Le GIEC propose des pistes de solution controversées

Le prochain rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), consacré aux moyens de limiter le réchauffement, devrait proposer un recours important aux biocarburants et l’utilisation à grande échelle de la capture et du stockage du carbone. Des pistes de solution qui demeurent controversées.

 

Le GIEC doit ainsi mettre en avant l’idée de développer l’utilisation de la biomasse — composée de matières organiques d’origine végétale — pour produire de l’électricité. Une technique qui serait jumelée avec celle consistant à capturer le carbone émis pour produire de l’énergie et à l’enfouir dans les profondeurs de la terre.

 

Cette avenue suppose en outre que le reboisement et la repousse de diverses plantations permettraient de capturer du carbone supplémentaire, ce qui en ferait une technologie à « émissions négatives », selon des extraits du rapport publiés lundi.

 

Le troisième groupe de travail du GIEC, qui publiera son rapport officiel dimanche, admet néanmoins qu’il existe « de grandes incertitudes » dans le calcul des coûts et des bénéfices de cette technologie.

 

Critiques

 

Les critiques n’ont d’ailleurs pas tardé. Plusieurs ont souligné que l’idée des émissions négatives n’est pas fondée, dans la mesure où la combustion de la biomasse génère de grandes quantités de CO2, en plus des impacts de la déforestation et du transport de la matière.

 

Quant à la capture et au stockage de carbone, son efficacité n’a pas encore été démontrée, ont expliqué au Guardian des groupes critiques des conclusions du GIEC. Qui plus est, il est pour ainsi dire impossible d’envisager le recours à grande échelle à cette technique pour avoir un impact sur le carbone avant 2050. Le recours aux biocarburants est quant à lui montré du doigté pour ses possibles impacts sur l’utilisation du territoire et le prix des aliments, notamment.

 

Outre ces deux pistes de solutions controversées, le GIEC devrait suggérer de faire une plus grande place à l’énergie nucléaire, à l’hydroélectricité et aux énergies renouvelables comme l’éolien, mais aussi le solaire, qui devrait être priorisé.

 

Le troisième groupe de travail est réuni cette semaine à Berlin pour parachever le rapport synthétisant les principales pistes pour limiter le réchauffement climatique.

 

« Sur une base scientifique transparente, notre rapport permet de comprendre les options possibles pour relever ce défi », a déclaré à l’ouverture des travaux Ottmar Edenhofer, coprésident du groupe, cité dans un communiqué.

 

Ce rapport fait suite à celui publié la semaine dernière et qui conclut que les bouleversements du climat ont déjà des impacts « sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et à travers les océans ».

 

La trajectoire actuelle conduirait à une hausse de 4 °C d’ici la fin du siècle. Ce seuil de 4 °C aurait selon les scientifiques des conséquences dramatiques : destruction d’espèces, multiplication d’événements extrêmes, accès à l’eau, baisse des rendements agricoles, terres submergées, etc.

2 commentaires
  • Anick Labelle - Inscrite 8 avril 2014 08 h 26

    Et la décroissance?

    Il n'y a qu'une solution pour réduire durablement les gaz à effet de serre: consommer moins, point. C'est-à-dire embrasser la décroissance économique.

  • Louise Lefebvre - Inscrite 9 avril 2014 13 h 37

    Et la géo-ingénierie...

    Pourquoi on en parle pas...cette technique de plus en plus controversée de par le monde que les gouvernements gardent sous silence, qui consiste à disperser dans l'atmosphère des nano-particules d'alluminium et de baryum et qui voilent le ciel bleu pour plusieurs heures et souvent le reste de la journée. Tout l'hiver, presque tous les jours, nous en Outaouais, avons subi cette technique déprimante de contrôle climatique qui, on peut le dire, fût très efficace car cet hiver a été particulièrement gris et froid ...
    https://www.facebook.com/?sk=welcome#!/groups/stopponsleschemtrailsauquebec/
    Cette technique de contrôle climatique est inacceptable pour plusieurs raisons...la santé publique est menacée car il y a contamination de l'air l'eau et le sol par les produits chimiques, mais l'économie en subit les contre coups: entre autre, hausse de la demande en énergie, cultures en serre et érablières en sont pénalisée, hausse du coût en déneigement...
    Quand on en est rendu à créer des faux nuages pour cacher le soleil, il est temps que l'on revoit notre consommation...