La production de viande draine énormément de ressources, conclut un rapport

La hausse marquée et continue de la consommation de viande <em>«entraîne des coûts environnementaux et de santé considérables»</em>, affirment les auteurs du rapport publié mardi.
Photo: Thinkstock La hausse marquée et continue de la consommation de viande «entraîne des coûts environnementaux et de santé considérables», affirment les auteurs du rapport publié mardi.

L’humanité consomme de plus en plus de viande et cette production industrielle à grande échelle draine une part importante des ressources en eau et des terres cultivables disponibles. C’est ce qui se dégage d’un nouveau rapport du groupe américain Worldwatch Institute.

 

La croissance continue de la population mondiale et du niveau de vie global va de pair avec une augmentation exponentielle de la demande pour la viande. En fait, souligne le rapport intitulé Peak Meat Production Strains Land and Water, la production mondiale a été multipliée par quatre depuis 50 ans, passant de 75 millions de tonnes à plus de 300 millions de tonnes.

 

Résultat : un citoyen issu d’un pays industrialisé consomme aujourd’hui 76 kilogrammes de viande par année (167 livres), contre 43 kilogrammes en moyenne dans le monde. Près de 30 % de la production nécessaire pour répondre à cette demande croissante provient de Chine, avec un total de 86 millions de tonnes. Le porc et la volaille comptent pour 72 % de la production globale (220 millions de tonnes), loin devant la viande bovine (68 millions de tonnes).

 

Coûts environnementaux

 

La hausse marquée et continue de la consommation de viande « entraîne des coûts environnementaux et de santé considérables », affirment en outre les auteurs du rapport publié mardi.

 

Ils rappellent ainsi que pour l’essentiel, le secteur — contrôlé pour l’essentiel par moins de dix multinationales — a recours à des « méthodes industrielles » qui nécessitent l’utilisation de « grandes quantités d’eau », la culture massive de soya et de maïs et une déforestation accélérée. Qui plus est, les animaux sont bien souvent confinés dans des enclos exigus et l’élevage nécessite l’utilisation généralisée d’antibiotiques. À titre d’exemple, 13 600 tonnes d’antibiotiques ont été vendues à cette fin aux États-Unis en 2011, contre 3500 pour les citoyens du pays.

 

Les pâturages nécessaires aux animaux accaparent aussi 70 % des terres cultivables, et un autre 10 % uniquement pour la culture du grain nécessaire pour les nourrir. Enfin, plus de 20 % de toute l’eau consommée sur terre sert à la culture de ce même grain.

 

Le Worldwatch Institute estime donc qu’il est aujourd’hui nécessaire de repenser le type d’agriculture mis de l’avant à l’heure actuelle. Cela passerait notamment par la réduction de notre consommation globale de viande.