Des centaines de manifestants dénoncent le projet de terminal à Cacouna

Selon les groupes environnementaux, TransCanada agit «en cowboy» et ne passe pas le test de crédibilité. Ils demandent au gouvernement de «faire cesser cette comédie d’erreur».<br />
Photo: Nicolas Gagnon/WIKIMEDIA/CC Selon les groupes environnementaux, TransCanada agit «en cowboy» et ne passe pas le test de crédibilité. Ils demandent au gouvernement de «faire cesser cette comédie d’erreur».

Cacouna — Des centaines de personnes, plus de 1000 selon les organisateurs, ont manifesté samedi après-midi pour dénoncer une fois de plus le projet d’implantation d’un terminal pétrolier à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent.

Ces opposants, simples citoyens et écologistes, exigent du gouvernement québécois qu’il révoque le certificat d’autorisation de travaux de forage exploratoires dans le fleuve, accordé à TransCanada Pipelines au large de Cacouna. Des députés du Parti québécois et Françoise David, de Québec solidaire, étaient parmi les manifestants qui venaient de plusieurs régions du Québec.

L’entreprise pourra reprendre ses travaux de forage exploratoire le jeudi 16 octobre, dès la fin de l’injonction prononcée par la Cour supérieure au début du mois à la demande de groupes environnementaux qui s’inquiétaient entre autres pour la population de bélugas. Mais vendredi, le ministère québécois de l’Environnement a exigé de TransCanada qu’elle modifie ses méthodes de travail, notamment en faisant moins de bruit pour ne pas nuire aux bélugas.

TransCanada se dit persuadée de pouvoir reprendre bientôt ses sondages géotechniques dans le fleuve.

Son porte-parole, Philippe Cannon, a indiqué que l’entreprise se conformera aux conditions concernant le niveau de bruit subaquatique et les voyages à faire entre le rivage et les barges.

« L’entreprise indépendante qui prend des mesures de son avec un hydrophone [petit micro utilisé dans l’eau] n’avait compté qu’une seule mesure avec un seuil dépassant de 6 décibels le niveau autorisé. On a ajusté le périmètre de sécurité autour des barges, a-t-il dit. Il n’y a pas de surprises, quand on a un certificat d’autorisation, il est normal de faire le point avec les autorités et de lui fournir des données en toute transparence. »

Une rencontre est prévue sous peu avec le ministère de l’Environnement, et l’entreprise prévoit pouvoir faire redémarrer les travaux de forages exploratoires. « On pense qu’il n’y aura pas de problèmes [à l’avenir]… On peut reprendre les opérations à partir du 16 octobre », a conclu M. Cannon.

« Acceptabilité sociale »

Il s’agissait de la deuxième manifestation en six mois pour dénoncer le projet.

L’un des coorganisateurs de la manifestation, Martin Poirier, cofondateur du groupe Non à une marée noire dans le Saint-Laurent, a écorché au passage le député de Rivière-du-Loup, Jean D’Amour, qui est aussi ministre délégué à l’Implantation de la stratégie maritime.

M. Poirier lui a rappelé des propos tenus au printemps voulant qu’il n’y ait pas de projet de port pétrolier sans acceptabilité sociale.

Pour sa part, intervenant devant la foule après une marche dans la petite municipalité, le maire de Saint-Siméon, Sylvain Tremblay, s’est livré à une charge à fond de train contre le projet. « C’est la nature qui nous fait vivre et non pas les financiers qui arrivent avec une épée noire pour nous transpercer. »

La municipalité de Saint-Siméon a voté une résolution pour condamner les travaux de TransCanada au quai de Cacouna et renforcer la protection des bélugas.

Nature Québec a pressé le premier ministre Philippe Couillard de tenir en considération l’avis des experts scientifiques qui étudient les bélugas du fleuve. Une pétition circule sur Internet afin que les gens écrivent directement à M. Couillard.

Interrogée par La Presse canadienne, la députée péquiste de Vachon et ex-ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a qualifié le projet de TransCanada d’absurde.

