Possibilité d’apocalypse avec ciel variable

L’ouragan Katrina a dévasté La Nouvelle-Orléans en août 2005. Les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplieront dans les prochaines années, préviennent des experts.
Photo: James Nielsen Agence France-Presse L’ouragan Katrina a dévasté La Nouvelle-Orléans en août 2005. Les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplieront dans les prochaines années, préviennent des experts.

Turbulences aériennes accrues, épisodes polaires et caniculaires toujours plus extrêmes, vagues géantes dans les océans : les spécialistes mondiaux du climat ont brossé un tableau apocalyptique de la météo des prochaines décennies lors d’un congrès international qui s’est conclu jeudi à Montréal.

 

À l’initiative de l’Organisation météorologique mondiale, agence des Nations unies, un millier de scientifiques a débattu autour du thème « La météo, quel avenir ? » à l’occasion de cette première conférence mondiale sur la météorologie.

 

Près de 10 ans après l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto, qui visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre, la question n’est plus d’établir si le réchauffement de la Terre va avoir lieu.

 

« C’est irréversible, et la population mondiale continue d’augmenter, il faut que l’on s’adapte », observe Jennifer Vanos, de l’Université Texas Tech.

 

La première décennie du XXIe siècle a vu la température moyenne de la surface de la planète augmenter de 0,47 degré Celsius. Or, une hausse de 1 degré génère 7 % plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère, et comme l’évaporation est le moteur de la circulation des flux dans l’atmosphère, une accélération des phénomènes météorologiques est à prévoir.

 

D’autant que les scénarios retenus par la communauté scientifique privilégient une hausse de 2 degrés de la température moyenne à la surface de la Terre d’ici 2050.

 

« Les nuages vont se former plus facilement, plus rapidement, et les pluies vont être plus fortes », engendrant notamment davantage d’inondations soudaines, note Simon Wang, de l’Université Utah State.

 

D’une manière générale, relève ce chercheur américain, la hausse des températures va avoir « un effet d’amplification sur le climat tel qu’on le connaît actuellement ».

 

Les épisodes de grand froid, tel le vortex polaire qui s’est abattu cet hiver sur une grande partie de l’Amérique du Nord, seront plus marqués, plus extrêmes, tout comme les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse, ajoute-t-il.

 

Le défi pour les météorologues est donc désormais d’inclure la « force additionnelle » créée par le réchauffement climatique dans des modèles de prévision toujours plus complexes, explique M. Wang.

 

Pour ce faire, les météorologues des prochaines décennies auront besoin d’ordinateurs surpuissants, actuellement extrêmement peu nombreux.

 

Météorologue à l’Université britannique de Reading, Paul Williams a par exemple dû recourir au superordinateur de l’Université américaine de Princeton, l’un des plus puissants au monde, pour étudier les impacts du réchauffement climatique sur les jet-streams, ces courants d’air rapides situés à une dizaine de kilomètres d’altitude, où les avions de ligne évoluent.

 

Après des semaines de calculs, son verdict est sans appel : « Le changement climatique donne plus de force à ces courants. […] D’ici 2050, vous passerez deux fois plus de temps en vol dans des turbulences. »

9 commentaires
  • Claude Perron - Abonné 23 août 2014 04 h 58

    «La première décennie du XXIe siècle a vu la température moyenne de la surface de la planète augmenter de 0,47 degré Celsius. Or, une hausse de 1 degré génère 7 % plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère, et comme l’évaporation est le moteur de la circulation des flux dans l’atmosphère, une accélération des phénomènes météorologiques est à prévoir.»La question n'est plus de savoir si le réchauffement de la planète va avoir lieu mais a quelle vitesse.«Les épisodes de grand froid, tel le vortex polaire qui s’est abattu cet hiver sur une grande partie de l’Amérique du Nord, seront plus marqués, plus extrêmes, tout comme les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse, ajoute-t-il.»

    Claude Perron

  • Jocelyne Dumont - Inscrite 23 août 2014 06 h 05

    faire face à l'industrie, le vrai pollueur, trop protégé.

