Manchot empereur: la marche vers le déclin a commencé

Un manchot empereur sur les côtes de la Nouvelle-Zélande. Le recul de la glace en Antarctique met en péril la ponte ainsi que l’alimentation de l’espèce.
Photo: Richard Gill / Department of Conservation / AFP Un manchot empereur sur les côtes de la Nouvelle-Zélande. Le recul de la glace en Antarctique met en péril la ponte ainsi que l’alimentation de l’espèce.

Les colonies de manchots empereurs vont péricliter d’ici 2100 sous l’effet du réchauffement climatique, ont prévenu dimanche des chercheurs, qui recommandent que cet oiseau emblématique soit classé comme une espèce menacée et que des mesures soient prises pour protéger son habitat dans l’Antarctique.

 

Rendu célèbre en 2005 grâce au film La marche de l’empereur, l’oiseau est le plus grand et le plus lourd de toutes les espèces de manchot et vit exclusivement en Antarctique.

 

Une nouvelle étude met en lumière le rôle crucial de la glace de mer pour ce manchot, qui y pond et y élève ses petits. La même glace lui assure sa subsistance en abritant ses proies — poissons et petits crustacés — et en maintenant ainsi la chaîne alimentaire dont il dépend.

 

La moitié moins

 

Le recul de la glace de mer provoqué par le réchauffement climatique se traduirait par le déclin de l’intégralité des 45 colonies de manchots empereurs connues à ce jour, selon une simulation effectuée pour cette étude.

 

« Au moins les deux tiers des colonies devraient avoir diminué [de plus de] 50 % par rapport à leur taille actuelle », préviennent les auteurs dans la revue britannique Nature Climate Change.

 

La trajectoire de chaque colonie est différente, mais « d’après les projections, la population globale devrait avoir diminué d’au moins 19 % » en 2100, après avoir progressé de 10 % en moyenne d’ici à 2048.

 

Les chercheurs estiment que ce sont les colonies situées entre la mer de Weddell, à l’est, et l’océan Indien, à l’ouest, qui subiront le déclin le plus marqué, tandis que celles de la mer de Ross seront les plus épargnées. D’après leurs calculs, la population de manchots de la mer de Ross continuera même à augmenter jusqu’en 2100, avant de régresser après cette échéance.

 

« Nos résultats indiquent qu’au moins 75 % des colonies de manchots empereurs sont au minimum vulnérables au regard des variations futures de la glace de mer, et que 20 % d’entre elles seront probablement quasiment éteintes d’ici 2100 », souligne l’étude.

 

À la lueur de ces résultats, les chercheurs estiment que le manchot empereur « mérite pleinement un statut d’espèce menacée par le changement climatique », en référence à la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

 

L’oiseau antarctique y est actuellement classé comme espèce « presque menacée », avec une population considérée comme « stable ».

2 commentaires
  • André Desrochers - Inscrit 1 juillet 2014 17 h 57

    Conclusion non fondée?

    Cette étude souffre de nombreux raccourcis, notamment les suppositions non fondées relatives à la fidélité aux sites coloniaux et l'absence supposée d'impacts du dérangement par les biologistes. Connaît-on réellement la dynamique spatio-temporelle de ces oiseaux? L'écologiste Jim Steele démolit cette étude médiatisée dans un essai intitulé "Blinded by Beliefs: The Straight Poop on Emperor Penguins". Hélas, crier à la catastrophe est tellement plus facile et accrocheur.

  • Marc-André Saint-Pierre - Inscrit 2 juillet 2014 00 h 23

    Le gros bon sens

    Pas besoin de 150 études pour comprendre que nous avons un impact majeur sur notre environnement. Peut-être que lorsque nous étions des millions sur la terre notre influence était insignifiante mais aujourd'hui à un 7 milliards grandissant chaque geste pèse pour beaucoup.
    Comment pourrons nous cesser de nuire aux manchots si ce n'est qu'en diminuant drastiquement notre niveau de pollution et d'émissions de gazs à effet se serre?!
    Il faut savoir que le méthane est un gaz à effet de 23 fois plus puissant que le CO2.
    La seule façon se sauver les manchots du déclin qu'en partie nous leur imposons c'est d'arrêter d'abuser des autres animaux.