Toujours plus de CO2 dans l’atmosphère

L’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) vient de calculer que le seuil de 400 parties par million (ppm) a été atteint deux mois plus tôt cette année que l’an passé.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) vient de calculer que le seuil de 400 parties par million (ppm) a été atteint deux mois plus tôt cette année que l’an passé.
Nouvelle preuve de l’accroissement de la concentration de CO2 dans l’atmosphère terrestre. L’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) vient de calculer que le seuil de 400 parties par million (ppm) a été atteint deux mois plus tôt cette année que l’an passé.
 

Selon les relevés effectués au-dessus du volcan Mauna Loa de Hawaï, le seuil symbolique a été atteint à la mi-mars. Celui-ci avait été franchi le 9 mai en 2013. Il s’agit d’une mesure ponctuelle et non d’une moyenne annuelle, mais ce seuil symbolique de 400 ppm est le signe que la planète est lancée sur la trajectoire d’un réchauffement climatique.

 

«Ce taux de 400 ppm nous rappelle que le CO2 continue d’augmenter dans l’atmosphère, et à des niveaux toujours plus rapides. Cela coïncide avec l’augmentation des émissions provenant des énergies fossiles», a commenté un des directeurs de la NOAA, James Butler.

 

Il a ainsi rappelé que la concentration de dioxyde de carbone a augmenté de 120 ppm depuis le début de l’ère industrie, dont 90 ppm au cours du dernier siècle. Jusqu’à la révolution industrielle et le recours massif aux énergies fossiles, ce taux n’avait pas dépassé les 300 ppm durant au moins 800 000 ans, selon des prélèvements dans la glace polaire.

 

M. Butler a d’ailleurs souligné que le taux de 400 ppm devrait être constaté de plus en plus tôt dans les années à venir, et sur des périodes plus étendues. Selon les prévisions de l’Organisation météorologique mondiale, la concentration de CO2 dans l’air devrait atteindre dès 2015 ou 2016 une moyenne annuelle de 400 ppm au niveau mondial.

 

Freiner la hausse

 

La situation a de quoi préoccuper les scientifiques qui étudient le climat. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) évalue que pour parvenir à limiter le réchauffement climatique entre 2°C et 2,4°C par rapport à l’ère préindustrielle, il faudrait que la concentration de CO2 plafonne entre 350 et 400 ppm. Les prévisions des scientifiques indiquent toutefois que la concentration de CO2 devrait atteindre 450 ppm d’ici quelques décennies.

 

Selon Michael Mann, spécialiste du climat à l’Université de Penn State, le principal problème est la vitesse avec laquelle les concentrations de CO2 augmentent. «Il n’y a aucun précédent dans l’histoire de la Terre où on a assisté à une augmentation aussi abrupte dans les concentrations de gaz à effet de serre», disait-il l’an dernier à l’Agence France-Presse. «Il a fallu à la nature des centaines de millions d’années pour modifier les concentrations de CO2 à travers des processus naturels, comme l’enfouissement du carbone. Et nous, nous le déterrons, mais pas sur 100 millions d’années. Nous le déterrons et le brûlons sur une échelle de 100 ans, un million de fois plus vite », a aussi dit M. Mann.

 

De plus en plus d’organisations, dont la Banque mondiale, prédisent que l’inaction internationale nous conduit vers une hausse qui pourrait atteindre 4 °C dès 2060. Une telle situation «déclencherait une cascade de changements cataclysmiques, dont des vagues de chaleur extrême, une chute des stocks alimentaires et une montée du niveau de la mer frappant des centaines de millions de personnes», selon la Banque mondiale.

 

Mais le plus difficile est à venir. Il est de plus en plus urgent de mettre la table pour un accord universel qui pourrait être conclu en 2015 et entrerait en vigueur dès 2020. Pour le moment, difficile de voir quelle forme prendrait un futur traité qui inclurait pas moins de 190 pays. Le hic, c’est que la communauté internationale est encore loin d’une entente globale sur la lutte aux bouleversements climatiques. L’Union européenne est le seul bloc a s’être imposé des objectifs contraignants.