    il est certain que nous nous dirigeons vers un scénario apocalyptique, mais on ne doit pas s'en prendre à la population, ni au nombre d'habitants sur la terre.
    il faut avoir le courage de faire face à l'industrie qui est l'élément pollueur. peu de gens et même de scientifiques se tiennent vraiment debout devant l'industrie pour exiger qu'elle se mette à jour et paufine ses chemiées pour réduire ses émissions de polluants dans l'atmosphère. ce sont eux qu'il faut cibler et exiger une mis à jour de leurs ceminées. peu de recherches se font pour créer des cheminés avec zéro pollution, avec des filtres pa exemple qui emprisonnent les matières polluantes.
    la majorité des gens recycent tout ce qui est recylable. ce n'est donc pas la population qui est coupable, mais , vous scientifiqes, ayez du courage s.v.p. et prenez-vous en plutôt à l'industrie qui se la coule doue et semble n'avoir de compte à rendre à personne, au lieu de vous en prendre au petit dernier de la famille d'â côté ou aux enfants des pays pauvres . ayez plutôt du courage et réclamez des fltres et des recherches en ce sens pour l'industrie. ayons du courage. réclamons et exigeons, de nos gouvernements des cibles pour l'industrie qui est responsable de toutes ces émissions polluantes qui saccagent la terre et menacent de s'amplifier. l'industrie est trop protégée et semble ne pas avoir de comptes à régler avec personne. ce n'est pastout à fai vrai. on peut et on doit faire miex, a condition de s'adresser aux bonnes personnes, même si cela demande plus de courage, soit, de faire face à l'industrie, leur exiger d'améliorer leurs performances et de faire de la recherche et du dveloppement de chemninées non polluantes. là on va y ariver.

  • Yvan Croteau - Inscrit 23 août 2014 09 h 20

    La subversion, la voie pour s'adapter !

    L'industrie et les gouvernements vont poursuivre leurs dissertations interminables sur les moyens à prendre afin de ne pas affecter le «précieux» dollars. Il faut briser cette idée perfide de croissance économique infinie pour engager l'humanité dans un équilibre entre la liberté et la nécessité. Chaque dollar créé = énergie + matière + technologie alors que les ressources de la terre sont limitées. Ce que l'on prélève, transforme, échange se traduit toujours par une perte d'efficacité du système planétaire à maintenir des conditions viables à la vie. Les pays industrialisés, les riches en particuliers, parviennent à maintenir leurs croissances seulement en lapidant les ressources des pays les plus pauvres. Se lever pour s'adapter. Nous sommes rendus là. J'en veux aux états des pays riches d'écraser chaque jour leurs populations respectives par des jeux de propagande au nom de la sécurité nationale. Les peuples doivent reprendre le contrôle de leurs destins en participants à toutes les tribunes possibles pour faire valoir leurs idéaux et leurs valeurs culturelles qui n'est rien d'autre que de vivre en équilibre avec les territoires qui les fonts vivre et les sociétés qui les entours. S’adapter aux changements climatiques veut dire aussi faire entendre sa voix pour changer de voie.

    • Daniel Bérubé - Abonné 23 août 2014 16 h 53

      C'est ce qui est parfois insécurisant a entendre... il semble parfois être voulu de faire des efforts pour s'adapter aux changements climatiques, plutôt que de voir a affaiblir, voir éliminer ce qui les provoque ! Mais je reconnais que nous devrons nous adapter d'une manière ou d'une autre, mais n'oublions pas que pour certains, parfois, l'adaptation consistera a déménager sa maison, car il ne faut pas oublier la monté des eaux des océans, ajouter à cela des vents plus forts aux moments des grandes marées... (Ste-Luce 2010)

      Et quand j'entend certains dire: "C'est parce qu'on est trop de monde sur la terre, faudrait en éliminer, faut pas dépasser 10 milliards ! " Il fut démontré, dans les années '90, que la terre pourrait fournir jusqu'à 40 milliards d'habitants, mais... pas du monde dans la surconsommation, voir même tous végé. !

  • Murray Henley - Inscrit 23 août 2014 10 h 49

    John F. Kennedy avait raison

    Comme le disait John F. Kennedy lors d'un discours à l'université de Yale en 1962:

    "Le plus grand ennemi de la vérité n'est pas le mensonge, délibéré, forcé et malhonnête, mais plutôt le mythe, persistant, convaincant et irréaliste. Trop souvent, nous perpétuons les croyances de ceux qui nous ont précédé. Nous soumettons tous les faits à des interprétations pré-fabriquées. Nous profitons du confort d'une opinion sans l'inconfort de la réflexion"

    Quarante ans plus tard, cette citation explique pourquoi les croyants au réchauffement climatique ne peuvent qu'avoir raison, puisqu'ils attribuent tous les phénomènes climatiques exceptionnels au réchauffement climatique.

    Ainsi, il est vraiment paradoxal que l'on attribue le froid extrême de l'hiver dernier au réchauffement. À l'opposé, si l'hiver avait été plus doux que la moyenne, le réchauffement aurait aussi été mis en cause.

    La méthode scientifique n'est pas supposée donner la réponse avant de poser la question.

