de Viau, la circonscription qu’il représente à l’Assemblée nationale, pour organiser un concours afin de le nommer.

« Adoptez un béluga »

C’est le GREMM, basé à Tadoussac, qui a lancé récemment la campagne « Adoptez un béluga », passage obligé pour financer le Projet Béluga Saint-Laurent. Ce programme permet de faire de la photo-identification des animaux. Il finance aussi le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, qui fait le suivi des animaux retrouvés morts, en difficulté ou alors échoués.

Le programme sert en outre à faire des examens sur les carcasses, de façon à faire un suivi des causes de décès et des pathologies qui affectent la population. Enfin, les travaux de recherche doivent permettre de prendre en partie le relais du gouvernement fédéral, qui a mis fin en 2012 aux recherches en écotoxicologie sur le Saint-Laurent menées auparavant par Pêches et Océans Canada.

Déjà, les villes québécoises riveraines du Saint-Laurent ont décidé d’adopter un total de 10 bélugas. Les villes de Québec, Montréal, Lévis et Tadoussac ont adopté chacune un individu. Les citoyens peuvent également adopter un animal. Au total, 19 bélugas ont récemment été désignés comme étant adoptés.

Dans un contexte de déclin marqué de l’espèce — il ne resterait que 880 bélugas dans le Saint-Laurent, contre près de 10 000 au début du XXe siècle —, les travaux de recherche sont plus que jamais nécessaires, selon Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM.

À ce déclin s’ajoute la hausse marquée, depuis 2008, des mortalités chez les jeunes bélugas. De nouvelles menaces planent aussi sur l’espèce, dont le projet de construction d’un port pétrolier d’exportation à Cacouna. Ce secteur constitue en effet la pouponnière des bélugas, dont un habitat critique pour assurer sa survie. Le ministre Heurtel a été blâmé par la Cour supérieure pour sa gestion des autorisations de forages accordées à la pétrolière TransCanada dans le secteur de Cacouna.