Un comité du gouvernement contrôlera l’EES sur les énergies fossiles, annoncent les libéraux

«Le gouvernement est favorable au développement de la filière des hydrocarbures», a déclaré le ministre des Ressources naturelles Pierre Arcand par voie de communiqué vendredi. 
Photo: François Pesant Archives Le Devoir «Le gouvernement est favorable au développement de la filière des hydrocarbures», a déclaré le ministre des Ressources naturelles Pierre Arcand par voie de communiqué vendredi. 

Les libéraux de Philippe Couillard ont décidé de confier l’évaluation environnementale stratégique (EES) sur les énergies fossiles à un comité présidé par des représentants du gouvernement, qui devront s’assurer de l’« objectivité » de la démarche. Une consultation publique aura aussi lieu, mais elle se fera « en ligne » et à la toute fin du processus.

 

Par voie de communiqué, le gouvernement a indiqué vendredi que le « comité directeur » chargé de l’EES sera composé de représentants gouvernementaux et « d’experts des milieux universitaires ou d’autres organismes indépendants ». Aucun nom n’a été précisé, mais ceux-ci devraient être connus « prochainement ».

 

Ce comité sera coprésidé par la sous-ministre aux Ressources naturelles et le sous-ministre à l’Environnement. Les ministères des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, des Finances, de la Sécurité publique et des Transports seront aussi représentés.

 

« Outre les partenaires rencontrés dans le cadre des travaux des chantiers, une consultation publique en ligne sera menée par le comité directeur avant la publication du rapport final. »Selon le document publié vendredi, celle-ci devrait avoir lieu à l’automne 2015.

 

Délais serrés

 

Chose certaine, les délais seront pour le moins serrés. Selon le calendrier des travaux prévus pour l’ensemble de la filière des hydrocarbures, le comité devra compléter le « bilan des connaissances et le plan d’acquisition des connaissances » d’ici la fin de cette année.

 

Toutes les études nécessaires pour réaliser l’évaluation devront avoir été reçues avant la fin de l’été 2015. La consultation publique doit ensuite avoir lieu à l’automne et la publication du rapport final est prévue à la fin de l’automne. Ce rapport doit comprendre « une analyse de la viabilité commerciale et de la planification des activités subséquentes de mise en valeur, le cas échéant ».

 

Le document doit aussi inclure les résultats de l’EES pour l’île d’Anticosti, qui ne sera pas complétée avant l’automne 2015, si le gouvernement décide d’aller de l’avant avec les forages avec fracturation prévus sur l’île.

 

À titre de comparaison, le rapport de l’EES réalisée par la firme Genivar et portant uniquement sur le golfe du Saint-Laurent — une étude commandée par les libéraux — a nécessité près de trois ans de travaux.

 

Cette fois, le gouvernement souhaite compléter l’EES pour Anticosti, la Gaspésie, le golfe du Saint-Laurent et les basses terres du Saint-Laurent en à peine une année. Le tout doit en outre être suivi rapidement du dépôt d’une loi pour encadrer l’exploration et l’exploitation des énergies fossiles au Québec. Une telle législation n’existe pas à l’heure actuelle.

 

Oui au pétrole

 

Même si le gouvernement Couillard vient tout juste de lancer le processus d’évaluation, il ne cache pas son préjugé favorable envers l’exploitation d’énergies fossiles au Québec.

 

« Tel qu’il a été mentionné lors de l’annonce [du plan d’action sur les hydrocarbures], le gouvernement est favorable au développement de la filière des hydrocarbures, a déclaré le ministre des Ressources naturelles Pierre Arcand par voie de communiqué vendredi. Bien que l’exploration et l’exploitation pétrolière et gazière suscitent des espoirs de prospérité et d’enrichissement collectif, nous voulons nous assurer que ces espoirs sont fondés, et le cas échéant, veiller à ce que les travaux soient effectués en suivant les meilleures pratiques. »

 

« Le développement de nos hydrocarbures, qui sont une source potentielle de création derichesse, nous permettrait de réduire notre dépendance à l’égard des importations et pourrait aussi financer une transition vers d’autres formes d’énergie », a ajouté son collègue del’Environnement, David Heurtel. Selon lui, exploiter d’éventuelles ressources fossiles serait compatible avec la volonté gouvernementale de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

21 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 12 juillet 2014 01 h 38

    Cessons de penser en silo...