    • Johanne Huot - Abonnée 24 août 2014 14 h 34

      Primo, le froid «extrême» de l'hiver dernier a connu seulement des températures un peu sous la normale... ce sont les derniers hivers depuis 15 ans qui ont été beaucoup plus chauds ! L'hiver 2014 a plutôt ressemblé à nos hivers d'antan !
      Secundo, le réchauffement climatique mondial s'avère tout-à-fait réel et les quelques sceptiques qui nient cette réalité causée en grande partie par l'Homme oublient d'examiner les rapports du GIEC basés sur les recherches et études de près de 5,000 scientifiques reconnus.
      Tertio, il faut que les autorités et les scientifiques expliquent davantage comment les perturbations du climat affectent les grands courants marins, aériens, la pression atmosphérique, les précipitations et les phénomènes extrêmes - tornades, ouragans - qui sont amplifiés entre autres par la chaleur des océans. C'est l'interaction entre ces phénomènes complexes qu'il faut vulgariser car le commun des mortels s'appuient sur la météo à court terme pour fonder ses jugements.
      Enfin, il ne faut pas compter trop sur les industries et les grandes entreprises pour supporter la lutte contre le réchauffement climatique. Cela prend une vision écosystémique, humanitaire et à long terme pour oeuvrer en ce domaine. Je suis persuadé que les dirigeants des grands pays jouent actuellement un jeu dangereux en ne prenant pas les décisions qui s'imposent pour réduire notre empreinte carbone. Ils mettent en péril la vie de centaines de millions de gens qui seront affectés par les bouleversements climatiques. Dans 20 ans, certains seront accusés de crime contre l'humanité, mais il sera trop tard.
      Tout cela pour réaffirmer la nécessité de plus de sensibilisation et d'actions immédiates, quand on lit les commentaires discutables de Murray Henley. Il faut s'informer !
      Richard Legault, Québec

  • Pierre Vaillancourt - Abonné 23 août 2014 11 h 41

    Anne, oh ! ma soeur Anne !

    Tout le monde s'en fout carrément du réchauffement.

    Tant qu'on pourra magasiner en paix, changer régulièrement nos petits bidules électroniques pour le dernier modèle et envoyer nos vieux appareils polluer l'Afrique sans y penser, tant qu'on pourra circuler dans des rues où il n'y aura pas de trous de bombes dans lesquels on pourra tomber en marchant les yeux rivés sur les écrans de nos petits bidules, tant qu'on aura nos émissions de télé débilitantes où on regarde des niaiseries insignifiantes, tant qu'on sera dans cette culture narcissique où ce qui compte réellement, c'est le nombre de personnes qui aiment notre dernier « selfie », dans cette société qui ne pense qu'à ses gros muscles, ses gros seins et son bronzage tout en dépensant plus pour maigrir que le tiers-monde pour se nourrir, comme disait Loulou, tant qu'il en sera ainsi, l'Humanité se foutera éperdûment du réchauffement. Des centaines de millions de gens seront dramatiquement affectés, nos enfants le seront et leurs enfants encore bien plus, mais on s'en fout éperdûment et on paye nos enseignants pour qu'ils détournent les jeunes de cette dramatique vérité qu'il ne faut surtout pas leur dire, le dieu entreprise a besoin d'une main d'oeuvre docile.

    En fait, il n'y a plus d'Humanité, si tant est que celle-ci est censée être humaniste, ce qui signifie qu'on place l'humain et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs.

    Il n'y a plus d'Humanité, regardons bien sur nos petits écrans, est-ce que quelqu'un aperçoit quelques valeurs humaines en quelque part ?

    « Anne, oh ! ma soeur Anne, d'aussi loin que tu puisses regarder, vois-tu l'Humanité revenir ? »

    « Hélas ! non, mon frère, je ne vois que des millions d'individus qui tournent en rond inlassablement, les uns derrière les autres, chacun regardant son reflet dans une sorte de petit miroir. Je ne vois que la tristesse et le vide, mon frère, et derrière, se rapprochant d'eux, un grand feu. »

    • Daniel Bérubé - Abonné 24 août 2014 08 h 34

      Vous avez malheureusement raison...

      Je crois que nous avons ici la preuve que l'homme n'a pas la capacité de se diriger de lui-même...

      Et c'est ce qui rend la chose si mystérieurse... comment peut-il avoir l'intelligence nécessaire pour faire toute les technologies que l'on retrouve aujourd'hui, aller sur d'autres planètes, transplanter un coeur, brancher une caméra ou des micros sur le cerveau ! et pas assez pour réaliser qu'il détruit son milieu de vie entière... mais vous savez, le cerveau est parfois difficile à suivre dans ses raisonnements.

      La seule explication que je peux y trouver, c'est que la chose (nature, eau, climat) soit considéré comme un droit acquis; et quand vous parlez de bronzage, seins synthétique, chirurgie plastique... donc, voir que même la santé est considérée comme étant acquise, que je compare souvent à l'électricité: nous réalisons son importance quand nous l'avons perdue...