Keystone XL pourrait entraîner quatre fois plus de GES que prévu

Le projet controversé d’oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis pourrait aboutir à des émissions de gaz à effet de serre (GES) bien plus élevées que prévu officiellement, en dopant la demande de produits pétroliers, avertit une étude publiée dimanche.

 

Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs de l’Institut pour l’environnement de Stockholm ont utilisé un modèle mathématique permettant d’estimer l’impact potentiel qu’aurait cet oléoduc sur la pollution atmosphérique.

 

Mais contrairement à la simulation effectuée par le Département d’État américain, leur modèle économique prend en compte la possible augmentation de la consommation de pétrole suscitée par la hausse de l’offre, soulignent les auteurs dans la revue britannique Nature Climate Change. Selon leurs calculs, l’entrée en service de Keystone XL se traduirait par une hausse des émissions de GES équivalant à 100 à 110 millions de tonnes de CO2 chaque année, « quatre fois plus que l’estimation haute du Département d’État » qui est de 27,4 millions de tonnes seulement.

 

Proposé en 2008, l’oléoduc doit servir à acheminer le pétrole extrait des sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries américaines du golfe du Mexique, au Texas. La portion sud, entre le Nebraska et le Texas, fonctionne déjà, mais c’est la liaison entre ce tronçon et le Canada qui soulève de nombreuses contestations. La longueur proposée fait quelque 1900 km, dont 1400 aux États-Unis.

 

Sujet brûlant

 

La construction de Keystone XL, dénoncée par les écologistes et une grande partie des démocrates, est un sujet politique brûlant aux États-Unis. Le feu vert au chantier dépend du gouvernement américain et donc du président Barack Obama, qui a dit qu’il se prononcerait en fonction des conséquences du projet sur le réchauffement climatique provoqué par les GES.

 

Pour les chercheurs suédois, chaque baril de pétrole supplémentaire produit grâce à l’ouverture de l’oléoduc se traduirait par une augmentation de la consommation globale de 0,6 baril, « en raison de l’effet mécanique de baisse des cours mondiaux du pétrole ».

 

Un phénomène qui actionnerait à son tour la pompe à dioxyde de carbone, dont environ 36 milliards de tonnes ont été rejetées l’an dernier dans l’atmosphère.

 

« L’évaluation du Département d’État a omis de prendre en compte l’un des plus importants effets potentiels de l’oléoduc sur les émissions de GES : la hausse de la consommation résultant d’une augmentation de la production et de la baisse des cours », résument les auteurs.

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