Plaidoyer en faveur d'un oléoduc

Les forages permettant de déterminer l’emplacement du futur port pétrolier à Cacouna doivent débuter jeudi matin.
Photo: Lawrence Côté-Collins Les forages permettant de déterminer l’emplacement du futur port pétrolier à Cacouna doivent débuter jeudi matin.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Pierre Arcand a livré mercredi un véritable plaidoyer en faveur des «avantages économiques» du projet de pipeline Énergie Est de TransCanada. Selon lui, le plus gros projet de transport et d’exportation de pétrole des sables bitumineux de l’histoire peut être «extrêmement positif» pour le Québec.

« Il y a des avantages économiques. Ça crée des emplois, c’est un pipeline neuf, c’est la construction d’un nouveau pipeline sur l’ensemble du Québec, a lancé Pierre Arcand en marge du Conseil des ministres. Pour les régions, particulièrement autour de Rivière-du-Loup, il y a certainement des avantages. D’ailleurs, les chambres de commerce de cette région [y sont favorables]. »

Combien d’emplois découleraient du passage, chaque jour, de 1,1 million de barils de brut en territoire québécois ? Le ministre n’a pas été en mesure d’offrir de précisions à ce sujet. « La compagnie nous parle de retombées de plusieurs milliards de dollars, a-t-il toutefois affirmé. Ce sont les chiffres que nous sommes en train d’étudier. » Mais selon lui, il s’agit « de centaines et de centaines d’emplois ».

Une fois terminée la construction du pipeline et du port pétrolier de Cacouna, soit au plus tard en 2018, l’évaluation la plus courante fait état de 200 emplois directs. Ce chiffre comprend tous les éléments du projet de TransCanada qui seraient implantés en sol québécois. En contrepartie, plusieurs élus régionaux redoutent les impacts de tout déversement pétrolier sur l’indispensable industrie touristique de chaque côté du Saint-Laurent.

Confiant, Pierre Arcand a promis que le gouvernement obtiendra « le maximum de retombées économiques » de ce projet, qui fera du Québec la principale plaque tournante de l’industrie pétrolière albertaine. « Nous allons nous assurer que pour l’avenir, ce soit un dossier qui soit extrêmement positif pour l’économie du Québec et pour l’environnement du Québec. » Le ministre a souligné que des « discussions » ont déjà eu lieu à ce sujet avec la pétrolière albertaine, soit avant même le début de l’évaluation environnementale qui devrait être tenue au Québec.

M. Arcand a d’ailleurs abordé brièvement la question environnementale, au coeur de la controverse entourant le projet de TransCanada. « Il y a certains enjeux environnementaux, pas tellement sur la sécurité du pipeline, parce que c’est un pipeline neuf, mais sur les endroits où il doit passer. Je pense qu’il y a des enjeux de ce côté-là. »

Même si la pétrolière a déjà dit que la décision d’autoriser la construction de son pipeline revenait à Ottawa, Pierre Arcand estime que la voix du Québec sera entendue par l’Office national de l’énergie (ONE). « C’est un projet qui est transcanadien, donc qui passe [par une évaluation] du gouvernement fédéral. Mais nous avons l’intention d’intervenir devant l’Office national de l’énergie. Et quand le Québec fait entendre sa voix, en général, ça influence les décisions de l’Office. »

TransCanada invite

Le plaidoyer optimiste du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles est intervenu au lendemain d’un souper organisé et payé par TransCanada, lundi soir à Montréal. La multinationale a profité de l’occasion pour présenter son projet Énergie Est.

Selon des informations obtenues par l’agence QMI, des joueurs importants du milieu économique québécois étaient présents, dont le président de la Caisse de dépôt et placement, Michael Sabia, et la présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux. Le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, a aussi pris part à l’événement, de même que le maire de Montréal, Denis Coderre, et l’ex-premier ministre Jean Charest.

Pierre Arcand y était également. Son bureau a d'ailleurs indiqué au Devoir que «le ministre a accepté d'être présent à cet événement parce qu'il est de son mandat de rencontrer les intervenants du domaine de l'énergie et des ressources naturelles, et ce, afin de représenter les intérêts des Québécois». Il a aussi «prononcé une allocution».

Le porte-parole péquiste en matière d’énergie, Bernard Drainville, a lui aussi assisté à la présentation de la pétrolière albertaine. Mais mercredi, en conférence de presse, le Parti québécois a exigé l’arrêt pur et simple des travaux de forage autorisés par les libéraux à Cacouna.

Selon les péquistes, le gouvernement Couillard doit dès maintenant mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour qu’il étudie l’ensemble du projet. Le ministre de l’Environnement David Heurtel s’est déjà engagé à déclencher une telle procédure, mais sans donner de détails sur le mandat du BAPE ou sur le moment où l’étude serait entamée. Le processus d’évaluation du fédéral a déjà été amorcé à l’Office national de l’énergie.

