Alerte rouge, prévient la Santé publique de la Côte-Nord

À quelques jours de la reprise des travaux du BAPE sur la filière uranifère, un nouveau rapport de la Direction de la santé publique de la Côte-Nord met en lumière de nombreuses inquiétudes et incertitudes quant aux impacts de l’exploitation du controversé minerai.

Le document, produit par le groupe de travail sur les projets uranifères de la Côte-Nord, insiste notamment sur la gestion des sites d’exploitation. Il émet ainsi « de sérieuses réserves concernant la durée des suivis environnementaux et la capacité d’en mesurer les impacts à long terme. Il en est de même pour la gestion des résidus miniers et du déclassement des sites miniers, surtout lorsqu’on considère que ces résidus resteront contaminés pour plusieurs milliers d’années ».

Dans son rapport, le groupe se dit préoccupé par « la capacité des gouvernements à garantir à très long terme la sécurité des sites de résidus miniers ». « Ceci constitue une préoccupation importante pour laquelle les réponses demeurent encore floues », soulignent les auteurs du document d’une cinquantaine de pages. Rappelant que le Québec a hérité de pas moins de 698 sites miniers abandonnés au fil des décennies, ils se demandent ce qu’il adviendrait des sites uranifères « dans plusieurs milliers d’années ».

 

Risques et incertitudes

Le document publié lundi fait également siennes les conclusions d’un rapport de 300 pages publié au printemps par l’Institut national de santé publique du Québec. Celui-ci conclut qu’il existe énormément d’incertitudes sur les impacts sur la santé humaine imputables à l’exploitation d’une mine d’uranium. Une bonne part de ce flou tient au fait qu’il existe très peu de données permettant d’évaluer correctement les effets potentiels des éléments radioactifs.

« La présence d’une mine d’uranium peut engendrer une exposition supplémentaire pour la population », souligne néanmoins le document. Des effets psychologiques sont en outre à redouter. « Spécifiquement en lien avec les mines uranifères, de l’anxiété est ressentie par plusieurs types de personnes, et ce, en lien avec la radioactivité et ses effets (réels ou appréhendés) », précise l’étude.

On note en outre que certains groupes sociaux sont « plus vulnérables ». C’est le cas des autochtones. Ce dernier aspect est particulièrement important dans la mesure où le projet d’exploration d’uranium le plus avancé au Québec se trouve en territoire cri, au nord de Mistissini. Il s’agit du projet des monts Otish de l’entreprise Strateco.

 

Citoyens démunis

Le groupe de travail nord-côtier juge en outre que les citoyens ne font pas le poids par rapport aux entreprises minières lorsque vient le temps de débattre de l’implantation d’un projet minier. Il propose donc de bonifier significativement les moyens mis à la disposition des citoyens et des communautés dans le cadre des négociations concernant les conditions d’exploration et d’exploitation.

Qui plus est, en vertu de la nouvelle Loi sur les mines, les entreprises jouissent toujours du droit d’expropriation. Une situation qui peut « générer beaucoup de stress parmi les populations touchées par des projets miniers et se traduire par des problèmes de santé graves ».

La publication de ce nouveau document très critique de la filière uranifère survient alors que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) doit poursuivre la semaine prochaine ses audiences sur les enjeux de la filière uranifère. Ces consultations doivent se poursuivre durant l’automne, et le rapport est attendu au plus tard en mai 2015.

Selon les données du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, il existe près d’une trentaine de projets d’exploration uranifère au Québec, dont 12 en phase « avancée ». Plusieurs sont situés au nord du 50e parallèle, mais on en retrouve également le long de la Côte-Nord ainsi que dans les Hautes-Laurentides.

9 commentaires
  • Robert Henri - Inscrit 26 août 2014 06 h 47

    Il faut refuser net toute production d'uranium au Québec

    Il faut refuser net toute production d'uranium au Québec. Pour la simple raison que si nous en produisions, nous serions obligés d’entreposer des déchets qui demeureront mortellement dangereux pour plus longtemps qu'on peut humainement nous imaginer. Des résidus pouvant être transformés en armes sales n'importe-quand.

