Le point de non-retour en voie d’être atteint

Les bouleversements climatiques font déjà sentir leurs effets partout sur la planète, au point où certaines régions du monde sont en voie d’atteindre un point de non-retour. C’est ce qui se dégage d’extraits d’un rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) à paraître lundi.

 

« Au cours des dernières décennies, les changements dans le climat ont eu des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et à travers les océans », constatent les scientifiques dans ce document consacré aux conséquences des bouleversements provoqués par l’activité humaine.

 

Dans ce contexte, prévient le GIEC, même un faible réchauffement dans le futur pourrait provoquer « des changements abrupts et irréversibles ». Jusqu’à présent, la communauté internationale n’est toutefois pas parvenue à s’entendre sur des mesures qui pourraient permettre de freiner la tendance climatique actuelle.

 

Le temps presse, affirme pourtant le GIEC. Dans le rapport attendu lundi, il fait valoir que les bouleversements sont tels que certaines régions du monde pourraient se retrouver bientôt à un tournant. Pour d’autres, ce point a déjà été franchi. Par exemple, « les récifs de corail et les écosystèmes arctiques subissent déjà des changements irréversibles ».

 

Impacts multiples

 

Pour l’humanité, les impacts appréhendés seront multiples. La production alimentaire mondiale devrait notamment subir les contrecoups des changements provoqués par l’activité humaine. La production de céréales (blé, riz, maïs) pourrait baisser de 2 % par décennie, alors que la demande risque de bondir de 14 % d’ici à 2050.

 

Les pêcheries mondiales risquent aussi d’encaisser des reculs significatifs. Dans les zones les plus méridionales, notamment, des espèces pourraient carrément disparaître. Déjà, le Programme des Nations unies pour l’environnement prévoit qu’il ne sera plus possible d’exploiter commercialement les poissons des océans d’ici 2050.

 

Les bouleversements climatiques devraient en outre affecter la croissance économique, en plus de créer de nouveaux foyers de pauvreté. En fait, une combinaison d’impacts pourrait même provoquer des conflits sociaux, voire des guerres, estime Saleemul Haq, un des auteurs du rapport du GIEC.

 

Ce document est le fruit d’un travail international de plus de 300 scientifiques et doit ensuite être approuvé par des représentants de 115 pays. Il suit la publication, en septembre dernier, d’un premier rapport qui précisait l’ampleur du réchauffement et la responsabilité humaine dans le phénomène.

 

Le rapport doit servir à l’élaboration d’un accord mondial de lutte contre les changements climatiques. L’objectif de la communauté internationale est de parvenir, lors de la Conférence des Nations unies qui se tiendra en 2015 à Paris, à un accord mondial et contraignant permettant de contenir le réchauffement à 2 °C d’ici 2100. Au-delà de ce seuil, les scientifiques estiment que des conséquences dramatiques seront inévitables. Actuellement, la trajectoire climatique place la terre sur un réchauffement de 4 °C à 5 °C.

28 commentaires
  • Marcel Dubien - Inscrit 29 mars 2014 01 h 01

    "Ils" ne feront rien.

    Les principaux intéressés ne feront rien de sensible.

    Les pays sont dirigés par des intérêts économiques qui ne se plieront jamais à ralentir leur croissance.

    D'une part les pays sont en concurrence de marchés, d' autre part aucune instance mondiale n' existe pour infléchir cette compétition effrenée, au contraire c'est le "libre marché".

    Il va falloir faire avec et ca va être coûteux, non seulement économiquement mais aussi en nombre de vies sacrifiées sur l' autel du laissez-faire.

    What a wonderfull world?

    • Kim Cornelissen - Inscrite 29 mars 2014 12 h 21

      C'est beaucoup plus compliqué que ça. Au-delà du financement du dénigrement environnemental orchestré par certaines grandes entreprises, souvent en accord avec des gouvernements (Canada, Australie en ce moment), la question de l'action pour atténuer les changements climatiques est difficile à toucher parce que l'ampleur est tellement grande que peu de gouvernements, peu importe le pallier, savent pas où commencer. C'est un sujet qu'ON ne veut pas traiter, et c'est souvent la même chose au niveau local. Par ailleurs, le problème des systèmes politiques, c'est que les changements climatiques sont un dossier parmi tant d'autres, et souvent perçu comme étant à moyen ou à long terme alors qu'il y a beaucoup de crises à court terme. Bien que ce soit une analyse tronquée, il faut reconnaître qu'hormis certains lobbys très visibles et très bien organisés, il y a beaucoup d'impuissance à savoir comment agir dans ce dossier... Et m'sieur, madame tout le monde s'inquiète sans savoir comment agir ou en se faisant proposer des solutions qui sont hors proportion avec l'ampleur des changements climatiques (ex: réutilisation de sac d'épicerie ou baisser d'un degré le chauffage en hiver la nuit...).

