Stephen Harper n'ira pas au sommet de New York sur le climat

Le premier ministre Stephen Harper a décidé de ne pas participer au sommet international sur les changements climatiques qui réunira plus d’une centaine de chefs d’État à New York dans deux semaines.

 

Le bureau des communications du chef conservateur a toutefois fait savoir mercredi qu’il participera à un souper avec le secrétaire général Nations Unies, Ban Ki-moon, « pour discuter de questions climatiques ».

 

C’est la ministre de l’Environnement Leona Aglukkaq qui représentera officiellement le Canada, même si le premier ministre sera à New York au cours de la semaine. M. Harper doit en effet prendre part à une rencontre intitulée « Chaque femme, chaque enfant », un projet des Nations unies consacré à la santé maternelle.

 

Le Canada adopte donc la même position que la Chine et l’Inde, qui n’enverront pas leurs plus hauts dirigeants à ce sommet convoqué sous l’égide des Nations unies et accueilli par le président américain Barack Obama.

 

Rencontre importante

 

Cette rencontre qui s’ouvrira le 23 septembre est pourtant importante, puisqu’elle doit permettre de faire progresser les discussions en vue des négociations intensives prévues en 2015. C’est en effet l’an prochain que doit être signé à Paris le nouvel accord international sur le climat.

 

Ces absences remarquées de dirigeants de puissances économiques donnent un avant-goût de l’âpreté des négociations climatiques à venir afin de déboucher sur l’accord le plus ambitieux de l’histoire, qui inclurait quelque 190 États.

 

Conscient du fossé immense qu’il reste à combler en à peine quelques mois, Ban Ki-moon a d’ailleurs senti le besoin de rappeler la semaine dernière l’urgence d’agir contre les bouleversements climatiques. « Le réchauffement climatique n’est pas un danger lointain, mais un problème auquel il est nécessaire de s’atteler dès à présent, a-t-il écrit dans un texte publié par le Huffington Post. Au lieu de nous demander si nous avons les moyens d’agir, tentons de cerner les raisons de notre attentisme actuel. »

 

Le Canada échoue

 

À moins de consentir des efforts supplémentaires majeurs, le Canada ratera toutefois complètement les cibles de réduction de gaz à effet serre pourtant revues à la baisse par les conservateurs. Les émissions devraient plutôt grimper, alimentées par les pétrolières qui exploitent les sables bitumineux albertains.

 

Officiellement, le fédéral s’est engagé à réduire ses émissions de GES de 17 % par rapport aux niveaux de 2005, et ce, d’ici 2020. Mais les chiffres publiés par le gouvernement dans sa plus récente communication nationale sur les changements climatiques démontrent très clairement que la cible ne sera pas atteinte.

 

En 2020, les émissions canadiennes devraient totaliser 734 millions de tonnes de GES. Pour respecter ses engagements, Ottawa devrait les ramener à 612 millions de tonnes avant la fin de la décennie. Or, au lieu de diminuer, les émissions repartiront à la hausse au cours des prochaines années. L’industrie pétrolière sera en bonne partie responsable du phénomène. Uniquement pour les sables bitumineux, les émissions devraient passer de 20 à 75 millions de tonnes.

 

Pour le moment, les signaux scientifiques indiquent que la planète se dirige vers une hausse de 4 °C, ce qui serait catastrophique pour la vie sur Terre. Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a lui-même prévenu qu’il est « minuit moins cinq » pour tenter de trouver une issue viable.