Anticosti : le PLQ respectera la parole du PQ

François Bonnardel (CAQ), Jacques Daoust (PLQ) et Martine Ouellet (PQ) ont croisé le fer à l’occasion d’un débat portant sur les ressources naturelles.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir François Bonnardel (CAQ), Jacques Daoust (PLQ) et Martine Ouellet (PQ) ont croisé le fer à l’occasion d’un débat portant sur les ressources naturelles.

Partisan avoué de l’exploitation des énergies fossiles, le Parti libéral du Québec affirme toutefois que le gouvernement ne doit pas poursuivre sa politique d’investissements dans l’exploration pétrolière. Il doute d’ailleurs fortement du potentiel en or noir du sous-sol de la province.

 

« C’est le secteur privé qui fait [ces investissements en exploration] partout ailleurs dans le monde », a affirmé mercredi Jacques Daoust, candidat libéral dans Verdun, dans le cadre d’un débat sur les ressources naturelles organisé mercredi par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

 

Il a d’ailleurs dénoncé la décision du Parti québécois d’investir 115 millions de dollars de fonds publics dans des travaux d’exploration qui seront menés sur l’île d’Anticosti en 2014 et 2015, en partenariat avec les entreprises Pétrolia et Junex. C’est toutefois Québec qui prend l’essentiel du risque financier.

 

Selon M. Daoust, cet engagement revient à jouer à une « loterie des hydrocarbures » avec de l’argent « emprunté ». « On met 115 millions de dollars pour avoir 4 % de chances de succès, a ajouté le candidat vedette libéral. Et si ça fonctionne, il faudra mettre 3, 4 ou 5 milliards de dollars. Est-ce que c’est ça qu’on veut faire ? Est-ce qu’on a les moyens de mettre autant d’argent dans le pétrole actuellement ? »

 

Il estime ainsi que le gouvernement ne devrait pas s’engager dans des investissements lorsque viendra le temps de mener des forages exploratoires sous-marins dans le secteur d’Old Harry, situé en plein coeur du golfe du Saint-Laurent. Aucun forage n’a jusqu’à présent démontré que la zone pourrait receler un potentiel en hydrocarbures. Tout ce qu’on sait, c’est qu’une évaluation environnementale stratégique a démontré que les risques environnementaux sont importants.

 

Le porte-parole libéral a par ailleurs souligné que les ententes déjà conclues par le gouvernement Marois pour l’île d’Anticosti seront respectées si les libéraux forment le prochain gouvernement. « Mais ça ne veut pas dire qu’on va continuer dans cette direction », a précisé M. Daoust, ancien président et chef de la direction d’Investissement Québec. Cette société d’État a acquis des participations dans plusieurs entreprises actives dans l’exploration pétrolière et gazière au Québec au cours des dernières années.

 

Doutes

 

À l’instar de plusieurs observateurs, M. Daoust a dit douter qu’il y ait réellement un potentiel pétrolier au Québec. « Comment se fait-il, si nous avons un si bon potentiel, que les grandes pétrolières qui sont prêtes à faire des plateformes au milieu des océans ne s’intéressent pas à nous ? Au contraire, elles se sont sauvées. Je pense qu’il y a un risque important que nous soyons déçus. »

 

Le Parti libéral — en tête dans les sondages en vue du scrutin du 7 avril — souhaite néanmoins développer la « culture » des Québécois dans le secteur pétrolier. Selon M. Daoust, les travaux sur l’île d’Anticosti pourraient y contribuer. Questionné sur les suites à donner au controversé dossier du gaz de schiste au cours d’un point de presse, Jacques Daoust n’a tout simplement pas répondu à la question.

