Climat: l’UE ne s’entend pas sur ses objectifs pour 2030

Une centrale au charbon à Bergheim, en Allemagne.
Photo: Archives Agence France-Presse Une centrale au charbon à Bergheim, en Allemagne.

La Commission européenne va conclure mercredi le plan d’action de l’Union européenne contre le réchauffement climatique avec un objectif chiffré pour les économies d’énergie à réaliser pour 2030, devenu sujet de division entre les États membres.

 

« La bataille s’annonce rude, car l’équipe dirigée par José Manuel Barroso est très divisée », a confié une source européenne proche du dossier.

 

La commissaire responsable du climat, Connie Hedegaard, défend un objectif de 30 % et s’oppose au président Barroso, partisan d’un effort moindre pour éviter de braquer les États membres, inquiets des montants en investissements à mettre sur la table pour atteindre un objectif de 30 % d’économies d’énergie.

 

Elle a reçu un soutien inattendu du nouveau président élu de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui a réclamé « un objectif de 30 % en efficacité énergétique à l’horizon 2030 » lors de son discours au Parlement européen la semaine dernière.

 

La ministre française de l’Énergie et de l’Écologie, Ségolène Royal, s’est également prononcée pour « une réduction d’au moins 30 % de la consommation d’énergie » dans une lettre adressée à la Commission dont l’AFP a obtenu copie.

 

« Juncker a beaucoup aidé » à faire bouger les positions, a assuré une source européenne. « L’objectif pour l’efficacité énergétique devrait être fixé à 29 % », a estimé cette même source. La proposition initiale était un objectif de 25 %.

 

Le dossier pose un cas de conscience à Günther Oettinger, le commissaire à l’Énergie. Reconduit par son gouvernement pour faire partie de l’équipe dirigée par M. Juncker, il peut difficilement faire fi de ses recommandations, mais dans le même temps, il sait que les États membres risquent de rejeter le plan d’action fixé à l’UE.

 

Trois objectifs

 

L’Union européenne s’est fixé trois objectifs pour 2020 : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport aux niveaux de 1990, porter à 20 % la part des renouvelables dans la consommation d’énergie et réaliser 20 % d’économies. Tous trois sont déjà pratiquement réalisés.

 

L’exécutif bruxellois a appelé à poursuivre l’effort et proposé de porter à 40 % la réduction des gaz à effet de serre en 2030 et à 27 % la part des renouvelables. Manquait l’objectif pour l’efficacité énergétique, rendu important par les menaces que les tensions entre la Russie et l’Ukraine font peser sur les approvisionnements en gaz de l’UE.

 

La différence de 5 % entre l’objectif initial de 25 % et les 30 % réclamés par M. Juncker représente une réduction de 11,5 % des importations de gaz de l’UE.

 

Les achats de gaz à la Russie couvrent 25 % des besoins des pays de l’UE, pour une facture totale de 35 milliards d’euros en 2013, soit 3 milliards par mois, selon la Commission.

 

« Les dirigeants européens veulent être moins dépendants du gaz russe, mais dès que l’heure est venue de mettre l’argent sur la table, ils ne veulent plus », a déploré la source européenne proche du dossier.

 

Les États membres montrent beaucoup de réticence par rapport aux objectifs présentés par la Commission.

3 commentaires
  • Richard Lapierre - Inscrit 23 juillet 2014 11 h 33

    Pathétique les Verts

    La photo est éloquente. En Allemagne, le parti Vert a mis fin à la filiale nucléaire soi-disant pour protéger l'environnement. Résultat? Les centrales au charbon. Bravo les verts. Bêtise et irrationalisme total!

  • Guy Lafond - Inscrit 24 juillet 2014 07 h 16

    Du courage et de la ténacité à cultiver. Et vite!


    Pour le moment, il y a sur le vieux continent une volonté observable de prendre le taureau par les cornes.

    Il y a une fermeté européenne pour tenter de réduire son empreinte écologique.

    Et les États-Unis, eux? Et le Canada, lui? Et les Émirats arabes unis, eux? Et le Qatar, lui? Et l'Australie, elle?

    Tous ces pays doivent montrer l'exemple pour que de nouveaux accords globaux puissent être signées aussi par les pays les plus peuplés du monde.

    Le travail est commencé. Il est douloureux.

    Mettre au monde un nouveau paradigme!

  • Elaine Vachon - Inscrite 25 juillet 2014 09 h 31

    Pas assez

    En 2030? Ils auront les pieds, les jambes et le torse dans l'eau en tenant leur pancarte "Réduction de 30 %".