L’inaction sur les GES alimente le pire scénario

Le GIEC avertit que les changements climatiques posent une sérieuse menace pour l’approvisionnement alimentaire et pourraient réduire les réserves en eau.
Photo: Justin Sullivan Getty Images Le GIEC avertit que les changements climatiques posent une sérieuse menace pour l’approvisionnement alimentaire et pourraient réduire les réserves en eau.

Les principales puissances industrialisées et émergentes en font si peu pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) que le climat planétaire se dirige vers le pire des scénarios catastrophes envisagés jusqu’ici pour le siècle en cours. Et ce constat n’émane pas d’un groupe écologiste, mais bien de PricewaterhouseCoopers (PwC), firme multinationale spécialisée dans les services aux entreprises.

 

« Le fossé entre les actions concrètes des pays et les mesures nécessaires [pour freiner le dérèglement du climat] continue de se creuser », conclut le sixième rapport annuel « Low Carbon Economy Index » de PwC.

 

Dans le cadre des négociations sur le climat, la communauté internationale a convenu officiellement de mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour limiter la hausse du thermomètre planétaire à 2 °C d’ici 2100. Cet objectif, déjà jugé hors d’atteinte par plusieurs scientifiques, devrait permettre d’éviter les pires effets des changements climatiques pour la vie sur terre.

 

Selon les calculs effectués par PwC, respecter cette cible imposerait aux pays du G20 — principaux émetteurs mondiaux de CO2 — de réduire leur « intensité carbonique » liée à l’énergie de 6,2 % par an. Cet indicateur mesure le volume d’émissions de CO2 d’un pays provenant du secteur énergétique (pétrole, gaz, charbon, etc.) pour chaque dollar de produit intérieur brut.

 

Mais PwC a calculé que les États membres du G20 ont à peine réduit leur intensité carbonique de 1,2 % en 2013. Si certains pays sont parvenus à des réductions significatives, au moins cinq ont connu au contraire une augmentation : les États-Unis, la France, l’Inde, l’Allemagne et le Brésil. Cette piètre performance globale s’explique notamment, selon la firme, par l’augmentation de la consommation de charbon et le ralentissement du rythme d’évolution en faveur des énergies renouvelables.

 

Rien n’indique par ailleurs que le taux de réduction serait en voie de grimper de façon significative au cours des prochaines années. Bref, au rythme où vont les choses, « la quantité totale de carbone qui […] peut être émise au cours de ce siècle pour limiter à 2 °C le réchauffement climatique sera consommée d’ici 20 ans ». Cela signifie que la hausse du climat théoriquement fixée pour tout le siècle pourrait bien être dépassée dès 2050.

 

Conséquences désastreuses

 

Selon les calculs du rapport publié lundi par PwC, les bouleversements climatiques actuellement non maîtrisés conduiront donc la planète vers une hausse des températures atteignant pas moins de 4 °C d’ici la fin du présent siècle. Cette nouvelle prévision s’ajoute aux constats scientifiques déjà dressés par la Banque mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).

 

Or, un tel bond « aurait des conséquences désastreuses en matière d’événements climatiques extrêmes et d’élévation du niveau de la mer, et entraînerait d’énormes coûts économiques et sociaux », selon un rapport produit par l’AIE.

 

Plus spécifiquement, le GIEC estime que les bouleversements climatiques posent une sérieuse menace pour l’approvisionnement alimentaire mondial. Plusieurs cultures alimentaires essentielles, comme le riz, le blé et le maïs, seront d’ailleurs de plus en plus malmenées au cours des prochaines années. Les pêcheries mondiales risquent aussi d’encaisser des reculs significatifs. Dans les zones les plus méridionales, notamment, plusieurs espèces devraient carrément disparaître.

 

Le GIEC craint en outre une réduction « significative » des eaux de surface et souterraines dans plusieurs régions, avec des impacts attendus sur la qualité de ces eaux. Il existe des risques bien réels de pénurie en Afrique et en Asie, les deux régions les plus peuplées au monde. « Moins d’eau et de ressources alimentaires, des migrations accrues, tout cela va indirectement augmenter les risques de conflits violents », prévient le GIEC.

 

Le climat planétaire se dirige vers une véritable catastrophe, conclut un nouveau rapport de PwC.

4 commentaires
  • Louise Vallée - Inscrite 9 septembre 2014 20 h 11

    L'élevage détourne 70% des ressources nécessaires à l'alimentation humaine.

    http://www.viande.info/fichiers/visuels/schemas/re

    En ce qui concerne les gaz à effet de serre:la production de viande en produit 18%.
    La production de lait est responsable de 4% des GES.......

    Donc soyons sérieux et cessons de manger de la viande ,du fromage et de boire du lait...........nous pourrons ainsi faire d'une pierre 2 coups:diminuer les gaz à effet de serre et nourrir tout le monde avec les céréales.

    • Serge Lemay - Inscrit 9 septembre 2014 23 h 20

      Tout-à-fait, mais que cela n'empêche pas de réduire l'utilisation du pétrole en le remplaçant par les énergies renouvelables, ce ne sont plus des choix de cosommation, ce sont des urgences à notre survie !

  • Claude Perron - Abonné 9 septembre 2014 21 h 20

    le GIEC sonne l'allarme !

    «Les principales puissances industrialisées et émergentes en font si peu pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) que le climat planétaire se dirige vers le pire des scénarios catastrophes envisagés jusqu’ici pour le siècle en cours. Et ce constat n’émane pas d’un groupe écologiste, mais bien de PricewaterhouseCoopers (PwC), firme multinationale spécialisée dans les services aux entreprises.
    « Le fossé entre les actions concrètes des pays et les mesures nécessaires [pour freiner le dérèglement du climat] continue de se creuser », conclut le sixième rapport annuel « Low Carbon Economy Index » de PwC»....«Selon les calculs du rapport publié lundi par PwC, les bouleversements climatiques actuellement non maîtrisés conduiront donc la planète vers une hausse des températures atteignant pas moins de 4 °C d’ici la fin du présent siècle. Cette nouvelle prévision s’ajoute aux constats scientifiques déjà dressés par la Banque mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).»

  • Yvan Poulin - Inscrit 10 septembre 2014 18 h 54

    Dire qu'il y a encore des idiots pour nous faire croire qu'il s'agit la d'un phénomène de cycles naturel et que l 'etre humain n'y est pour rien. All Gore, Zuzuki et bien d'autre avant eux étaient sur la bonne voie mais on a fini par les faire taire. Les faux scientists payer par l'industrie en on fait une seule bouchée de tous ces gens la.