 

Contrairement aux libéraux, les caquistes ont salué l’injection d’argent de l’État dans la recherche d’hydrocarbures. Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de ressources naturelles, François Bonnardel, a d’ailleurs critiqué la position défendue par Jacques Daoust à la tribune de la FCCQ. « M. Daoust est en train de se transformer en candidat du Parti vert. Quand on dit que les libéraux sont le parti de l’économie, ce n’est vraiment pas la ligne de M. Couillard aujourd’hui. »

 

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, cible de plusieurs attaques au cours du débat de mercredi, a fait valoir que les investissements publics avaient surtout servi à « reprendre le contrôle » sur l’exploration pétrolière au Québec. Elle a aussi indiqué que deux lois sur les hydrocarbures seraient adoptées si le Parti québécois est reporté au pouvoir. Une législation serait conçue pour le milieu terrestre. Une autre serait destinée à encadrer l’exploration et l’exploitation en milieu marin.

 

Mme Ouellet par ailleurs exprimé de sérieux doutes par rapport au projet de l’entreprise TransCanada, qui souhaite construire un pipeline qui passerait par le Québec afin d’exporter du pétrole albertain. « Nous devons faire davantage d’évaluations parce que nous avons plusieurs questions », a fait valoir la ministre. Selon elle, il serait important d’étudier les possibles risques environnementaux liés au passage, chaque jour, de plus d’un million de barils de pétrole brut en sol québécois. Mme Ouellet estime qu’il est impératif que ce projet de compétence fédérale soit soumis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

13 commentaires
  • Benoît Landry - Inscrit 27 mars 2014 06 h 54

    Et le BAPE

    Pourquoi n'intervient-il seulement qu'en deuxième phase, après l'exploration ?

    Les problèmes environnementaux sont à considérer aussi pour la période d'exploration

    Et comme nous pouvons voir, le côté non-partisan des Chambres de Commerce du Québec fait en sorte que Québec solidaire n'était pas là. Bravo

    • Raymond Gauthier - Abonné 27 mars 2014 08 h 18

      C'est à l'étape exploration que l'on prend tous les risques : financiers, socioéconomiques, environnementaux. Un BAPE doit avoir lieu avant d'entreprendre l'étape cruciale d'exploration.
      Les pressions citoyennes ont fait qu'aux îles, nous avons heureusement obtenu un BAPE avant les premiers forages exploratoires de Gastem.

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 27 mars 2014 07 h 00

    La parti de la dépossession...et son allié

    Veut se remettre aux affaires.

    Une seules solution pour les empêcher de poursuivre l'ouevre de Charest. Et ce n'est pas voter : Québec solidaire de Couillard

    • Raymond Gauthier - Abonné 27 mars 2014 08 h 15

      Argument massue du type : si vous ne voulez pas la séparation, ne votez pas PQ !

    • Benoît Landry - Inscrit 27 mars 2014 08 h 16

      Pourquoi êtes-vous inquiet M.Pomerleau ? Le parti libéral promet de respecter la parole du PQ il est clair que ces deux partis sont "bonnet blanc ,blanc bonnet ". Vous êtes donc sûr d'être gagnant avec un ou l'autre

    • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 27 mars 2014 08 h 58

      Les libéraux ont démanteller la filière pétrole et gaz d'Hydro Québec et ont brader les droits d'exploration pour des peanuts , au profit du privé

      Le Parti Québécois les a récupérés.

      Les libéraux vont avoir le même réflex de servir d'abord leur petits amis pour la suite des choses.

      Pour la défense du bien publique faut être profondément confu pour mettre sur le même pied le PLQ et le PQ. C'est un réflex commun à Québec solidaire.

    • Benoît Landry - Inscrit 27 mars 2014 09 h 42

      Le PLQ a démantelé cette filière d'Hydro Québec sous la suggestion de dirigeant d'Hydro tel que Caillé qui fut nommé à ce poste par le PQ.

      Cette filière une fois donné au privé a été infiltré par des fonctionnaires de l'État québécois du temps du PQ et même par deux anciens chefs du PQ, Lucien Bouchard et André Boiclair.

      Ce n'est pas de la confusion ça, ce sont des faits.

