7 pays responsables de 60% du réchauffement climatique

La Chine est responsable de 8 % des bouleversements climatiques. Les épisodes prolongés de smog urbain y sont fréquents.
Photo: Agence France-Presse (photo) Wang Zhao La Chine est responsable de 8 % des bouleversements climatiques. Les épisodes prolongés de smog urbain y sont fréquents.

À peine sept pays dans le monde sont responsables de plus de 60 % du réchauffement climatique, conclut une nouvelle étude menée à l’Université Concordia. Les chercheurs constatent d’ailleurs que les principaux pays développés doivent freiner la hausse de leurs émissions de gaz à effet de serre, sans quoi il sera impossible de contrer la spirale des bouleversements du climat.

 

L’étude, dirigée par Damon Matthews, professeur au Département de géographie, d’urbanisme et d’environnement, montre donc du doigt un premier groupe de sept pays. En tête de liste, on retrouve les États-Unis. La première puissance économique mondiale est responsable d’une hausse de 0,15 °C de la température mondiale, soit presque 20 % du réchauffement constaté.

 

Vient ensuite la Chine, qui a connu une croissance rapide de ses émissions de CO2 au cours des dernières années, surtout en raison du recours massif au charbon. Deuxième économie de la planète, le pays tire plus de 70 % de son énergie de la combustion du charbon, ce qui en fait le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. Résultat, la Chine est responsable de 8 % des bouleversements climatiques, un taux similaire à la Russie, qui arrive troisième dans le classement des chercheurs de Concordia.

 

Suivent le Brésil, l’Inde, l’Allemagne et le Royaume-Uni. « Il peut sembler surprenant de voir au sommet du classement certains pays moins industrialisés, comme le Brésil et l’Indonésie. Or, ces pourcentages reflètent les émissions de dioxyde de carbone liées à la déforestation », soulignent les chercheurs.

 

Dans le cas du Brésil, la destruction de la forêt amazonienne et l’utilisation des terres pour l’agriculture contribuent en effet largement à inscrire le pays dans le haut de la liste.

 

Le Canada en 10e position

 

Le Canada arrive en dixième place d’une liste comptant 20 pays responsables globalement de 82 % du réchauffement climatique. Le Canada se classe toutefois parmi les pires cancres lorsqu’on divise la contribution de chaque pays par le nombre d’individus que compte sa population. Parmi les 20 plus grands émetteurs, les pays développés occupent alors les sept premières places par habitant, le Canada se classant à la troisième place, derrière le Royaume-Uni et les États-Unis. La Chine et l’Inde se retrouvent pour leur part au bas de la liste.

 

L’étude constate en outre qu’il existe un débat sur la façon de comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre. Pour le moment, celles-ci sont attribuées au pays où elles sont produites. C’est ainsi que le Mexique et le Venezuela, deux États pétroliers, se retrouvent dans le classement. Or, la production est vendue essentiellement dans les pays riches, comme le Canada.

 

Les chercheurs préviennent par ailleurs que « les pays ne doivent pas permettre la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre à leurs niveaux historiques », sans quoi il sera impossible de limiter le réchauffement climatique à 2 °C. La communauté internationale s’est officiellement donnée comme objectif de contenir l’augmentation à 2 °C. Or, les rapports scientifiques publiés au cours des derniers mois indiquent que les températures sont déjà en voie de dépasser cet objectif. Et il n’est toujours pas acquis que la communauté internationale parviendra à s’entendre sur un accord sur le climat qui imposerait des cibles contraignantes à tous les pays.

 

À titre d’exemple, le Canada ratera complètement les cibles de réduction de gaz à effet serre pourtant revues à la baisse par les conservateurs. Les émissions devraient plutôt grimper au cours des prochaines années, alimentées par les pétrolières qui exploitent les sables bitumineux albertains.

20 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 16 janvier 2014 10 h 14

    On commence à le savoir

    Un étude de plus qui raconte ce qu'on sait déjà. Il faudrait plutôt penser à l'action. On attend des universités autres choses que des redites. Elles devraient coordonner leurs facultés pour développer un mode de vie différent. Actuellement, les urbanistes, les ingénieurs et les architectes, diplômés des universités, continuent de participer au développement d'un mode de vie qui détruit l'environnement.

    D'abord, les climatologues, et d'autres scientifiques comme des biologistes, ont tiré la sonnette d'alarme. Maintenant, l'ensemble des scientifiques, des sciences pures, des sciences appliquées et des sciences humaines et sociales devraient articuler des pistes de solution au lieu d'entretenir la croyance que les gouvernements peuvent tout changer d'un coup de baguette magique.

    Le monde tel qu'on le connaît, y compris son caractère destructif, n'aurait pas pu être établi sans le concours des scientifiques formés dans les universités. Les scientifiques ont créé un monstre et aujourd'hui il rejette leur responsabilité sur les sociétés et sur les États et gouvernements. Ils s'en lavent les mains. Non, messieurs, dames, les scientifiques, vous avez une grande responsabilité dans ce qui arrive. Vous avez le devoir de vous concerter pour proposer des solutions.

