Forages à Anticosti : Pétrolia est confiante

Myron Tétreault
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Myron Tétreault

Désormais partenaire du gouvernement dans l’exploration pétrolière sur Anticosti, Pétrolia promet qu’elle sera en mesure de mener les travaux dont elle a la charge en accord avec la « philosophie » des Québécois. Elle doit d’ailleurs commencer dans quelques jours 18 nouveaux forages répartis dans plusieurs secteurs de l’île.

Lors de son passage sur l’île d’Anticosti, Le Devoir a demandé à Pétrolia une copie de la carte précisant les emplacements de ces « sondages stratigraphiques » prévus cette année. L’entreprise a refusé de nous transmettre ce document. Nous l’avons cependant obtenu auprès d’une source bien au fait du dossier.

Cette carte indique où devraient être menés les forages. Ceux-ci sont situés dans plusieurs secteurs, d’ouest en est de l’île. On en retrouve plusieurs au coeur de l’île, où des forages ont déjà été faits dans le passé, notamment par Hydro-Québec pétrole et gaz. C’est la société d’État qui avait cédé ses permis à Pétrolia en 2008, en vertu d’une entente longtemps tenue secrète.

La carte indique également que des travaux seront effectués près de l’unique village de l’île, Port-Menier. On vise notamment le secteur du lac Plantain. Ce lac à l’eau cristalline est considéré comme le principal lieu de villégiature des Anticostiens durant la période estivale.

Le pétrole « est là »

 

Le président du conseil d’administration de Pétrolia, Myron Tétreault, confirme que l’entreprise Hydrocarbures Anticosti — dont elle détient 21 % — effectuera 18 forages sur une période de six mois. Quatre foreuses seront à l’oeuvre. Ces « sondages stratigraphiques » doivent commencer à la mi-juillet, une fois les sites déboisés. Ce déboisement a déjà débuté, a appris Le Devoir.

L’objectif est de « caractériser le gisement du Macasty, qui se trouve un peu partout sur l’île », explique M. Tétreault. Cette formation géologique, qui se situe à environ 1000 mètres de profondeur, est celle qui est susceptible d’avoir retenu le pétrole formé il y a de cela des millions d’années.

À partir des informations obtenues en analysant les « carottes » de forage, on précisera les sites où seront effectués trois forages avec fracturation à l’été 2015. Myron Tétreault est d’ailleurs « confiant » pour la suite des choses. « Avec les trois forages de 2015, nous voulons déterminer les taux de récupération et la rentabilité du gisement. Nous sommes assez confiants. L’objectif n’est pas de trouver du pétrole. Il est là, nous le savons. Il faut préciser notre capacité de le produire de façon rentable. »

L’objectif formulé par la pétrolière — qui a neuf lobbyistes inscrits au registre québécois — se retrouve d’ailleurs parmi ceux formulés dans le document de présentation de l’évaluation environnementale stratégique lancée récemment par le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Pétrolia, qui a ouvert récemment un bureau d’information à Port-Menier, se veut rassurante quant aux travaux. « Nous faisons des efforts pour travailler avec le gouvernement et les gens de l’île, explique M. Tétreault. Nous utilisons les plus hauts standards et nous avons l’occasion de démontrer notre capacité à faire ce travail d’une façon qui est conforme à la philosophie des Québécois. »

3 commentaires
  • Marc G. Tremblay - Inscrit 28 juin 2014 08 h 53

    Merde !

    Cette pièce de théatre, faite au Québec par des québécois, mérite de tenir la scène quelques décennies..., mais pas plus ?

  • André Savary - Abonné 28 juin 2014 09 h 01

    Lac Mégantic...

    Quel beau cafouillage en perspective... On est incapable de faire circuler des trains mais nous pourrons extraire du pétrole de shiste et le transporter...j'ai de gros gros doute...
    Et que dire de la brochette de lobbyiste, Boisclair part de lobbyiste pro gaz à conseiller à l'environnement...Coudonc on rit de nous!

  • Marc Durand - Abonné 30 juin 2014 08 h 19

    Les plus hauts standards?

    J'ai pu voir sur le site du récent forage de Pétrolia (Princeton Lake foré en 2012) à Anticosti ce que signifie pour les foreurs "les plus hauts standards"; ce n'est pas très reluisant: au moins une dizaine de litre du gel qui sert au mélange de la boue de forage à été en fin de travail déversé directement dans le petit boisé plutôt que d'être ramené. Assez typique du comportement des équipes de foreurs quand ils œuvrent dans des secteurs isolés, sans surveillance évidemment.