Les consommateurs occidentaux contribuent à la pollution en Chine

La consommation du charbon se concentre en bonne partie dans la production d’énergie en Chine, où sont fabriqués de plus en plus de produits consommés en Occident.
Photo: Agence France-Presse La consommation du charbon se concentre en bonne partie dans la production d’énergie en Chine, où sont fabriqués de plus en plus de produits consommés en Occident.

En délocalisant la production d’une multitude de biens vers la Chine et d’autres pays émergents, l’Amérique du Nord et l’Europe font porter à ces États la responsabilité d’une bonne partie de leurs émissions de gaz à effet de serre, conclut le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Une situation qui pourrait influencer les négociations climatiques.

 

Une ébauche du prochain rapport du GIEC obtenue par le quotidien britannique The Guardian indique que les émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre (GES) ont crû deux fois plus rapidement au cours de la première décennie du XXIe siècle qu’au cours des trente années précédentes. La majorité de cette augmentation rapide des émissions de GES est due à la combustion du charbon, la plus polluante des énergies fossiles.

 

Production de biens occidentaux

 

Or, la consommation de cette ressource se concentre en bonne partie dans la production d’énergie en Chine ou dans d’autres économies émergentes, où sont fabriqués de plus en plus de produits consommés en Occident. « Une part grandissante des émissions de CO2 provenant des énergies fossiles brûlées dans les pays émergents est relâchée lors de la production de biens vendus dans les pays développés », constate d’ailleurs le GIEC.

 

Depuis 2000, évaluent les experts du climat, les émissions chinoises et d’autres puissances émergentes ont plus que doublé. Et les usines de ces pays émettent désormais plus de carbone que les industries d’Amérique du Nord et d’Europe.

 

Les constats du GIEC pourraient influencer les négociations climatiques internationales. Des pays comme le Canada plaident en effet pour des engagements fermes de réduction des GES chinois avant de prendre des mesures plus importantes de lutte contre les bouleversements climatiques. La Chine, en revanche, demande à être traitée de façon différente, au nom de son droit au développement.

 

Dans la mesure où une bonne partie de ce développement est due à la délocalisation de la production de biens vendus dans les pays riches, les experts estiment que la question de la « responsabilité » des émissions de GES se posera dans les négociations en cours. En théorie, 190 États doivent parvenir à un accord de lutte contre les changements climatiques en 2015, à Paris.

 

Ouest américain

 

Par ailleurs, une nouvelle étude publiée lundi conclut que les consommateurs américains et européens sont responsables d’une partie de la pollution industrielle en Chine. Il s’agit de la première recherche à quantifier la proportion de la pollution sur la côte ouest des États-Unis provenant de la production en Chine. « Notre analyse de la qualité de l’air aux États-Unis montre que la pollution atmosphérique en Chine résultant de la production industrielle destinée à l’exportation contribue quotidiennement de 12 à 24 % de la pollution par des sulfates dans l’Ouest américain », expliquent les auteurs de l’étude parue dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des Sciences.


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Avec l’Agence France-Presse

24 commentaires
  • Robert Henri - Inscrit 21 janvier 2014 08 h 36

    Les Chinois n'en profitent pas j'imagine.

    Les Chinois n'en profitent pas j'imagine. Voyons donc. Ce sont eux qui nous vendent plein de cochonneries et les multinationales et les supranationales qui choisissent de se délocaliser.

    • Michel Vallée - Inscrit 21 janvier 2014 11 h 46

      @Robert Henri

      <<Les Chinois n'en profitent pas j'imagine>>


      Cela ne doit pas les déranger, les Chinois ont traditionnellement la coutume d’être pauvres, ce qui est fort différent pour les citoyens de nos contrées qui n’ont pas l’habitude de vivre des privations... Autres pays, autres mœurs !

    • André Michaud - Inscrit 22 janvier 2014 09 h 41

      Depuis 15 ans on estime que 350 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté.

      Pour aider VRAIMENT nos frères humains des pays pauvres , mieux vaut le commerce qui leur papporte des emplois etc... que la charité qui garde dépendant.

      Il faut arrêter de penser uniquement local , de façon corporatiste, comme les syndicats nous ont habitués.

    • France Martin - Abonnée 23 janvier 2014 09 h 43

      M. nous achetons ces cochonneries. M. nous achetons les produits faits en Chine par des compagnies d'occident qui ont déménagé en Chine pour exploiter le cheap labor.

  • Marie-France DOUCET - Inscrit 21 janvier 2014 08 h 49

    La Terre est un système

    Pas plus sourd ni aveugle que celui qui ne veut ni entendre ni voir.

    Nous le chantons sur tous les tons: la Terre est un système dynamique, vivant, global. Si l'une de ses parties est atteinte, toutes les autres réagissent pour rétablir l'équilibre rompu. En voici une autre preuve. N'attendons pas la catastrophe pour devenir les complices de la planète. La Terre, elle, sera sans merc, sans pardon et sans rancune pour nous qui ne sommes, pour elle, qu'un aspect de la vie parmi tant d'autres. Elle n'a pas besoin de nous pour remettre la nature à l'endroit et prendra tout le temps nécessaire pour le faire.

  • André Michaud - Inscrit 21 janvier 2014 10 h 06

    Tous dans le même bateau

    Quand on achète des produits D'ici ou ailleurs on contribue TOUS à la pollution, quand on fait le plein de notre auto aussi..etc..