« Ce projet d’exportation de pétrole bitumineux, a soutenu la porte-parole du Parti québécois sur la stratégie maritime, passerait par le Québec. On prend des risques environnementaux. Et ça créerait un problème d’approvisionnement en gaz naturel. Ce n’est pas vrai que le fleuve va devenir l’autoroute d’exportation des sables bitumineux. Si c’est ça, la stratégie maritime du gouvernement libéral, on n’en veut pas. Et en plus c’est essentiellement de l’exportation et à peu près pas d’emplois », a déclaré celle qui est toujours en réflexion sur une éventuelle candidature dans la course à la direction du PQ.

« Faux ! », a rétorqué TransCanada qui s’étonne des propos qui circulent sur les retombées du mégaprojet (oléoduc et port). « Ceux qui s’[y] opposent, affirme Philippe Cannon, oublient de dire que ce projet ajoutera plus de 6 milliards de dollars au produit intérieur brut du Québec et créera plus de 3600 emplois directs à temps plein au cours des six premières années seulement. Et il y aura 200 emplois pour assurer la permanence des installations à la fin de la construction du projet. »

Des centaines de manifestants dénoncent le projet de terminal à Cacouna.

25 commentaires
  • André Leblanc - Inscrit 14 octobre 2014 03 h 07

    Le fleuve

    C'est pas juste pour importer des chinoiseries.
    Au Canada des sept populations de belugas, seulement celles de
    La Baie de Hudson et la baie de Ungava sont en danger.

    • Bernard Plante - Abonné 14 octobre 2014 08 h 37

      Nous voilà rassurés. Les bélugas ne sont pas en danger alors faisons tout pour qu'ils le deviennent! Bravo.

      Le fleuve, c'est pas juste pour importer des chinoiseries. Il faut bien y faire circuler le pétrole qui alimentera les chinois qui fabriquent lesdites chinoiseries pour nous les revendre. Et l'économie locale, ça vous dit quelque chose?

    • Mélanie Bouffard - Inscrit 14 octobre 2014 10 h 46

      SVP révisez vos dires, la population de béluga de l'estuaire du Saint-Laurent est à la partie 3 de l'Annexe 1 de la loi fédérale sur les espèces en péril sous le statut d'espèce menacée. Au Québec, cette population est désignée menacée en vertu de la Loi provinciale sur les espèces menacées ou vulnérables.

    • André Leblanc - Inscrit 15 octobre 2014 05 h 40

      Mme. Bouffard merci de la correction.
      Que suggerez vous?
      La chasse commerciale a diminué la population de façon dramatique. Bien que la chasse soit interdite depuis 1979, on n’a observé aucun rétablissement notable de la population.

      Un certain nombre de facteurs semblent contribuer à l’absence de rétablissement de l’espèce dans le Saint-Laurent. Parmi ceux-ci, la pollution, la diminution des ressources alimentaires, le dérangement par les humains et la dégradation de l’habitat sont considérés comme les menaces principales au rétablissement de la population. Les bélugas peuvent également être victimes de collisions avec les navires ou d’empêtrement dans les engins de pêche.

      Qui ou quoi doit disparaitre?

  • Mathieu Trudelle - Inscrit 14 octobre 2014 06 h 07

    Mensonge libéral

    Philippe Cannon, ancien attaché de presse de Line Beauchamp, dit qu'il n'y aura pas de problème pour la reprise des travaux...et David Heurtel dit que son cabinet n'était pas au courant du certificat d'autorisation délivré pour les forages. Mensonge, mensonge et mensonge. Le cabinet demande constamment à ses directeurs régionaux des états de situation sur les dossiers chauds et glissants. Heurtel devrait avoir le courage d'avouer qu'il était au courant du dossier, qu'il n'a vraiement rien à foutre de la protection de l'environnemnent et que son bon ami Philippe peut compter sur sa collaboration pour aider une entreprise qui est partenaire avec le parti Libéral du Québec. Si on voyait cette situation en Russie ou au Mexique, on de diratit que la corruption gangrène le milieu politique. Pour les libéraux, on se dit qu'il est urgent d'autoriser ce projet immonde, quitte à se faire critiquer dans 15 ans lors d'une commission d'enquête où tous les éco-profiteurs comme Cannon et Heurtel seront devenus des valets d'une autre entreprise sans vergogne...Honte à vous! Et dire que ce ministre a blâmé ses fonctionnaires dans ce dossier, j'espère que vous savez que vos employés ont, contrairement à vous, à coeur la protection de l'environnement. Tôt ou tard, votre stratagème sera découvert...

