Cris et médecins lancent un «non» définitif

La réserve de Mistissini, à 60 km de Chibougamau. 
Photo: Martin Chiasson La Presse Canadienne La réserve de Mistissini, à 60 km de Chibougamau. 

Alors que le BAPE entame ces jours-ci la deuxième phase de ses travaux portant sur les enjeux de l’exploitation de l’uranium, une coalition de représentants cris, de médecins et de groupes citoyens lance un non catégorique au développement de cette filière controversé au Québec.

« Nous sommes ouverts au développement responsable des ressources dans le respect de nos droits et de nos communautés, mais nous sommes totalement opposés à l’extraction de l’uranium à cause des risques inhérents à cette industrie », a résumé lundi Richard Shecapio, chef du Conseil de la nation crie de Mistissini.

« Nous souhaitons vivement que Québec arrive à la même conclusion après sa propre analyse », a-t-il ajouté. La communauté de Mistissini, située sur le territoire du Plan Nord, s’oppose notamment au projet d’exploration uranifère le plus avancé au Québec, le projet Matoush, de Strateco. Il se situe en plein territoire Cri.

Selon les données du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, il existe en outre près d’une trentaine de projets d’exploration uranifère au Québec, dont 12 en phase « avancée ». Plusieurs sont situés au nord du 50e parallèle, mais on en retrouve également le long de la Côte-Nord ainsi que dans les Hautes-Laurentides.

Raison de plus pour fermer dès maintenant la porte à la filière, selon l’alliance de groupes qui lançait lundi la campagne « Québec et Plan Nord sans uranium ». La Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse ont déjà pris cette voie.

« Les profits découlant de l’exploitation minière de l’uranium sont de courte durée, mais les tonnes de déchets miniers laissés derrière demeurent toxiques et radioactifs pendant des milliers d’années », a d’ailleurs expliqué le Dr Éric Notebaert, porte-parole de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement.

En plus du problème des déchets, l’Institut national de santé publique du Québec estime qu’il existe énormément d’incertitudes sur les impacts sur la santé humaine imputables à l’exploitation d’une mine d’uranium. Une bonne part de ce flou tient au fait qu’il existe très peu de données permettant d’évaluer correctement les effets potentiels des éléments radioactifs.

« La présence d’une mine d’uranium peut engendrer une exposition supplémentaire pour la population », souligne néanmoins l’étude de la santé publique publiée plus tôt cette année. Des effets psychologiques sont en outre à redouter. « Spécifiquement en lien avec les mines uranifères, de l’anxiété est ressentie par plusieurs types de personnes, et ce, en lien avec la radioactivité et ses effets (réels ou appréhendés) », précise l’étude.

9 commentaires
  • Guy Vanier - Inscrit 9 septembre 2014 07 h 20

    Supportons ces gens.

    Nous devons supporter ces gens qui tentent de nous protéger de la stupidité de cette exploitation.

    <<<La Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse ont déjà pris cette voie>>>

    D'autre communautés ont eu le courage de le faire, faisons de même pour nous, nos enfants et petits enfants.

    La vautours pourrons toujours faire des sous autrement.

  • Claudette Piché - Inscrite 9 septembre 2014 07 h 53

    Il ne faudrait pas tasser une problématique environnementale pour une autre , les deux sont aussi importantes

    L'uranium n'est pas perceptible à l'œil nu c'est très bien de réagir car ses dommages auront des répercussions assez vite sur l'être humain et là où le bât blesse c’est le coté argent!
    Ce même coté n’est pas vu du même œil pour la maladie de lyme car cette maladie transmise entre autre par les tiques dont la prolifération est accélérée par le réchauffement climatique est aussi tributaire d’argent.
    Au Québec, le Collège des médecins a privilégié un protocole parasité de conflits d’intérêts et dénoncé publiquement. Ce protocole IDSA ne reconnait pas la chronicité de cette maladie donc les compagnies d’assurances n’auraient pas à soutenir les malades à long terme, les compagnies pharmaceutiques se frottent les mains car si la maladie est mal diagnostiquée alors les pharmaceutiques se remplissent les poches par les nombreuses prescriptions reliés aux nombreux diagnostics erronés.
    Vivement que les médecins québécois s’informent de la maladie de lyme et qu’ils n’omettent les co-infections qui viennent très souvent avec. De plus Santé Canada a publié un bulletin mentionnant que les tests ELISA et Western blot utilisés au Canada étaient cause de faux résultats donc faux diagnostics. Il est urgent que les médecins s’approprient de la reconnaisse de ces maladies et d’en faire des diagnostiques cliniques au préalable car la majorité des maladies de lyme n’auraient pas d’érythème migrant. Pour des informations justes voir els site de malades de lyme québécois AQML et canadien Canlyme. informer n’est alarmer mais un juste droit de ce qu’on devrait s’attendre de ceux qu’on paient pour le faire , nous les payeurs de taxes et de salaires!

