Le quart de l’électricité mondiale pourrait provenir de l’énergie solaire

L’Agence internationale de l’énergie estime qu’il serait possible d’ici quelques années de produire plus du quart de l’électricité consommée dans le monde à partir de l’énergie solaire.

Deux rapports publiés lundi par l’organisation concluent qu’en combinant les technologies actuellement en développement, il serait possible de produire 27 % de l’électricité mondiale à partir de l’énergie solaire, et ce, d’ici 2050. Cela ferait du soleil une ressource plus importante que les énergies fossiles, mais aussi que le controversé nucléaire et l’hydroélectricité.

Face à la menace que représentent les bouleversements climatiques provoqués par le recours massif aux combustibles fossiles, la conversion de l’énergie provenant du soleil permettrait aussi de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre. Selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), six millions de tonnes de CO2 de moins seraient rejetées dans l’atmosphère chaque année à partir de 2050.

« La réduction rapide des coûts de ces technologies au cours des dernières années a ouvert de nouvelles perspectives en vue d’utiliser l’énergie solaire comme une source importante d’électricité dans les années à venir », a déclaré par voie de communiqué la directrice exécutive de l’AIE, Maria van der Hoeven.

Mais pour que cette technologie de production d’énergie renouvelable joue un rôle plus important dans le bilan énergétique mondial, il est impératif de mettre en place des politiques publiques favorisant le développement du secteur. Pour le moment, a souligné Maria van der Hoeven, les signaux sont trop incohérents pour ouvrir la voie au développement massif de l’énergie solaire. L’AIE presse donc les gouvernements de mettre en place un cadre plus propice aux investissements importants que ce développement technologique suppose.

Virage majeur

Dans un rapport publié plus tôt cette année, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) appelait lui aussi à une bonification substantielle du recours aux énergies à faibles émissions. Leur part dans la production d’électricité devrait passer de 30 % aujourd’hui à 80 % en 2050.

Selon le GIEC, cela comprend les énergies renouvelables et le nucléaire, mais aussi un recours à la biomasse — composée de matières organiques végétales — qui serait jumelé à la capture et au stockage du carbone. Cette dernière technique existe uniquement à un stade expérimental et suscite un scepticisme certain au sein de la communauté scientifique.

Le GIEC estime aussi qu’il est nécessaire de détourner une large part des investissements actuellement consentis dans les énergies fossiles vers celles dites à faibles émissions. Il est vrai que ce secteur constitue une source majeure de GES. À titre d’exemple, la production pétrolière et gazière au Canada est responsable de 70 % de la hausse des gaz à effet de serre enregistrée entre 1999 et 2012.

Parmi les autres avenues à envisager, on mentionne le développement des marchés du carbone, la réduction des subventions aux énergies fossiles et la reforestation. En matière de transports, le rapport souligne que la demande d’énergie pourrait être réduite de 40 % en 2050, notamment grâce à des mesures comme la réduction de la consommation des véhicules, une densification de l’occupation du territoire et le recours accru aux transports collectifs.