« Le projet n’est pas payant pour les Québécois, a en outre insisté M. Drainville. On ne veut pas que notre territoire devienne une simple autoroute pour sortir le pétrole des sables bitumineux. Quel est l’intérêt des Québécois làdedans ? On voit surtout les risques environnementaux et de sécurité associés au projet d’oléoduc, en échange de bénéfices économiques qui sont loin d’être convaincants. »

Pendant ce temps, Le Devoir a appris que la barge qui servira à mener les forages à Cacouna a été mise en place mercredi. Les travaux pourraient donc débuter dès jeudi. Ils seront menés en plein coeur de l’unique pouponnière des bélugas, une espèce emblématique du Saint-Laurent et aujourd’hui en voie de disparition.

La région de Cacouna compte aussi une douzaine de zones naturelles protégées servant d’habitats à des espèces menacées. Elle se trouve au coeur d’un projet de zone de protection marine élaboré par le gouvernement pour préserver la riche biodiversité de la région.

C’est là que TransCanada veut construire un quai où viendront s’amarrer des pétroliers de plus de 250 mètres. Ces navires transporteront de deux à cinq fois plus de pétrole que la quantité déversée par l’Exxon Valdez en Alaska en 1989. Transporté par pipeline en sol québécois, ce brut tiré des sables bitumineux traversera le fleuve Saint-Laurent à quelques kilomètres en amont de Québec.

94 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 11 septembre 2014 00 h 56

    Qu'ils les gardent, leur sables bitumineux!

    Leur cochonnerie on en veut pas. Quel beau fédéralisme de ''coopération'' ils prévoyaient le passer sans notre accord, même si c'est le PLQ qui est au pouvoir, wow quel bel esprit de coopération au canada!

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 11 septembre 2014 09 h 56

      Attitude négative...

      Le Québec doit sortir de la période du "non" indiscutable qui caractérise l'enfant autour de quatre ans. Dans la vraie vie d'une société "adulte", il importe de ne pas s'étioler économiquement. La vraie question que nous devons nous poser : avons-nous mis démocratiquement en place des leaders politiques capables de signerdes accords "gagnant-gagnant", à long terme ? Puis, de refaire l'exercice dans quatre ans...

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 11 septembre 2014 12 h 07

      M. Tremblay, surtout, le Québec doit cesser de se faire rouler dans la farine pour un petit pain. Le non à un projet déraisonnable et dangereux dont nous devrions supporter tous les risques en échange de miettes, c'est plutôt le non de l'adulte responsable qui ne se laisse plus influencer comme l'adolescent encore malléable.

      C'est le non clairvoyant de celui qui considère que le territoire qui l'a vu grandir est plus précieux que le bling bling qu'on lui présente pour l'influencer. Le non sage de celui qui ne pense pas à la gratification immédiate mais à son avenir.

      C'est la sagesse et la maturité de voir que le pétrole est, technologiquement, une industrie du XIXe siècle qui n'a survécu qu'à l'aide de subventions et de privilèges massifs, et en empêchant le développement de technologies de remplacement plus intelligentes. Et que ses heures sont comptées, qu'il serait donc fou de sacrifier l'eau et la terre qui nous nourrissent pour cela.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 11 septembre 2014 14 h 25

      M. Leblond, l'idée que les québécois sont dorénavant incapables de faire en sorte que l'on installe sécuritairement un tuyau quelconque, mais profitable, pour le temps que ça durera... me rend extrèmement triste pour l'avenir de mes petits- enfants. Par contre, comme vous, j'ai hâte que tout fonctionne à l'hydro-électricité.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 11 septembre 2014 15 h 33

      Je vous recommande de visiter le site d'Énergie-EST de TCPL et lire les documents disponible pour constater que sauf pour le construction il y a peu d'emplois réguliers et peu de droits de passage seront versés ;
      le Québec prend un maximum de risque sur plus de 800 Km et peu de retombées économiques pendant les 40 ans de transport bitumineux prévus.
      176 millions de litres par JOUR s'il y a un bris c'est 7,33 millions de litres par heure
      soit ce que contenait le convoi entier de lac Mégantic...
      Suncor, TCPL et Irving vont faire plus de 25 M$ de profit par JOUR sans payer sa juste part !

