Vives inquiétudes à l’ouverture des travaux du BAPE sur l’uranium

Des représentants des Cris, des groupes écologistes et l’un des plus grands experts canadiens des technologies nucléaires, Gordon Edwards, ont assisté mardi soir au début des préconsultations de la commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur les enjeux de la filière uranifère au Québec.

 

D’ici la mi-juin, la commission donnera l’occasion aux citoyens, aux groupes de la société civile, mais aussi aux entreprises minières de faire part de leurs opinions sur l’exploitation de l’uranium au Québec. La commission, présidée par Louis-Gilles Francoeur, se déplacera dans une douzaine de villes de la province, de Mont-Laurier à Kuujjuaq en passant par Chibougamau, Sept-Îles et Québec. Cet automne, une période de « questionnement et d’information » est aussi prévue et plus tard dans l’année, il y aura « la présentation des mémoires ».

 

Les Cris s’opposent

 

Pour l’ouverture des travaux, le grand chef des Cris, Matthew Coon Come, a tenu à être le premier à prendre la parole pour signaler clairement à la commission que sa nation s’opposait fermement à l’exploitation des gisements d’uranium sur ses terres. « Nous sommes contre les mines d’uranium parce que les risques sur l’environnement et la santé sont trop élevés. Ce type de mine produit des déchets radioactifs qui demeurent toxiques pour des centaines de milliers d’années », a-t-il indiqué, en demandant à ce que la question de « l’acceptabilité sociale » soit au coeur des travaux de la commission.

 

Résidus dangereux

 

Le président de Coalition canadienne de la responsabilité nucléaire, Gordon Edwards, a lui aussi signalé que l’exploitation de l’uranium risquait d’hypothéquer l’avenir des prochaines générations. « Il faut savoir que 85 % de la radioactivité contenue dans le minerai reste dans les résidus d’uranium, et ces substances sont plus dangereuses que l’uranium en soi. Alors qui risque de payer la note ? » a mentionné M. Edwards, qui est l’une des sommités en physique nucléaire au pays.

 

Le coprésident de la Société pour vaincre la pollution Daniel Green a pour sa part demandé à la commission de ne pas se limiter uniquement aux risques liés à l’uranium. « Il n’y a pas seulement des mines d’uranium qui émettent des radioéléments, il faudrait aussi inclure dans cette étude les impacts des mines de lithium et de terres rares qui sont en développement », a-t-il réclamé.

 

Pour le moment, aucune mine d’uranium n’est exploitée au Québec. En mars 2013, l’ancien ministre de l’Environnement Yves-François Blanchet avait décrété un moratoire sur l’uranium le temps de permettre au BAPE d’évaluer « les impacts environnementaux, sociaux et économiques » de ce minerai. Depuis, aucun certificat d’autorisation n’a été délivré aux compagnies minières désirant exploiter l’uranium. Cette mesure a été dénoncée par la compagnie Ressources Strateco, dont le projet Matoush, situé dans les monts Otish, est le plus avancé à l’heure actuelle et a été ralenti par la mise sur pied de cette commission.


 
4 commentaires
  • Guy Vanier - Inscrit 21 mai 2014 03 h 25

    Vous rêvez en couleur!

    <Le président de Coalition canadienne de la responsabilité nucléaire, Gordon Edwards, a lui aussi signalé que l’exploitation de l’uranium risquait d’hypothéquer l’avenir des prochaines générations. « Il faut savoir que 85 % de la radioactivité contenue dans le minerai reste dans les résidus d’uranium, et ces substances sont plus dangereuses que l’uranium en soi. Alors qui risque de payer la note ? » a mentionné M. Edwards, qui est l’une des sommités en physique nucléaire au pays.>

    Si vous pensez que le bon sens et l'avenir des générations futures vont être pris en considérations dans la décision finale.......
    Le moto des compagnies et des gouvernements, leur valets est maintenant:
    Je ne serai plus là et toi non plus.

  • Richard Lapierre - Inscrit 22 mai 2014 07 h 16

    Edwards l'alarmiste

    M. Edwards est avant tout un alarmiste et propagandiste anti-nucléaire qui exagère les risques, attise des peurs irrationelles et appuit les thèses extrêmes des environnementalistes de Greepeace qui ne connaissent rien du nucléaire. Rien à voir avec un sommité en physique nucléaire.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 22 mai 2014 16 h 56

      Mais dans quel monde fantastique vivez-vous? L'uranium est un produit dangereux et seules les sociétés d'exploitation minière le renient ou s'en contrefichent.

    • Richard Lapierre - Inscrit 22 mai 2014 19 h 41

      Mais dans quel monde vivez vous? La terre est remplie d'uranium et vous en respirez les gas en ce moment dans le confort de votre foyer (radon). Exploiter des mines d'uranium n'augmentera aucunement les risques déjà présent dans la nature si c'est fait en respectant les normes de sécurité internationales. Vous avez des produits dangereux dans votre garage qui présentent des risques bien pire pour votre sécurité, sans compter tout ce qui voyagent sur nos routes y compris des produits radioactifs pour les hôpitaux qui circulent en abondance. Les alarmistes et propagandistes antinucléaires comptent sur l'ignorance des gens pour alimenter des peurs irrationelles et vous en êtes le parfait exemple.