    • Roger Lapierre - Inscrit 26 août 2014 13 h 36

      On pourrait aussi cesser toute production industrielle et fermer toutes nos usines afin de cesser toute pollution au QUébec. Plus de production minière polluante, plus de pétrole, plus d'exploitation des forêts et même plus d'agriculture qui ravage nos champs. Aussi, plus de construction et d'étalement urbain qui gruge la nature, etc. Nous serions ainsi les champions de la nature, les sauveurs de la planète. Bien sûr, on s'apauvrirait et on devrait alors se procurer tout ce dont on a besoin pour vivre auprès d'autres pays producteurs et sales pollueurs sans scrupules, mais au moins on aurait bonne conscience. Au fait, on payerait tout ca avec quel argent?

  • Alexe L. - Inscrite 26 août 2014 09 h 54

    Un rapport écrit par des antis...

    Certains auteurs de ce rapport ont crié au scandale lorsqu'un rapport sur l'uranium aux conclusions divergentes a été publié par des scientifiques du groupe DIVEX, supposément trop proche de l'industrie. Cette fois, ce sont les antis les plus connus et obstinés qui signent ce rapport et, surprise, le rapport est alarmiste bien qu'il ne démontre rien, mis à part que les gens ont peur... bien sûr, lorsque les gens entendent un médecin dire qu'il n'a pas de preuve pour démontrer les impacts sur la santé, mais qu'il pense qu'il peut y en avoir... les gens retiennent seulement la dernière partie de l'affirmation... ce n'est pas l'industrie uranifère, mais ce type de rapport qui crée des impacts sur la santé psychologique des gens!

    • Julie Carrier - Inscrite 26 août 2014 10 h 56

      Faux et c'est pourtant très simple. L'uranium produit des déchets radioactifs donc dangereux et intolérables qui prendront des centaines d'années à se résorber. Le gros bon sens nous dit d'interdire son exploitation pour ses dommages environnementaux qui auraient des répercussions permanentes sur l'écosystème jusqu'aux humains. Me semble que c'est pas compliqué à comprendre.

    • Daniel Bérubé - Abonné 26 août 2014 12 h 10

      Je pense que vous n'avez pas entièrement conscience des différences que l'on retrouve entre du fer et de l'uranium...

      Je serais curieux de savoir si les études faites incluent une étude sur les mines existantes d'uranium ailleurs dans le monde, les suivis faient, la contamination est-elle contrôlé à 100%, car on ne parle pas ici de poussière de fer !

      Et... il ne faut pas que ce soit des études en provenance des compagnies minières...

    • Alexe L. - Inscrite 26 août 2014 12 h 20

      Dernièrement nous avons lu dans les pages du Devoir que la hausse du réchauffement planétaire pourrait facilement dépasser les 4 °C, ce qui entrainerait des impacts dévastateurs pour la planète et même la vie humaine. Cette hausse est principalement attribuable au recours aux énergies fossiles comme le charbon et le pétrole. Pour cette raison, des experts internationaux prônent le recours aux énergies peu carbonées (renouvelables, nucléaire) qui vont devoir tripler, voire quadrupler d’ici 2050 pour freiner raisonnablement le réchauffement climatique. Donc, en gros, le nucléaire fait partie de la solution pour sauver la planète… alors, à moins que tous les experts internationaux soient aussi vendus à l’industrie et qu’ils se soient concertés pour laver notre cerveau, je crois qu’il faut exploiter l’uranium et que ce soit fait dans un endroit strictement réglementé… et, on pourrait peut-être même se faire de l’argent avec cette industrie, mais ça, il faut pas le dire trop fort, ça pourrait choquer les antis!

    • Roger Lapierre - Inscrit 26 août 2014 13 h 23

      La grande majorité des gens ne savent même pas qu'ils respirent à chaque instant des produits venant de l'uranium naturel, le gas de radon, dans le confort même de leur maison et que ce radon est beaucoup plus nocif pour leur santé que l'exploitation des mines d'uranium dans des régions éloignées et pratiquement inhabitées. Il est aussi bien connu que la plus grande source de radiation ''inutiles'' et donc ''nuisibles'' chez la population, ca provient des cliniques radiologiques et des hôpitaux. Avant de condamner l'industrie nucléaire, les médecins devraient commencer par faire le ménage dans leur propre cours.

    • Julie Carrier - Inscrite 26 août 2014 17 h 24

      Je ne respire pas de radon dans ma maison. Désolée.

    • Roger Lapierre - Inscrit 26 août 2014 22 h 40

      @J Carrier

      Vous seriez ainsi la seule au monde. Renseignez vous!