      On ne doit par TOLÉRER de laisser passer ce sale bitumineux destiné à l'exportation vers l'étranger ce pétrole étant inutile pour combler les besoins du Québec ... on ne sert que de territoire de passage bon marché sous autorité fédérale de l'ONE ( office national de l'Énergie de Calgary )

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 11 septembre 2014 17 h 54

      « l'idée que les québécois sont dorénavant incapables de faire en sorte que l'on installe sécuritairement un tuyau quelconque...» - Marc G. Tremblay

      Ce ne sont pas spécifiquement les Québécois, M. Tremblay. Les fuites de pipelines il y en a partout dans le monde. Ete les travaux pour la réalisation du port de Cacouna pourraient être le clou dans le cercueil des belugas. Encore une fois, les dangers de ce projet n'ont rien à voir avec les compétences des Québécois.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 11 septembre 2014 01 h 28

    Tragédie grotesque

    Au moment où l'humanité se voit précipiter dans l'engrenage des profits au détriment de l'écologie, nous, Québécois, allons payer le gros prix. D'abord parce ce que ce projet de pipeline ne rapporte rien aux Québécois, sauf tous les inconvénients qui en découleront. Et aussi parce que nos dirigants actuels sont inféodés à l'industrie pétrolière. L'attitude de Couillard est spécialement inquiétante. Si l'intelligence qu'on lui accorde lui permet d'affirmer que le Québec veut intégrer la confédération et qu'il endosse les politiques énergétiques canadiennes au détriment des québécoises, il est indigne de représenter les Québécois. Et il a un problème médical.

    " il y a certainement des avantages" prétend le ministre Arcand. Si lui-même ne peut les identifier, qu'il démissionne.

    Ça suffit le farçage de la dinde.

    Lac Mégantic est un exemple miniature de ce qui s'en vient. Bien sûr, dans sa publicité, l'industrie assure qu'il fera une exploitation saine et écologique, mais la réalité nous oblige à prévoir d'aussi pénibles lendemains sinon de plus terribles lendemains que ceux du Golfe du Mexique ou de l'Exxon Valdez.

    Finalement pourquoi cette frénésie pétrolière ? La production mondiale est en hausse et son prix à la baisse.

    Le gouvernement actuel n'aura de cesse que lorsqu'il aura transformé le Saint-Laurent à l'image des exploitations des sables bitumineux. Le mal hollandais aura fait ses ravages et le climat détruira tout.

    C'est beau le Canada.

    • André Leblanc - Inscrit 11 septembre 2014 08 h 27

      Un accident ferroviere et un oléoduc.
      Si une personne cause un accient en état débriété a St-Mouc Mouc devons nous fermer la SAQ?

    • Serge Lemay - Inscrit 11 septembre 2014 10 h 14

      Monsieur André Leblanc, au moment où tous les scientifiques sonnent l'alerte ultime du réchauffement climatique, au moment où les scientifiques sonnent l'alarme concernant la production de gas à effet de serre, il est de la toute première importance de se poser les bonnes questions. Doit-on exploiter le pétrole Albertain pour l'exporter aux Indes en passant par Cacouna ? Car les 1,1 millions de barils ou les 190 millions de litres par jour iront en Inde et non dans le réservoir des voitures des Québécois qui eux continueront de s'alimenter en pétrole Algérien. De plus, le Québec contrairement à ce que le Ministre prétend, touchera entre un huit-millième et un quatre-millième de cent par litre qui passera sur son territoire et ce pour l'ensemble des municipalités !!! Alors, dans ces conditions, le Québec a le devoir de se dresser contre ce projet afin de faire un premier pas pour nous libérer de l'utilisation des énergies fossiles ...

    • Luc Falardeau - Abonné 11 septembre 2014 11 h 40

      Il y a une nette disproportion entre les 200 emplois directs qui représentent environ $20 millions en retombées annuelles et le 1.1 millions de barils de pétrole brut par jour (environ $40 milliards par an). Cela représente 0.05%... Wow... aussi bien dire que l'on réserve des peanuts (ou plutôt des écales de peanuts) pour le Québec.

    • Marc Brullemans - Abonné 11 septembre 2014 12 h 33

      Le ministre Arcand parle en effet de créer des emplois sans trop en spécifier le nombre. Comme le passé est souvent garant du futur, mentionnons que TransCanada, selon son rapport annuel de 2012, a 24 employés au Québec. Pourtant cette compagnie possède et gère depuis 40 ans le gazoduc TransQuébec-Maritimes, comportant 54 stations de compression et est plus long encore que l'oléoduc projeté. Comment alors prévoir plus de salariés avec un oléoduc neuf?!!

    • J-Paul Thivierge - Abonné 11 septembre 2014 15 h 39

      Ce projet existe que pour plaire à l'Alberta
      et à la politique énergétique et économique du PCC régressiste de Harper.

      Ce projet n'a aucune utilité pour satisfaire les besoins de l'Ontario, ni du Québec, ni des Maritimes !