      Aujourd'hui le PQ met plus de 100 millions $ au service de ceux qui ont obtenu les droits gratuitement du PLQ, afin de récupérer leur investissement. Et les évaluations environnementales se feront après que des dommages auront été commis par la phase d'exploration, car si vous connaissez le moindrement l'écologie maritime il est clair qu'il y a un rsique énorme.... mais le PQ, le PLQ et la CAQ avance aveuglement dans ce dossier main dans la main

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 27 mars 2014 17 h 04

      Le problème M. Pomerleau, c'est que le PQ continue l'oeuvre de Charest. Votons Québec solidaire pour se libérer du carcan néolibéral !

  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 27 mars 2014 08 h 37

    Règlez vos horloges!

    Bonjour,

    Les sociétés pétrolières, à 96%, sont des sociétés d’état et de ce fait sont obligées de contrôler les quatre secteurs des activités pétrolières.

    Ce contrôle comprend les politiques relatives aux sites intéressants, l’exploration de ceux-ci et surtout le contrôle des gisements et leur exploitation.

    Les sites d’intérêt, selon les critères de la société, peuvent êtres explorés par la société pétrolière directement ou sous-traité.

    L’important c’est le contrôle cohérent par l’état des ressources naturelles dans le meilleur intérêt des Québécois, les propriétaires.

    Non seulement faut-il un cadre juridique adéquat, il faut aussi que l’état se donne les moyens nécessaires pour assumer ses responsabilités dans le domaine d’hydrocarbures.

    Cette altercation nous mène directement à la cour de Byzance.

    Merci.

  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 27 mars 2014 09 h 56

    Nous sommes confondus.

    Bonjour,

    C’est le moment de nous instruire sur l’ordre de préséance juridique qui permet au gouvernement fédéral de nous imposer une loi qui restreint et par extension peut éliminer une responsabilité qui nous a été antérieurement assigné dans la Constitution du Canada.

    Si cette préséance, déjà confirmé par la Cour Suprême existe, ou se situe le discours du ministre des ressources naturelles du Québec?

    Le gouvernement du Québec peut-il imposer un nihil obstat ou non?

    Merci.

  • Jean Jacques Roy - Abonné 27 mars 2014 10 h 45

    Ni PQ, ni PLQ

    De plus en plus ces deux partis sont l'envers et l'endos de la même monnaie ! Ce qui les différencie c'est la lettre L inscrit dans le sigle. Évidemment, le PLQ s'est mis longtemps les mains dans la boue... alors que le PQ jure par tous les dieux qu'il a les mains propres propres...
    MAIS.... le PQ et le PLQ ont partagé le même mode de financement de leurs partis et de la double caisse... Surtout, concernant la vision et les politiques énergétiques, le PQ est dans le même bain que le PLQ pour avoir accepté le pétrole albertain via le pipeline Enbridge et l'"ouverture" pour accepter le projet du pipeline TransCanada. Et la cerise sur le gâteau, c'est le projet incensé d'ouvrir la porte ( et le financer) à l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti.
    Évidemment ces 2 deux partis, malgré leurs divergences rhétoriques, courtisent, mettent la table aux maîtres et propriétaires de la richesse produite au Québec. En récompense, ces serviteurs de l'État sont conviés à prendre le dessert! Et le petit peuple, au cuisine, prépare, sert les plats pour en retour ramasser et manger les restes de table. Quant aux moins prévilégiés, les exclus, il ne leur reste que les miettes et le fond des poubelles.
    Donner le pouvoir au PQ ou au PLQ c'est voter contre nos propres intérêts! Que dirions-nous si les souris cherchaient des chats pour les gouverner... pour mieux se faire manger?
    L'appel au fameux vote stratégique en faveur de l'un ou l'autre des 2 principaux partis enfonce de plus en l'électorat devant des choix incensés. Que deviennent les programmes et la réponse aux besoins sociaux? Ils s'annulent puisque PQ et PLQ offrent fondamentalement du pareil au même qui se résume à saccager l'environnement et des promesses de vie chère et de budget d'austérité! Et on est rendu au point où l'un et l'autre de ces partis veulent se faire élire en disant à l'électorat que l'un est plus ou aussi sale ou "éthique" que l'autre!