7 commentaires
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 4 avril 2014 16 h 12

    Et pendant ce temps ...

    ... le Québec s'apprête à déterrer plus de pétrole.

    Mais c'est pas grave. Nous aurons peut-être une charte.

    Desrosiers
    Val David

    • Danielle Caron - Inscrite 4 avril 2014 17 h 38

      Ça résume bien la situation. Une majorité qui a peur du changement et qui préfère voter pour des corrompus et des gens avides de pouvoir plutôt que lever les yeux et de regarder les choses en face.

  • Pierre Couture - Inscrit 4 avril 2014 18 h 36

    Et pourtant...

    Et pourtant, les États ont dépensé des centaines et des centaines de milliards de dollars pour barbeler leurs territoires d'éoliennes géantes, ces mêmes éoliennes qui devaient réaliser des miracles contre le réchauffement climatique.

    À quoi ont-elles donc servi, ces machines à pales, sauf à engraisser les actionnaires des multinationales du vent.

    À rien sauf à assassiner des espèces menacées, à miner la santé des riverains, à empoisonner les zones agricoles, à semer la discorde dans les communautés et à faire chuter les valeurs immobilières.

    Et dire qu'il se trouve encore quelques farceurs pour prétendre que les éoliennes sont vertes...

    • Bernard Lemonnier - Inscrit 4 avril 2014 21 h 17

      Je saisis bien vos objections, mais avant de rejeter en bloc l’éolienne qui est un moyen parmi d’autres, il faut en évaluer les avantages et les inconvénients avec objectivité et au regard des limites écologiques de notre planète.

  • Guy Lafond - Abonné 4 avril 2014 19 h 10

    @ M. Desrosiers


    Et à tous les décideurs de ce monde,

    Je laisse ma voiture dans le garage, la majeure partie de mon temps. Je me rends faire mon épicerie à pied avec mon sac à dos. Une marche d'environ 1 km.

    J'ai aussi une terre sur laquelle j'aimerais bien y faire trotter un cheval un jour. Un cheval qui produit du crotin, qui engraisse la terre; cette terre qui fait pousser des arbres; et ces arbres qui captent le gaz carbonique dans l'atmosphère et qui rejettent de l'oxygène.

    Bien sûr, on ne peut pas changer nos habitudes du tout au tout du jour au lendemain. Il faut y aller progressivement et montrer l'exemple au Reste du Canada, aux Américains, aux Saoudiens, aux Iraniens, aux Algériens, aux Albertains, aux...

    Ils sont tous intelligents, ces gens-là. Je ne peux par croire?

  • Jacques Morissette - Abonné 4 avril 2014 19 h 43

    Ce n'est pas grave, pensent-ils.

    Ce n'est pas grave, puisqu'on fait de l'argent, disent les commandeurs. Plus de sagesse serait de bon aloi.

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 4 avril 2014 20 h 46

    Le pétrole d'ailleurs est aussi sale...

    4 millions et demi de véhicules circulent sur nos routes. Ces autos, VUS, camions appartiennent à des Québécois et utilisent des produits pétroliers. Ce sont plus de 14 milliards de dollars chaque année que cette dépendance nous coûte. Ce pétrole vient de pays comme le Nigeria où les droits humains sont une mascarade, où la protection de l'environnement une farce et où ceux qui luttent pour ne pas que leur milieu soit détruit et contaminé par les pétrolières se font tuer parce que ces compagnies nous exportent leur or noir. Je préfère de loin que nous assumions les coûts cachés de notre dépendance collective, mais en prenant les moyens pour en amenuiser les impacts au lieu de contribuer à l'inéquité, la gabegie et la corruption qui maintient des populations vulnérables dans la détresse.