    • Éric Thiffault - Abonné 29 mars 2014 12 h 27

      Félicitation. En quelque lignes vous avez résumé notre prochain siècle. Sommes nous capable d'éviter le pire ? Etre ou ne pas être, telle est la question...

    • Pascale Bourguignon - Inscrite 29 mars 2014 13 h 41

      pour répondre à Kim,
      Oui, tout cela est trés vrai, mais la premiêre chose à faire est de montrer que nous voulons faire quelque chose, c'est à dire refuser de voter pour des partis qui n'abordent pas ou peu le sujet. Plus il y a de citoyens qui font un geste dans ce sens plus les choses semblent possible. Il faut réellement enclancher un mouvement pour que le reste suive.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 30 mars 2014 11 h 23

      Mme Kim Kornelissen,

      Dans la présente campagne, il y a un parti qui propose un plan sérieux pour changer radicalement notre économie pour la sevrer de sa dépendance aux combustibles fossiles:

      http://www.quebecsolidaire.net/wp-content/uploads/

      Tout parti qui évite cet enjeu est irréaliste et n'a pas les pieds sur terre. Les rêveurs et les pelleteux de nuages, dans ce cas-ci, ne sont pas ceux qu'on pense.

    • Pierre Couture - Inscrit 30 mars 2014 11 h 53

      Chacun s'entend pour dire qu'il faut faire quelque chose et, comme il semble évident, on ne sait pas quoi.
      Par exemple, de nombreux gouvernements ont englouti des dizaines de milliards de dollars dans la calamiteuse filière éolienne, laquelle filière accroît les émissions de gaz à effet de serre au lieu de les réduire.
      Les vendeurs de vent ont bien tiré leur épingle du jeu et empoché de gras dividendes, mais en laissant une planète plus mal en point qu'avant.
      Il nous reste à espérer que les futures initiatives seront plus judicieuses.

    • Gilbert Talbot - Abonné 31 mars 2014 13 h 00

      Je suis d'accord avec Kim: seul QS met la question de l'environnement au centre du développement économique, mais le problème est mondial; le Québec seul ne peut rien faire. C'est pourquoi il faut mener la pression politique au niveau mondial, à travers des organismes comme Greenpeace, Avaaz, «Les amis de la Terre et les partis verts qui ne se vendent pas aux partis de droite. Le 22 avril prochain, Jour de la terre, il faudra mobiliser le monde pour faire pression dans le sens de la protection de l'environnement en mettant de l'avant des solutions pratiques, des engagements personnels, mais aussi collectifs pour la transition vers d'autres sources d'énergie que le pétrole, contre son exploitation à Anticosti et dans le golfe St-Laurent, contre les pipelines de Embridge et Trans-Canada, pour l'électrification des transports, pour le développement du transport en commun, pour les négawatts et toute autre mesure qui vont dans le sens d'une réorientation verte du développement économique. Le message du GIEC est clair et limpide: on ne peut pas continuer dans le sens du développement capitaliste de la croissance aux dépens de la survie de notre belle planète bleue.

  • André Côté - Abonné 29 mars 2014 09 h 08

    Y'a pas de pire aveugle...

    Tant que les riches encaisseront, il sera difficile de les convaincre de l'urgence de la situation, en dépit des avertissements de plus en plus sérieux. Ceux qui soutiennent le système économique dans lequel nous vivons voit le mur vers lequel nous nous dirigeons à vitesse accélérée mais jouent les aveugles puisque la situation actuelle leur rapporte un profit à court terme.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 29 mars 2014 15 h 18

      les riches sont riches parce que la classe moyenne consomme.....donc si je vous suis bien arretons de consommer , ou du moins adoptons le concept de Simplicite volontaire, et le monde ( la nature) ne s'en portera que mieux.
      Je cois d'ailleurs qu'une bonne partie de l'humanite n a d'autres choix d'adopter le style vie : Simplicite volontaire... Question :
      Est ce que leur environnement est plus sain que celui des pays industrialises?

