Un bilan carbone exemplaire en 2050? Possible, selon un rapport remis à Ban Ki-moon

Du concret à la table des négociations sur le changement climatique : un rapport, remis mardi au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, montre pour la première fois comment 15 des pays les plus polluants, dont la Chine et les États-Unis, peuvent se « décarboner » d’ici à 2050.

 

La communauté internationale s’est fixé comme objectif de limiter le réchauffement à 2 °C, or « très peu de pays ont regardé sérieusement ce que ça implique », souligne le Deep Decarbonization Pathways Project (DDPP) dans son premier rapport.

 

Les efforts actuels de réduction de gaz à effet de serre (GES), dont le CO2 compte pour 76 %, sont bien trop marginaux.

 

Pour respecter ce seuil de 2 °C, au-delà duquel « il y a un risque extrême pour le futur bien-être de l’humanité », il faut une « transformation profonde des systèmes énergétiques et de production, de l’industrie, de l’agriculture… », insiste le rapport.

 

Aussi, une trentaine d’institutions et groupes de recherche d’Afrique du Sud, d’Australie, d’Allemagne, du Brésil, du Canada, de Chine, de Corée du Sud, de France, des États-Unis, d’Inde, d’Indonésie, du Japon, du Mexique, du Royaume-Uni et de Russie, soit plus de 75 % des GES dans le monde, ont relevé le défi et répondu à la question suivante : « Que faut-il faire pour, en 2050, avoir une chance d’être sur une trajectoire de 2 °C, soit n’émettre plus en moyenne que 1,6 tonne de CO2 par personne, contre 5,2 tonnes aujourd’hui ? »

 

Cette initiative, de l’Institut du développement durable (IDDRI) et du Sustainable Development Solutions Network (créé par l’ONU), vise à poser des scénarios ambitieux sur la table, espérant ainsi hisser le niveau d’ambition pour la conférence climat de Paris qui doit aboutir au premier accord de réduction de GES impliquant tous les pays.

 

« Les négociations sont un jeu de poker menteur. Quasiment personne ne regarde ce qu’il faudrait qu’il fasse pour être sur cette trajectoire, parce qu’il dit que les autres ne le font pas… Là, on a dit : on le fait tous, plus d’excuses », explique le responsable du projet, Emmanuel Guérin.

 

Bilan : en 2050, les émissions de CO2 liées à la consommation d’énergie (qui ne comptent donc pas la déforestation ou autres émissions de l’agriculture) pourraient être réduites de 45 % par rapport à 2010 (de 22,3 milliards de tonnes à 12,3), soit une baisse de 56 % par habitant.

 

En dépit de réalités très différentes, trois grands chantiers s’imposent : l’efficacité énergétique, soit faire mieux avec moins d’énergie (conception des voitures, matériaux de construction…), produire de l’électricité sans carbone (énergies renouvelables, nucléaire, stockage de CO2…) et utiliser des carburants moins polluants (électricité, biomasse…).

2 commentaires
  • Jean Santerre - Abonné 9 juillet 2014 09 h 08

    Les solutions sont déjà là.

    Le Québec a des ressources énergétiques renouvelables en abondance d’électricité et pourrait être beaucoup plus engagé à promouvoir son utilisation rationnelle dans plusieurs sphères prometteuse comme l’électrification des transports.
    Cette semaine on inaugurait deux sites de recharge sur rue de niveau 2 alors que tous attendent le niveau 3 depuis longtemps.
    Les normes de construction Novoclimat ou LEED ne sont que suggérées et bien que plusieurs constructions les appliquent, c’est un geste volontaire qui n’est que pas obligatoire et donc insuffisamment appliqué.
    Ces mesures, et bien d’autres gagneraient à être incluses et appliquées de manière structurée et planifiée dans un plan global d’efficacité et d’indépendance énergétique qui tiendrait compte des objectifs de réduction des GES.
    Cela s’appelle planifier l’avenir, mais où sont les meneurs politiques ici ou ailleurs?

    • Danielle Caron - Inscrite 10 juillet 2014 09 h 31

      Pour ce faire, il nous faudrait des meneurs politiques vraiment ouverts aux changements, prêts à affronter les compagnies pétrolières et autres pollueurs, qui font preuve de courage et dont les actions ne sont pas uniquement dictées par la soif de pouvoir.

      L'éducation des masses afin que l'on sorte de la "mentalité cul-de-sac" avec cette phrase que l'on entend de toutes parts "mais le pétrole, on peut pas s'en passer, de toutes façons" et l'éducation afin de renverser la nouvelle tendance à balayer du revers de la main, avec ironie et sarcasme, le discours et le travail des environnementalistes et des écologistes.
      Le Québec a tout ce qu'il faut pour changer les choses, mais le québécois ne saisit pas encore la gravité de la situation. On continue comme si de rien n'était, en route vers le mur à 120 à l'heure.