Et si l’avenir de Montréal se dessinait en vert…

Normand Thériault Collaboration spéciale
Photo: SOURCE NEWSCOM

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Est-il farfelu de croire que l’on peut ajouter sur le territoire de la métropole québécoise 375 000 nouveaux arbres, tout en remplaçant les frênes gangrenés ? « Non », répond la Corporation Saint-Laurent, elle qui pilote les activités accompagnant ce 22 avril, Jour de la Terre. Et cela ne peut que recevoir l’assentiment de la Communauté métropolitaine de Montréal, elle qui a déposé et fait accepter un plan qui met le respect de l’environnement au coeur du développement.

Les années passent. On avait voulu que Montréal soit un nouveau Manhattan. C’était au temps de l’administration Drapeau. Et les tours devaient surgir d’abord dans le secteur avoisinant l’Université McGill, ou encore, après quelques réalisations, de ce Colisée, une tour d’habitation sise à l’angle Sherbrooke et Sainte-Famille, jusqu’à La Cité, ce vaste complexe où le résidentiel et le commercial allaient se partager quatre tours, et suivirent autant de propositions de même nature. Mais il y eut un holà : celui d’une Phyllis Lambert et d’un groupe de citoyens (les Milton Parc !), qui mirent alors à mal une telle proposition.

 

Et lentement, on allait penser une nouvelle ville, autre. Et l’avenir devrait démontrer qu’il serait possible de faire cohabiter l’homme et la nature, que le développement ne se mesurait pas seulement en mètres cubes de béton et en surface asphaltée.

 

Aménagement

 

Il y a trois ans déjà, la Communauté métropolitaine de Montréal déposait son PMAD, le Plan métropolitain d’aménagement et de développement, qui, après consultation, fut accepté par le monde municipal du Grand Montréal, que l’on soit de l’île ou des couronnes nord et sud.

 

Les villes seront donc aménagées selon les axes du transport en commun et leur densité sera augmentée, tout cela étant fait au nom de la protection des sols afin d’éliminer les effets néfastes qu’entraîne l’étalement urbain. Mais il y aura aussi plus : accès aux berges et respect de l’environnement naturel, les zones humides cessant d’être des secteurs à faire disparaître.

 

Montréal s’est donc donné des moyens lui permettant d’inscrire la nature dans sa trame. Et d’ainsi circonscrire tout développement sauvage.

 

Vaste plantation

 

Pour d’autres, s’il faut parfois interdire, légiférer, il faut aussi intervenir. Et pour ce 22 avril prochain, Jour de la Terre, la Corporation Saint-Laurent dépose un projet original, où les citoyens, les entreprises, les corporations, bref, tout le Montréal citoyen, corporatif et institutionnel, pourront devenir des acteurs de changement. Comment ? En participant à une vaste campagne de plantation d’arbres (un Guinness arboricole, quoi !) qui ajouterait, en 2017, année du 375e anniversaire de la fondation de la ville par Maisonneuve, 375 000 arbres sur le territoire de l’île.

 

Et donc, concert, collectes et consultations suivront pour amener à terme ce vaste projet. Et tout cela en recherchant l’appui de toutes les collectivités, locales ou institutionnelles. « Des villes, des organismes et des agriculteurs pourront nous dire combien d’arbres ils planteraient à quels endroits, puis notre comité scientifique choisira, explique ainsi Pierre Lussier, directeur du Jour de la Terre Québec. C’est important que les propositions viennent directement des milieux, mais en même temps, notre comité scientifique s’assurera d’une cohérence pour créer la ceinture verte prévue dans le Plan métropolitain d’aménagement et de développement. »

 

Un jour prochain, donc, une trame reliera le mont Royal au Jardin botanique ou aux parcs des bouts de l’île, comme elle mettra en liaison le Saint- Laurent et la rivière des Prairies. Et ce lien ne sera pas routier : en vert, il se dessinera, et en feuilles il s’animera.

 

La ville serait ainsi meilleure pour ceux et celles qui l’habitent.

1 commentaire
  • Georges LeSueur - Inscrit 19 avril 2014 10 h 25

    Pourqoi pas ?

    Un Montréal plus vert, des parcs, des sentiers, des pistes cyclables, c'est évidemment la voie à choisir pour rendre la grande ville plus agréable, conviviable et accueillante.
    Pour cela il faut réserver des espaces sans doute convoités par les investisseurs et constructeurs immobiliers.
    Il a fallu des sacrifices et l'audace du baron Haussman pour faire de Paris la ville touristique que l'on connaît, avec ses avenues bordées d'arbres, ses parcs et jardins.
    Il n'est jamais trop tard pour privilégier nature, architecture et beauté.