  • Pascale Bourguignon - Inscrite 29 mars 2014 09 h 34

    Déjà votons.

    Il n'y a qu'un seul parti actuellement qui semble avoir conscience du probléme, c'est Québec solidaire. Si nous sommes logiques, censés, attentifs au futur de nos envfants, le choix est évident. Tout autre choix est un pas de plus vers la catastrophe. Les citoyens de chaque pays, chaque province, chaque état devraient faire pression pour que les partis qui politiques considérent le réchauffement climatique comme une priorité. Voter autrement c'est être directement responsable d'un avenir sombre pour nos propres enfants, c'est de la non assistance à humanité en danger, c'est participer activement à une destruction annoncée.

    • Simon Chamberland - Inscrit 29 mars 2014 22 h 12

      Vous oubliez le parti vert.

    • Andrée-Anne Marcoux - Abonnée 30 mars 2014 11 h 16

      La manière dont le Parti Vert s'enligne actuellement avec son éco-socialisme, ça ne sera pas long avant que les deux formations s'entendent pour former une alternative des plus crédibles sur les plans sociaux et environnementaux. :)

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 30 mars 2014 11 h 25

      Je ne sais pas ce qui en est cette fois, mais à la dernière élection, les groupes écologistes avaient donné une note encore meilleure à la plate-forme de QS qu'à celle du Parti Vert. Le plan de sortie du pétrole de QS est extrêmement sérieux. Je ne crois pas que les Verts aient quelque-chose de comparable.

    • Sylvain Auclair - Abonné 31 mars 2014 15 h 03

      Le parti vert est fédéraliste. Il prône donc un écosocialisme sur fond de sables bitumineux et de conservatisme. Bizarre, non?

    • Simon Chamberland - Inscrit 31 mars 2014 17 h 13

      M. Auclair, le parti vert n'est pas fédéraliste

      Sur la question nationale, il est neutre.

      Par contre, le QS est l'allié objectif des libéraux.


      M. Leblond, le PV existe surtout pour la cause écologiste. Tandis que pour QS, j'ai surtout l'impression que ça sert surtout au culte de la personnalité des chefs. Mais c'est mon impression.

    • Sylvain Auclair - Abonné 31 mars 2014 19 h 56

      En tout cas, il y a un an et demi, il était clairement fédéraliste. Mais croyez-vous vraiment qu'on peut construire un écosocialisme avec M. Harper?

  • Albert Labranche - Inscrit 29 mars 2014 15 h 41

    Pour commencer

    Ces moissonneuse pourraient fonctionner au gaz naturel. Un des grands responsable de la pollution de nos cours d'eau c'est l'agriculture.
    Comment pouvez vous justifier la culture du mais subventionné pour ajouter a l'essence. Pas de mais dans le gaz.
    Nous avons la chance inouie d'avoir du gaz naturel sec et pur qui commande un prix supérieur,
    Cessons de faire obstacle aux jardins urbains. Agissons de facon securitaire et rentable

  • Albert Labranche - Inscrit 30 mars 2014 05 h 06

    Suggestion de recherche

    Desaccord de scientifiques avec le GIEC.
    Un tout autre son e cloche.

    • Franz Bisaillon - Inscrit 30 mars 2014 09 h 55

      Peu importe. J'aime mieux faire trop attention que pas assez. Y'a pas de bouton "reset" sur la planète.

    • LAURENT PRADIES - Inscrit 31 mars 2014 14 h 30

      Sur la même longueur d'onde, certains "scientifiques" ont nié les chambres à gaz en Europe ....informez-vous ! plus aucun scientifique qui ne soit pas "un deux de pique" croit à ces fadaises, sinon on peut croire aux OVNI, aux tables tournantes ......
      Que je sache le GIEC n'est pas le seul organe à découvrir cette évidence....informez-vous sur les gouvernements de la planète ! Le limité Harper n'est pas la planète !