Couillard veut ressusciter le Plan Nord

Le chef libéral Philippe Couillard veut reprendre le pari économique nordique de son prédécesseur. Il a annoncé vendredi son intention de « relancer » le Plan Nord, en accusant le gouvernement Marois d’en avoir fait un « plan mort ». Les libéraux ont tout faux, a répliqué la ministre Martine Ouellet, en insistant sur les investissements déjà annoncés au nord du 49e parallèle.

 

En campagne en Abitibi-Témiscamingue, Philippe Couillard a annoncé qu’en cas de victoire libérale, le fameux Plan Nord de Jean Charest deviendra le « Plan Nord + ».

 

Pour l’essentiel, le Parti libéral veut reprendre là où il a laissé en perdant le pouvoir en septembre 2012. Il est ainsi question d’injecter des centaines de millions de dollars de fonds publics dans le développement industriel du Nord québécois. La stratégie libérale propose entre autres de reconduire le montant de 1,6 milliard de dollars qui se trouvait dans le dernier budget de Raymond Bachand, dont 1,2 milliard qui serait consacré aux infrastructures.

 

Plan marketing

 

M. Couillard a du même coup accusé les péquistes d’avoir tué le projet libéral lancé en 2011. Reprenant essentiellement le discours porté par certains joueurs du lobby minier, le chef libéral a affirmé que le gouvernement Marois a « joué les matamores » pour éloigner l’industrie minière et semé beaucoup d’incertitude, d’abord en ce qui a trait à l’économie, mais aussi en raison de son « projet politique fondamental, qui tend à éloigner l’investissement au Québec ».

 

La ministre Martine Ouellet a rejeté les accusations du leader libéral. « Il ne sait pas de quoi il parle. Le développement nordique se poursuit. Ça existait avant le plan marketing du Nord et ça existe après le plan marketing du Nord », a-t-elle affirmé en entrevue au Devoir.

 

Mme Ouellet a souligné que le gouvernement Marois a lui-même pris des engagements d’investissements totalisant 1,4 milliard de dollars dans le développement du Nord.

 

Quant à l’« incertitude » qu’aurait créée l’arrivée au pouvoir du PQ, elle estime que cela est chose du passé. « Le Québec tire très bien son épingle du jeu », a assuré la ministre des Ressources naturelles. Elle a ainsi rappelé que l’entreprise Goldcorp, qui pilote un important projet de mine d’or, a dit récemment que le Québec est un endroit tout indiqué pour les investissements miniers.

 

Selon Québec solidaire, le Plan Nord est demeuré essentiellement le même depuis 2011, malgré le changement de gouvernement. « L’étiquette a changé, mais l’essentiel demeure : engloutir des fonds publics pour financer des emplois dont profitent des entreprises privées étrangères qui appauvrissent le Québec en nous dépouillant de nos richesses naturelles », a dit le député sortant Amir Khadir.

 

Avec La Presse canadienne

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L’appel de la Constitution

Philippe Couillard n’a rien contre le fédéralisme dans sa forme actuelle, mais cela ne l’empêche pas d’estimer qu’il est temps d’entreprendre des démarches afin que le caractère spécifique de la nation québécoise soit reconnu dans la Constitution canadienne.

Ainsi, si le chef libéral est porté au pouvoir, il a l’intention d’entreprendre une tournée du Canada afin de faire passer son message auprès de ses homologues provinciaux et des partis fédéraux. Il estime que sa démarche passe d’abord par le rétablissement des ponts avec le fédéral que le PQ s’est affairé à briser depuis son arrivée au pouvoir. Il a par ailleurs l’intention de déployer des moyens afin que la notion de société distincte du Québec soit reconnue. Il ne se fixe pas d’échéancier, mais il estime qu’une fenêtre pourrait s’ouvrir vers 2017, dans le cadre des 150 ans du Canada.


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