Obama lance un appel aux pays émergents

Le président américain, Barack Obama, s’est adressé mardi aux chefs d’État et de gouvernement participant au sommet de l’ONU sur le climat, à New York.
Photo: Don Emmert Agence France-Presse Le président américain, Barack Obama, s’est adressé mardi aux chefs d’État et de gouvernement participant au sommet de l’ONU sur le climat, à New York.

Le sommet de l’ONU sur le climat de New York a donné lieu mardi à la valse habituelle des discours appelant à l’adoption d’un accord ambitieux de lutte contre les changements climatiques. Le président américain, Barack Obama, a d’ailleurs insisté sur l’importance d’impliquer davantage les économies émergentes, abordant ainsi l’épineux dossier de la responsabilité des pays développés et en développement dans le futur accord.

« Le climat change plus rapidement que nos efforts pour y répondre. Nos citoyens manifestent. Nous ne pouvons faire semblant de ne pas les entendre. Nous devons répondre à l’appel », a lancé M. Obama en s’adressant à quelque 120 chefs d’État et de gouvernement.

Chef du deuxième émetteur de gaz à effet de serre de la planète, il a souligné la « responsabilité particulière » des États-Unis, mais aussi de la Chine, dans le cadre des négociations en cours.

Le président a surtout insisté sur le fait que « tous les pays doivent s’impliquer », tout en reconnaissant que l’accord devra être « flexible, car différents pays font face à des réalités différentes ». Mais pour lui, le message est clair : « Les économies émergentes émettront de plus en plus de carbone au cours des années à venir. Donc, personne ne peut demeurer en marge de cet enjeu. »

Il s’agissait d’une allusion à peine voilée à la Chine et à l’Inde. Il faut dire que ces deux pays — qui n’ont pas dépêché leur chef d’État respectif à New York — ont engagé un bras de fer musclé avec l’Union européenne et les États-Unis. Les deux grands pays émergents souhaitent être considérés comme des « pays en développement » et, à ce titre, ne pas devoir en faire autant que les pays industrialisés contre le réchauffement. Ils font d’ailleurs valoir que les pays riches ont une « responsabilité historique » par rapport aux bouleversements climatiques. Cette position est rejetée par les États-Unis, mais aussi par le Canada.

Dans un geste d’ouverture, à un an du sommet de Paris, Barack Obama a tout de même réitéré que son pays tiendrait ses engagements pour 2020 : réduction des émissions de gaz à effet de serre de 17 % par rapport à leur niveau de 2005. Les États-Unis annonceront en outre au premier trimestre 2015 leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre au-delà de 2020, qui seront au coeur de l’accord de Paris.

L’Union européenne a aussi profité du sommet de New York pour annoncer une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030, par rapport à 1990. Au cours de la même période, les émissions du Canada doivent au contraire augmenter, en raison des compagnies pétrolières qui exploitent les sables bitumineux albertains.

Leadership et Fonds vert

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pour sa part insisté de nouveau sur l’urgence de faire progresser les engagements des différents États.

« Je demande à tous les gouvernements de s’engager à conclure un accord universel et significatif sur le climat à Paris en décembre 2015 et de faire tout ce qu’ils peuvent pour limiter la hausse de la température mondiale à moins de 2 °C », l’objectif fixé à Copenhague en 2009, a souligné Ban Ki-moon.

À l’heure actuelle, la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre place plutôt la planète sur une trajectoire de hausse avoisinant les 4 °C, selon la Banque mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).

Or, un tel bond « aurait des conséquences désastreuses en matière d’événements climatiques extrêmes et d’élévation du niveau de la mer, et entraînerait d’énormes coûts économiques et sociaux », selon un rapport produit par l’AIE. Plus spécifiquement, le GIEC estime que les bouleversements climatiques posent une sérieuse menace pour l’approvisionnement alimentaire mondial. Les pêcheries mondiales risquent aussi d’encaisser des reculs significatifs.

Ban Ki-moon a par ailleurs plaidé pour la capitalisation du Fonds vert pour le climat, un mécanisme décidé à Copenhague mais toujours pratiquement à sec. La France a notamment annoncé qu’elle contribuerait à hauteur d’un milliard de dollars à ce Fonds vert. Seule l’Allemagne avait, jusqu’à présent, mis la main au portefeuille de manière significative, posant elle aussi sur la table un milliard de dollars.

L’ONU a aussi promis la création d’un fonds de 200 milliards pour la lutte contre les changements climatiques, la décarbonisation de portefeuilles d’investissement et le financement de l’adaptation aux changements climatiques.

9 commentaires
  • Jacques Beaudry - Inscrit 24 septembre 2014 09 h 14

    Une diarrhée d'intentions

    Comme d'habitude Oblabla fait des discours. Il oublie de nous dire que les américains ne signent jamais les accords internationnaux dans lesquels ils disent s'engager car ils refusent d'être arbitrer par un organisme internationnal s'ils y font défaut.

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 septembre 2014 12 h 15

      Les États-unis ont signé l'Accord de Kyoto, mais ne l'ont pas ratifié.
      En visite à l'ONU, Jean-René Dufort a même montré à la caméra la vraie signature sur le vrai accord, sorti d'un coffre pour l'occasion.

  • Sylvain Auclair - Abonné 24 septembre 2014 12 h 23

    Un États-Unien vaut-il mieux qu'un Chinois?

    Les États-Unis émettent 16,4 tonnes d'équivalent CO₂ per capita par année; le Canada, 16,0; la Chine, 7,1; l'Inde, 1,6. Les gagnants? L'Australie, avec 18,8 tonnes per capita (ça doit être à cause de son climat froid, j'imagine...)

    Obama pourra faire la leçon à l'Inde quand son pays s'approchera du taux d'émissions per capita de son rival économique.

  • Serge Lemay - Inscrit 24 septembre 2014 12 h 32

    les pauvres et les riches

    Les émergents n'émergez surtout pas, aidez plutôt les émergés à continuer de vous enfoncer !

  • Murray Henley - Inscrit 24 septembre 2014 18 h 10

    M. Obama est bien seul

    De plus en plus de dirigeants nationaux prennent conscience que, malgré les modèles informatiques du GIEC, le réchauffement climatique résultant de l'activité humaine est essentiellement négligeable. C'est pour cela que de grosses pointures sont absents de cet autre sommet.

    La question des changements climatiques est devenue un embêtement pour de nombreux chefs d'État. Ils réalisent qu'ils n'auraient jamais dûs se laisser entraîner dans cette galère.

    Soit que M. Obama veuille plaire à sa base la plus à gauche et la plus écolo, ou soit qu'il soit simplement naïf.

    Le Protocole de Kyoto s'est terminé dans l'indifférence générale. Il n'y aura pas d'autre nouvelle entente internationale contraignante en matière de climat. Tout au plus, certains pays prendront des engagements dont le non-respect sera sans conséquences.

  • Richard Larouche - Inscrit 25 septembre 2014 13 h 37

    Grand parleur

    Jusqu'à maintenant l'histoire démontre que M. Obama est un grand parleur petit faiseur en ce qui a trait notamment à l'environnement, tout comme son prédécesseur à la Maison Blanche. Rappelons-nous qu'une de ses propositions phares aux élections de 2008 était de mettre en place un réseau de TGV désservant les grandes villes américaines (projet qui aurait également pu relier la frontière Québécoise dans la mesure où on aurait fait le reste du trajet jusqu'à Montréal). C'est sous sa présidence que l'exploitation du gaz de schiste a proliféré. Il semble que les bottines du va-t-en guerre prix Nobel de la paix ne suivent pas ses babines.