      Comme il est bien passible que les 2 autres projets ne sefassent pas et que ici au Québec on est trop mou trop tolérant on devient la brèche que l'ouest veut ouvrir à leur avantage.

    • André Leblanc - Inscrit 11 septembre 2014 19 h 37

      Je ne dis pas que je suis pour, je trouve la comparaison boiteuse. Tres peu d'emplois (peut etre tres interressant pour la petrochimie a Montréal) et de $$$$ pour le risque.

      Le GIEC a un tres serieux probleme d'Image et de crédibilité.

      Ce qui serait bien. Des autos hybrides gaz naturel de chez nous, avec batteries lithium de chez nous, et recharger avec de l'électricié de chez nous. Voila, Gagnant, gagnant, gagnant.

  • Yves Côté - Abonné 11 septembre 2014 02 h 32

    No pasaran !

    No pasaran !

    • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 11 septembre 2014 08 h 35

      La décision d’autoriser la construction de ce pipeline revient à Ottawa. dixit la compagnie.

      Cet argument de la juridiction a été écarté par la PM de la Colombie Britannique dans le cas du pipeline Northern Gate : peu importe ce que dit la Constitution, si on n'accepte pas les 5 conditions posées par la province pour accepter le passage du pipeline, no paseran. Period (dans le texte). Et si on lui impose cette décision, la PM menace de couper l'électricté aux compagnies liées au projet !

      C'est cette carrure qu'il nous fait défaut pour défendre les intérêts supérieurs de l'État du Québec dans ce dossier majeur (et bien d'autres). Des libéraux on attends rien d'autre que la bradage du territoire. Mais du Parti Québécois, on serait en droit de le voir prendre la posture qui convient. Ce projet n'a aucun intérêt pour le Québec, le risque ne vaut pas les quelques jobs de chauffeurs de trucks et de soudeurs...

      Si le PQ est incapable de défendre les intérêts du Québec maintenant dans ce dossier majeur parceque de juridiction fédéral, comment imaginer qu'il puisse être crédible pour la suite des choses.

    • Philippe Jean - Inscrit 12 septembre 2014 00 h 37

      Sans vouloir vous décevoir, M. Pomerleau, Northern Gateway représente un projet d'oléoduc parmi tant d'autres en C-B. L'opposition de la PM Christy Clarke à Northern Gateway est toute symbolique, il s'agit du pipeline plus contesté et du plus absurde (faire passer des pétroliers géants dans des eaux considérées parmi les plus dangereuses au monde), auquel tout le monde s'oppose ou presque. Mme Clarke est une ardente défenseresse du gaz de schiste et des autres projets d'oléoduc. Son opposition vise à ne pas perdre trop du peu de capital politique qu'il lui reste (elle n'a pas gagné son siège à la dernière élection...). Elle ne dit rien quand à Trans Mountain qui longe le Fraser (l'équivalent du St-Laurent en C-B) et passe au coeur de Vancouver. Ni sur Kinder Morgan...

      La décision d'autoriser le pipeline revient aux habitantEs du territoire, et pas au gouvernments d'Ottawa ou de Québec. Si les gens, Première Nations et QuébécoisEs s'organisent et s'opposent en masse, le pipeline ne passera pas. C'est la seule façon.

  • Marcel Bernier - Inscrit 11 septembre 2014 04 h 36

    Cacouna, c’est un non catégorique!

    L’adage «qui ne dit mots consent» s’applique très bien à ce projet. Dans ce cas bien précis, nous rejetons catégoriquement l’implantation d’un port pétrolier à Cacouna. Et toutes les raisons à notre refus sont bien documentées.
    Ces libéraux ont tacitement encouragé la mise sur pied d’un cartel criminalisé dans le domaine de la construction, sur le modèle des cartels colombiens à la Escobar, pour se maintenir au pouvoir et pouvoir garnir leur caisse électorale. À ce moment-ci de leur évolution, ils se tournent vers l’industrie de la pollution pour affermir leur pouvoir et s’attendent à des retours d’ascenseur sous diverses formes. C’est navrant de voir ces gens se servir de leur intelligence pour berner le peuple. Mais comme toujours, un autre adage se concrétisera un jour ou l’autre : «le mépris n’aura qu’un temps».

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 11 septembre 2014 04 h 37

    Laideur et argent

    Les financiers vont s'en mettre plein les poches.
    La laideur et la saleté va s'étendre de l'alberta jusqu'à Cacouna.
    Si tout le nettoyage se fait aux frais des financiers et le démantèlement aussi à leur frais lorsque le prix du baril sera en deça des prix d'exploitation peut-être mais ils diront vous avez eu des jobs que la populasse paie pour décrasser.
    Voyez la saleté et la puanteur dans le golfe du Mexique. Bientôt ce sera au Québec.