Justin Trudeau appuie le projet de pipeline Énergie Est

Le chef du Parti libéral du Canada Justin Trudeau
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le chef du Parti libéral du Canada Justin Trudeau

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, prend position en faveur du projet de pipeline Énergie Est et du port pétrolier de Cacouna.

En entrevue à la télévision de Radio-Canada, le chef libéral a offert son appui au projet d’exportation de pétrole des sables bitumineux passant par le Québec. Selon lui, il est important de « développer nos ressources et de les amener de façon sécuritaire sur les marchés ».

« Je pense qu’avec le jugement de la Cour [en faveur des travaux de forages] et avec l’appui du gouvernement provincial, nous devons aller de l’avant », a aussi dit M. Trudeau.

Le leader libéral a toutefois précisé que le gouvernement canadien se devait de trouver un équilibre « entre l’environnement et l’économie ». Il lui apparaît donc important que ce projet de transport d’énergie fossile se fasse « de façon responsable ». D’autant plus, a-t-il dit, que « nous sommes préoccupés par les changements climatiques ».

Mis au fait de la controverse suscitée par ce projet de l’entreprise albertaine TransCanada, il a affirmé qu’un tel développement industriel nécessite impérativement l’« appui de la population ».

Réunion d’urgence?

Par ailleurs, le NPD a réclamé jeudi une « réunion d’urgence » du comité parlementaire de Pêches et Océans Canada « pour faire la lumière sur les forages sous-marins que TransCanada s’apprête à effectuer dans le fragile écosystème au large de Cacouna ».

« Les travaux commencent très bientôt et aucun spécialiste indépendant n’a pu démontrer que les conditions associées à l’autorisation des travaux de forage garantissaient la sécurité des bélugas », a déploré par voie de communiqué le député néodémocrate de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, François Lapointe.

Dans le cadre de l’évaluation environnementale du projet de terminal méthanier à Cacouna, a-t-il rappelé, les scientifiques du gouvernement fédéral avaient plaidé pour une interdiction totale des travaux dans le fleuve « durant la période de fréquentation intensive du secteur par les femelles en fin de gestation ou les femelles accompagnées par les veaux, soit de la mi-juin à la mi-septembre ».

« Pourquoi c’est différent cette fois-ci ? Si le gouvernement n’a rien à cacher, qu’il nous laisse parler aux scientifiques et voir les avis », a demandé M. Lapointe. En fait, aucun avis scientifique n’a été produit par les experts de Pêches et Océans Canada dans le cas des travaux à venir, contrairement à la pratique habituelle dans ce genre de projet.

« Tant que le gouvernement se cachera derrière un mur du silence, tant que les données environnementales resteront secrètes, ce projet restera inacceptable, à nos yeux et à ceux de la population du Bas-Saint-Laurent », a ajouté le porte-parole adjoint en matière d’environnement, François Choquette.

Habitat crucial

Les spécialistes de l’espèce s’entendent pour dire que la zone maritime de Cacouna est cruciale pour la population de bélugas du Saint-Laurent. C’est dans ce secteur de l’estuaire que se concentrent, de mai à octobre, les femelles gestantes. Elles y mettent bas et y demeurent avec leurs veaux. Elles y trouvent également une source d’alimentation essentielle pour assurer leur survie hivernale.

C’est précisément à cet endroit que TransCanada entend mener des forages en prévision de la construction de son port pétrolier d’exportation. Ceux-ci doivent s’échelonner sur une période continue de 95 jours, à raison de cinq heures par jour. Selon les illustrations préliminaires transmises au gouvernement par TransCanada, le quai où viendront s’amarrer les pétroliers s’avancera de plus de 700 mètres dans les eaux du Saint-Laurent. Celui-ci sera situé exactement où se trouve l’habitat des baleines.

Les navires chargeront du pétrole des sables bitumineux qui sera acheminé au Québec par le futur oléoduc Énergie Est. Celui-ci doit transporter chaque jour 1,1 million de barils dès 2018. Il s’agit du plus important projet du genre actuellement en développement en Amérique du Nord. La décision sur la construction appartient uniquement à Ottawa.