    Hélas le cliché veut que ce ne soit que les compagnies qui polluent, pas les citoyens..
    Donc on conclue que ce sont les compagnies qui doivent changer pas les citoyens, et cela en gardant les prix très bas...mission carrément impossible.

    Si on veut une production moins polluante il faut accepter de payer plus cher avec toutes les conséquences sur le pouvoir d'achat, les emplois etc.. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre!

    • Michel Vallée - Inscrit 21 janvier 2014 12 h 40

      Ainsi, le citoyen qui sème sur la voie publique ses papiers gras serait donc à mettre sur le même pied que l’armateur qui déleste ses bateaux en mer…

    • Simon Chamberland - Inscrit 21 janvier 2014 14 h 00

      Bravo M. Michaud, bravo

      Tant et aussi longtemps qu'on sera heureux d'épargner 50 sous sur un produit à 3 $ parce que produit est "made in China", on sera dans le trouble.

      Je préfère acheter des biens faits ici, ou à défaut en Ontario, et sinon aux USA. Les règles sont plus strictes et ça pollue moins dans le transport.

    • Sylvain Auclair - Abonné 21 janvier 2014 16 h 05

      Mais nous offre-t-on le choix? Le plus souvent, non: quand un distributeur décide d'acheter en Chine, il décide pour nous.

    • Luc Falardeau - Abonné 21 janvier 2014 22 h 10

      Au dela des clichés, les producteurs et les consommateurs doivent ensemble danser un genre de tango et collaborer... Malheureusement l'initiative des mouvements de cette danse provient des producteurs et les consommateurs doivent s'adapter au mieux...

      Je crois tout de même qu'on peut avoir un peu de beurre et un peu d'argent du beurre, si l'on fait le choix de partager.

    • André Michaud - Inscrit 22 janvier 2014 09 h 54

      @ M. Falardeau

      Les producteurs s'adaptent constamment à la demande. Sinon un concurent prend leur place.. C'est un des grand défis des producteurs.
      Qu'est-ce que les consommateurs veulent, et comment en produire à bon prix pour leur vendre.
      Il existe des produits plus écolos, mais ils coûtent souvent plus chers à produire. Ceux qui se disent pro environnement doivent le prouver avec leur portefeuille..plus ils achèteront ces produits et plus le prix baissera.

      @ Sylvain Auclair

      Il faut acheter Chinois. Premièrement les pertes d'emplois ici sont très largement compensées par notre pouvoir d'achat qui a continué grâce surtout aux produits chinois moins chers. Deuxièmement par solidarité internationale, puisque l'ouverture du marché chinois a fait sortir de la misère 350 millions de chinois depuis 15 ans. C'est le commerce qui fera sortir les pays pauvres de la misère, par les emplois et la stimulation de la vie économique ,pas la charité qui rend dépendant et enfantilise.

      Il faut arrêter de penser uniquement local, on va de plus en plus vers une terre qui sera le village global, au-delà des races et des frontières.
      Le temps du vrai partage international ne fait que commencer..

  • Jacques Beaudry - Inscrit 21 janvier 2014 11 h 16

    pas d'accord

    La délocalisation des usines et manifactures est le fait d'entreprises qui carburent à de meilleures marges de profit. Les économies qu'ils réalisent sur les coûts de production vont directement dans les comptes de banque de l'élite propriétraire de ces entreprises internationales. Les pays qui ont ouvert grande leurs portes à ces donneurs d'ouvrage ont des gouvernements assoiffés par les richesses de leurs homologues occidentaux. Ils se sont foutus éperduement de ne pas doter leurs pays de règles de protection environnementales. Il ne fallait pas le faire pour ne pas rebuter les investisseurs. Pas de loi non plus pour contrer le travail esclavagiste. Faut pas heurter les donneurs d'emploi et il faut garantir les conditions avantageuses de l'emploi bon marché dans un monde en développement.
    Je trouve déplorable que l'on attribue aux consommateurs occidentaux les conséquences de décisions qui relèvent de la responsabilité de ceux qui les ont prises.

    • Daniel Vézina - Inscrit 23 janvier 2014 18 h 27

      Bien d'accord avec vous; comme si c'était nous, les consommateurs moyens, qui avait "choisit" de faire fabriquer nos "cochonneries" en Chine.

      Je me rappelle très bien de mes jouets frabriqués au U.S.A dans les années '70. Ceux maintenant de mes enfants "Made in China", que je regrette donc les miens...!

  • France Marcotte - Abonnée 21 janvier 2014 11 h 16

    Principe de précaution

    Pour tous les lieux du monde, consommer moins à l'ouest est gagnant.

    Seule la grande roue débile de l'économie du capitalisme sauvage risque d'en pâtir.

    C'est mieux elle que la vie elle-même.

    C'est vrai qu'à cette roue, nous sommes comme enchaînés, nous faisons tourner la roue qui nous broie (ça ne s'invente pas, la réalité dépasse vraiment la fiction).

    Mais moi je débarque, je ne peux pas tout contrôler (en fait pas grand'chose à part mes habitudes de consommation).
    Il arrivera ce qu'il arrivera si on est plusieurs à s'y mettre (ou plutôt à se démettre).