  • Yvan Croteau - Inscrit 9 septembre 2014 08 h 29

    Planifier globalement pour sortir de l'incohérence

    Depuis toujours ce sont les investisseurs qui ont guidé nos gouvernements pour décider de construire ceci ou cela ou d’exploité telle ressource plutôt que telle autre. Aujourd'hui on se retrouve avec 50 000 sites contaminés pollués principalement par des hydrocarbures. Nous avons une dette de plus 1.2 milliards pour restaurer les parcs à résidus miniers. Nos forêts sont toujours trop exploitées, mal exploitées (90% des aménagements utilisent la même technique qu’avant la dernière réforme) et personne ne veut prendre la responsabilité future des décisions d'aujourd'hui... Pour contrer ce désordre institutionnalisé j'en appel au démantèlement de la fonction publique et à sa restructuration pacifique et participative (car démocratique veut dire quoi sans proportionnelle). Cette réorganisation de l'état devrait nous conduire vers la nécessiter de dresser un bilan globale de nos acquis et nos passifs pour finalement s'engager à planifier globalement notre avenir en fonction d'enjeux éthiques de responsabilité et de droits inscrits dans un cadre de respect des cultures, de la participation effective selon les territoires d'application et des limites que la nature nous invite à reconnaître.

  • André Michaud - Inscrit 9 septembre 2014 11 h 46

    Non donc à l'usage médical ?

    Logiquement ces médecins devraient s'opposer aussi à la radiothérapie et autres usages en médecine..

    Comment pourrait-on trouver essentiel son usage médical et ne pas vouloir d'uranium?

    Ou alors dire franchement que ce sont les mineurs de d'autres pays qui devraient prendre des risques ????

    • Raymond Lutz - Inscrit 9 septembre 2014 12 h 46

      Nice try... Logiquement avant de faire un commentaire on fait quelques recherches sur Internet. On y apprend que les radio-isotopes médicaux peuvent être produits avec un cyclotron. Comme ici même au CHUS.

    • Alexe L. - Inscrite 9 septembre 2014 14 h 59

      @ Raymond Lutz
      Après quelques recherches sur Internet, on en apprend plus que ce que vous dites : les nouvelles technologies pour produire les isotopes médicaux, tel le cyclotron, seront d’excellentes sources complémentaires pour éviter les pénuries, mais rien n’indique pour l’instant qu’elles suffiront à elles seules à la demande mondiale. Par exemple, l’un des problèmes est que les isotopes médicaux provenant des cyclotrons n’auront pas une durée de vie assez longue pour être acheminés dans les régions éloignées… bien que l’option de la production en cyclotron puisse sembler viable dans les grandes régions urbaines et dans les réseaux de radiopharmacie, elle ne constitue pas une solution complète ». Bref, aucune alternative ne peut encore prétendre remplacer complètement la technologie nucléaire pour la production d’isotopes médicaux. L’exploitation de l’uranium demeure donc nécessaire pour répondre à la demande mondiale actuelle et future.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 9 septembre 2014 19 h 01

      Pardon, pardon. Mais la quantité d'uranium nécessaire pour répondre aux besoins médicaux est minime et ne justifie certainement pas de démarrer de nouvelles opérations minières.

    • Gaetane Derome - Abonnée 10 septembre 2014 14 h 18

      M.Leblond,
      Je suis en accord avec vous.

  • Alain Béchard - Abonné 9 septembre 2014 14 h 56

    uranium

    Le québec ayant fermé son usine électrique, Gentilly, je ne vois pas le besoin dans produire. La production et l'utilisation de celui-ci est réellement néfaste pour la santé de tous. Il y a d'autres moyens, voir M. Lutz, il s'agit seulement de mettre les nouvelles technologie en place. Je soutien les Cris par tous les moyens effectifs non violents de stopper cette mise en chantier. Le gouvernement, lui, est armé et peut-ètre dangereux pour les locaux. Alors soyons prudent dans la démarche.
    Alain Béchard