L’oléoduc Énergie Est pourrait engendrer 32 millions de tonnes de GES

Le projet d’oléoduc Énergie Est, qui doit permettre d’exporter le pétrole albertain en passant par le Québec, devrait aussi contribuer à une hausse significative des émissions de gaz à effet de serre au Canada.

 

Selon un rapport de l’Institut Pembina qui sera publié ce jeudi, et dont Le Devoir a obtenu copie, « la production de brut nécessaire pour remplir Énergie Est pourrait générer annuellement jusqu’à 32 millions de tonnes de gaz à effet de serre en plus ». Cela équivaut à toute la production annuelle de gaz à effet de serre du transport routier au Québec.

 

Cet oléoduc, qui doit faire couler 1,1 million de barils de brut chaque jour vers le Québec et le Nouveau-Brunswick, aurait ainsi un impact sur les émissions de gaz à effet de serre « supérieur à celui de l’oléoduc Keystone XL ».

 

Le rapport fait donc valoir qu’il faut non seulement étudier les impacts potentiels liés à la construction de l’oléoduc, mais aussi prendre en compte les effets environnementaux de la production des sables bitumineux. « L’industrie des sables bitumineux prévoit de tripler la production d’ici 2030, et la construction de nouveaux oléoducs s’inscrit dans ce plan. Lorsque nous évaluons les projets d’oléoducs, nous devons examiner aussi toute la portée des effets », fait valoir Erin Flanagan, analyste à l’Institut Pembina.

 

L’Institut Pembina presse l’Office national de l’énergie de tenir compte des impacts en amont de l’oléoduc. L’organisme fédéral a refusé de procéder ainsi dans l’étude de l’inversion du flux de l’oléoduc 9B d’Enbridge, qui doit normalement être approuvée d’ici quelques semaines par Ottawa. Les intervenants qui ont pris part aux audiences n’ont pas pu aborder la question des impacts de l’exploitation des sables bitumineux.

 

TransCanada doit présenter au cours des prochains mois les détails de son projet Énergie Est. Ce projet de 12 milliards de dollars nécessitera la construction de près de 1000 kilomètres de pipeline en sol québécois. Il pourrait entrer en service en 2017. La pétrolière compte acheminer du brut jusqu’à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Mais une partie du pétrole pourrait être chargée à bord de pétroliers au port de Cacouna.

 

Le gouvernement Marois a déjà démontré son intérêt pour la réalisation de ce projet. Avec le projet d’inversion de l’oléoduc 9B d’Enbridge, quelque 1,4 million de barils de brut de l’Ouest pourraient couler vers le Québec chaque jour d’ici quelques années. La province deviendrait ainsi une plaque tournante pour l’industrie pétrolière albertaine.

10 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 6 février 2014 09 h 42

    Information incomplète

    Peut-être ai-je mal lu mais il semble y avoir un élément manquant à l'information : les 32 millions de tonnes de GES, s'agit-il d'une augmentation au niveau global ou seulement au niveau du Canada.

    Dit autrement, est-ce que la mise en service de l'oléoduc aura un effet sur la consommation (par exemple, des prix plus bas que sur le marché qui approvisionne actuellement l'est du pays seraient-ils un incitatif à augmenter la consommation ) ?

    Est-ce que le mode de production du pétrole albertain (reconnu pour être parmi les plus énergivore à produire) intervient dans ce calcul, là où il remplacera un pétrole moins polluant à produire ?

    Ou enfin, est-ce que le pétrole albertain va simplement entrer en concurrence avec celui des autres producteurs et qu'à partir de là, l'augmentation de 32 millions de tonnes de GES sera seulement pour le Canada (avec éventuellement des émissions moindres ailleurs) ?

    • Danielle Caron - Inscrite 6 février 2014 11 h 38

      Il s'agit de "la production du brut", comme le dit l'article. La production du pétrole dans les sables bitumineux. Et une fois que ces gaz à effet de serre sont dans l'atmosphère... ils ne se contentent pas de flotter indéfiniment au-dessus d'un territoire aux frontières définies par l'homme.

      Il ne me semble pas qu'il soit même question de la consommation du produit fini.

    • Richard Leclerc - Abonné 6 février 2014 11 h 41

      Je n'ai pas toute ces réponses, mais peut-être les trouverez-vous en lisant vous-mêmes le rapport de l'institut Pembina. http://www.pembina.org/pub/2519

  • René Racine - Abonné 6 février 2014 12 h 25

    Un calcul de crancre

    32 millions de tonnes de GES calculés comment ? Quand le Canada exporte du pétrole, c'est qu'il produit des GES. Bien oui, le pétrole c'est sale, malpropre, et dégradant d'en produire quand c'est une des principales richesses naturelles qui donnent autant de redevances aux gouvernements et qui maintient le niveau de vie qu'on connait.

    Quand les mots pétrole et environnement sont ensembles, les écologistes perdent les pédales et généralement tombent dans le panneau des chiffres tirés en l'air. Les autres pays pétroliers peuvent extraire leur pétrole mais eux autres poluent moins.

    Poluer c'est poluer. Ce n'est pas un peu ou beaucoup. On entend souvent: j'ai une petite voiture, donc je polue moins; tout un discours !!! Il y a quelque chose qui accroche: le citoyen fait le plein d'essence , pour l'écologiste pur et dur entré en religion écolo c'est mieux et plus propre si le pétrole vient d'ailleurs, d'afrique ou d'asie. La belle affaire...

    Continuer à vous laisser manipuler si naïvement, la vie est bien plus belle en asie et en afrique.

    • Benoît Gagnon - Inscrit 7 février 2014 12 h 19

      De quelles redevances gouvernementales parlez-vous?

  • Julie Carrier - Inscrite 6 février 2014 13 h 41

    Pas de frontière..

    Il y aura 32 millions de tonnes de GES de plus PAR ANNÉE dans l'atmosphère.

    La biosphère n'a pas de frontière.

  • François Ricard - Inscrit 7 février 2014 06 h 39

    Pétrole pour qui?

    Ultimement, cet oléoduc veut transporter le pétrole vers le vrai marché visé: non pas le Québec ni le Nouveau-Brunswick mais la côte est américaine: Boston, NewYork, Philadelphie, Baltimore,Washington.
    Comme pour la voie maritime du St-Laurent, il n'y aura pas grande chose pour le Québec. Quelques gouttes...

    • Benoît Gagnon - Inscrit 7 février 2014 12 h 20

      Je pencherais davantage sur quelques fuites.

    • François Ricard - Inscrit 7 février 2014 15 h 36

      D'accord pour les fuites....possiblement plus nombreuses que l'on nous dit.