  • André Leblanc - Inscrit 14 octobre 2014 07 h 54

    A quand

    Une commission d'enquete sur les escrologistes?

    • Mélanie Bouffard - Inscrit 14 octobre 2014 13 h 03

      C'est un question d'escroquerie, tu fais quoi de l'opinion publique et des risquent que tout le Québec peut courir pour servir de porte de sortie (utilisé sans réel avantage, mais juste des risques) pour le pétrole issu des sables bitumineux dont l'exploitation ravage déjà une partie de pays. Si la Colombie-Britannique (qui était la potre de sortie la plus proche) a dit non, pourquoi n'auriont nous pas le droit de dire non ici aussi. L'économie devrait être un outil pour l'homme et pas un but en soi!!

  • Ginette Joannette - Inscrite 14 octobre 2014 08 h 14

    Merci

    Suite à votre article j'ai signé la pétition pour protéger les bélugas. Dommage qu'un lien n'existe pas dans cet article. Heureusement une recherche avec les mots pétition, bélugas et couillard m'a amené au site désiré.

  • Rodrigue Guimont - Inscrit 14 octobre 2014 08 h 29

    Le fleuve St-Laurent au patrimoine mondial de l'UNESCO?

    Attendez-vous à ce que si jamais il y a un déversement dans le Saint-Laurent le féréral et Trans Canada se hâteront de blâmer les pilotes québécois qui prendront la relève à l'embauchure du fleuve. Rappelons que tous les bateaux de 150 pieds et plus qui naviguent sur le Saint-Laurent doivent obligatoirement utiliser les services d’un pilote du Saint-Laurent. Le pilote monte à bord aux Escoumins, puis on change ensuite de pilote à Québec.

    Tout est sous contrôle fédéral, mais qu'importe! Comme dans le cas de la tragédie du Lac Mégantic, on s'empressera de blâmer le pilote comme on se pressa de condamner le conducteur du train de l'enfer en 2013. Le Saint-Laurent est reconnu comme un des fleuves les plus difficiles à naviguer au monde à cause des courants et des hauts fonds.

    Il serait possible de sauver le fleuve, ou du moins retarder considérablement ce projet hautement contesté, en proposant la majesté du fleuve St-Laurent au patrimoine mondial de l'UNESCO.

    • Yves Dubé - Inscrit 14 octobre 2014 10 h 48

      Malheureusement, M. Guimont, seul Ottawa peut proposer un site:

      Seuls les PAYS qui ont signé la Convention du patrimoine mondial et se sont par-là même engagés à protéger leur patrimoine naturel et culturel peuvent soumettre des propositions d’inscription de biens situés sur leur territoire sur la Liste du patrimoine mondial.

      La première chose que le pays doit faire est de dresser un inventaire des sites naturels et culturels les plus importants situés à l’intérieur de ses frontières. Cet inventaire est appelé "La Liste indicative" et constitue un état prévisionnel des biens que l’Etat partie peut décider de proposer pour inscription au cours des cinq à dix années à venir ; elle peut être mise à jour à tout moment. C’est une étape importante, car le Comité du patrimoine mondial ne peut étudier une proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial si le bien considéré ne figure pas déjà sur la Liste indicative de l'Etat partie.

      Voici la liste indicative du Canada, en date de 2004:

      Áísínai’pi (01/10/2004)
      Atikaki / Woodland Caribou / Premières nations visées par l'accord (Pimachiowin Aki) (01/10/2004)
      Gwaii Haanas (01/10/2004)
      vvavik / Vuntut / Herschel Island (Qikiqtaruk) (01/10/2004)
      Le Klondike (01/10/2004)
      Mistaken Point (01/10/2004)
      Quttinirpaaq (01/10/2004)

      http://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/state=c

    • Rodrigue Guimont - Inscrit 14 octobre 2014 11 h 47

      Cela suppose des pays demandeurs d'un patrimoine culturel une certaine conscience sociale.

      Qu'en est-il lorsque les pays n'ont que le rendement monétaire comme argument? Ces sites magifiques sont-ils voués dès lors à la destruction au profit du dieu argent?