    Ces gens qui sont nos mandataires politiques, et qui forment le gouvernement, sont du même acabit que ceux et celles qui se promènent devant la Commission Charbonneau, qui s'appropient indûment les deniers du Trésor public et qui nous mentent à journée longue. Assez de nous insulter, d'insulter notre intelligence!
    La consultation annoncée est déjà écrite d'avance.

    • André Bastien - Abonné 13 juillet 2014 22 h 41

      On se souviendra que Daniel Breton à été forcé de démissionner comme ministre de l'environnement pour avoir été rendu visite au BAPE. On l'accusait d'ingérence politique au BAPE qui doit être indépendant pour être objectif.

      Les libéraux ne se cassent pas la tête. Pour être objective, l'EES sera présidée directement par le pouvoir politique, par les sous-ministres!!! On ne tente pas d'influencer le BAPE, on l'élimine carrément.

      Sans parler du ministre de l'éducation qui se met 400000$ de nos deniers dans ses poches, comme "side Line" de sa job de député.

      As-on le gouvernement que l'on mérite?

  • François Beaulé - Abonné 12 juillet 2014 05 h 50

    Réduire nos émissions de GES

    Les émissions de l'Alberta et celles de la Saskatchewan ont fortement augmenté avec l'exploitation de leurs ressources pétrolières. Prétendre que l'exploitation du pétrole et du gaz fera diminuer les nôtres est de la fumisterie.

    Même si le Québec réussissait à diminuer ses émissions tout en exploitant ses ressources d'énergie fossile, le bilan global, planétaire sera une augmentation des GES. Si la pétrole et le gaz éventuellement produit ici n'est pas brûlé ici, il sera brûlé ailleurs. Les émissions de GES est un problème global, il faut mesurer les conséquences de l'augmentation de l'offre de pétrole et de gaz globalement.

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 13 juillet 2014 16 h 00

      Il est prévu de ne pas tenir compte d'Anticosti si le projet à lieu dans le calcul. Les torchères qui y brûleront à en faire un jour la nuit sur l'Ile fera complètement explosé notre production de GES.

      Quand le ministre dit : exploiter d’éventuelles ressources fossiles serait compatible avec la volonté gouvernementale de réduire nos émissions de gaz à effet de serre" , c'est du mensonge bien grossier. Pourraient-ils au moins de sortir des mensonge un minimum crédibles?

  • Patrice Giroux - Inscrit 12 juillet 2014 07 h 10

    L'objectivité libérale

    Au lieu d'une sortie du pétrole, ces cancres nous poussent à en dépendre davantage, pour des raisons économiques étroites, arrivistes, négatives, injustifiables. Et le PQ là-dessus était tout aussi décevant, bien qu'il semblait financer la sortie du pétrole pour cette première phase d'exploitation, ce qui s'avérait un leurre.
    L'estuaire du Saint-Laurent deviendra une autre des trop nombreuses zones mortes qui jonchent la surface de la planète. Pour ce qui est de l'illustre David Heurtel, qui croit compatible l'exploitation des ressources fossiles à la réduction des émissions de GES, nous avons là la démonstration de ce qu'est l'objectivité libérale. Un ramassis d'inepties et de sophismes à la noix qui lubrifie la machine économique qui exploite l'environnement comme s'il était en silo, et socialise les coûts. Ils sont pathétiques, entêtés et perfides.

  • Serge Lemay - Inscrit 12 juillet 2014 07 h 29

    Bof !

    Rien d'étonnant à ce que nos chers libéraux nomment le renard en charge de la surveillance du poulailler. Ajoutons à cela une consultation publique en ligne et le tour est joué !

    On voit là comment l'élection de Philippe Couillard vient harmoniser les relations avec son homologue fédéral Stephen Harper.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 12 juillet 2014 07 h 57

    Aveuglement volontaire et devoir d'état d'un ministre du développement durable...

    Nous devrions limiter grandement nos attentes envers ce comité, le meilleur exemple étant le comportement du ministre actuel de l'environnement à l'égard du projet de Port-Daniel. La semaine dernière, le ministre Heurtel a dit qu'il ignorait quelles seront les émissions de GES à Port-Daniel. Cette ignorance me surpend grandement d'autant que le Québec y investit des centaines de millions et qu'il en faudra encore plusieurs dizaines d'autres pour, dans quelques années, rendre l'ensemble du projet moins polluant ! Serions-nous en présence d'un autre cas d'aveuglement ministériel volontaire, surtout qu'il émane d'un ministre de l'environnement et du développement durable. Si oui, c'est que ce dernier entend désormais plaire en faillissant à son devoir de ministre du développement durable. Attendons et nous verrons bien.