    • Valérie Deschamps - Inscrite 16 janvier 2014 12 h 30

      La "baguette magique" c'est le financement. Le gouvernement Harper ne financera pas de projet qui ira à l'encontre de Keystone XL ou qui aura pour but de régulariser nos émissions de GES. Si nous entendons des scientifiques POUR le pétroles, c'est parce que leurs études et projets ont été grandement financé. De plus, afin d'avoir du financement et l'appui de la population, la seule chose que les scientifiques puissent faire se sont des études. NOUS avons choisi ce gouvernement, c'est à NOUS de choisir un parti qui supporte le développement durable (le vrai). C'est à ce moment que nous aurons la chance de voir, à mon avis, un tournant vers l'action et non juste des études.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 16 janvier 2014 13 h 14

      M. Beaulé vous devriez remarmonner ce que vous venez d'écrire quand vous ou votre voisin prenant son automobile à chaque matin pour se taper 1h de trafic entre sa banlieue et son lieu de travail, n'entend pas remettre en cause son sacrésaint mode de vie. Si ce n'est pas votre cas, ce que je vous souhaite, je vous suggère plutôt de chercher à jeter le blâme ailleurs que sur les messagers qui nous alertent, en cessant de les assimiler aux ploutocrates qui nous incitent à consommer leurs produits énergivores.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 16 janvier 2014 13 h 14

      En guise d'ajout, permettez-moi de vous inciter à ne pas confondre technologues et scientifiques.

    • François Beaulé - Abonné 16 janvier 2014 15 h 48

      @ mes contradicteurs
      Vous avez mal saisi ce que j'écris. Je ne jette pas le blâme sur la petite minorité de scientifiques qui essaie d'alerter les populations et les gouvernements. Mais je m'attends à plus d'eux et surtout de leurs collègues universitaires.

      Vous minimisez arbitrairement le rôle et la responsabilité des scientifiques, des ingénieurs et aussi des architectes et des urbanistes dans le développement de notre mode de vie. Ces professionnels ne sont pas obligés de rester soumis au marché, surtout quand ils sont professeurs dans des universités. Les climatologues et les biologistes ont pris la parole pour nous alerter. Bravo! Mais qu'est-ce que l'ensemble de la communauté universitaire, à commencer par les profs, attend pour se mobiliser? La plupart des universitaires sont convaincus de l'ampleur des problèmes environnementaux et de la gravité du réchauffement climatique causé par les GES. Je me permet d'attendre plus que cela de l'intelligentsia.

  • Jean Richard - Abonné 16 janvier 2014 10 h 22

    Smog et GES : ne pas confondre

    Le smog et les gaz à effet de serre sont deux choses bien différentes, même si les deux possèdent nombre de sources communes. Ainsi, le smog est un mélange de fines particules et de composés chimiques et organiques plus ou moins visibles mais surtout considérés comme indésirables pour la santé de la flore et de la faune (y compris les humains). Ajoutons que ce que nous appelons le smog hivernal dans les pays nordiques est surtout composé de fines particules.

    Le smog est une pollution immédiate, qui affecte la santé dès maintenant. L'augmentation de la concentration des GES dans l'atmosphère est une pollution aux effets à moyen et à long terme, sans incidence immédiate sur la santé, et menaçant les écosystèmes plus que les individus directement.

    Ne pas comprendre la différence entre les deux peut nous amener à faire de mauvais choix. Deux exemples en matière de transport : le diesel et la voiture individuelle électrique.

    Le diesel – Les constructeurs automobiles européens publient pour chaque modèle de voiture mis en marché leur taux d'émission de GES. Il s'adonne que les émissions des versions diesel sont plus basses que celles de leurs vis-à-vis à essence ou au gaz (rares sur les voitures individuelles, mais plus nombreuses pour les poids lourds). Le passage au diesel pourrait être un moyen de réduire les émissions de GES. Le piège, c'est que le diesel est encore un grand émetteur de fines particules et qu'il contribue davantage au smog que l'essence ou le gaz.

    La voiture électrique – N'en déplaise à plus d'un, la voiture individuelle électrique sera mondiale ou ne sera pas. Et à l'échelle mondiale, qui dit électricité dit charbon, et qui dit charbon dit smog. À court et même à moyen terme, la voiture électrique serait probablement plus polluante que celle à essence et même la diesel.

    En somme, ce ne sont que quelques exemples parmi d'autres pour illustrer l'importance de savoir la différence entre pollution atmosphérique et changements climatiques.

  • Chris Lavallée - Inscrit 16 janvier 2014 10 h 27

    Le Canada parmis les pires ''cancres''?

    Je suis surpris que A Shields puisse écrire de tels propos qui vont à l'encontre des conditions d'utilisation de la section commentaire.

    Je pense que le pire cancre, c'est celui qui ne tiens pas compte du climat Canadien et qui s'attend à ce qu'on consomme moins de pétrole que la plupart des pays plus au sud ou il fait plus chaud. Un peu d'intelligence svp.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 16 janvier 2014 13 h 07

      M. Lavallée,

      Je vous en souhaite également. Car, des pays nordiques qui se classent mieux que le Canada, il y en a plusieurs, à commencer par les pays de l'Europe du Nord, Danemark, Suède, Finlande, Norvège... D'autant plus que 90% de la population canadienne vis à moins de 100 km de la frontière des USA... Ouille, ouille qu'il y fait froid, on se croirait sur la terre de Baffin!

    • Chris Lavallée - Inscrit 16 janvier 2014 18 h 38

      Votre comparaison est malhonnête, typique chez les écolos. Je dis qu'il faut comparer le climat, les températures glaciales, pas la position géographique. Lisez:

      ''Le climat norvégien est raisonnablement tempéré, en particulier sur le littoral grâce à la chaleur apportée par le Gulf Stream et les pluies amenées par les vents de l'ouest.''

      La malhonnêteté intellectuelle, c'est ca!

    • John Plaice - Inscrit 16 janvier 2014 22 h 03

      Winnipeg est à 111km de la frontière des É.-U. La température MOYENNE pour le mois de décembre 2013 fut -20,9°C! Plutôt frais, je trouve.

    • Patrick Lépine - Inscrit 16 janvier 2014 23 h 33

      C'est comme de dire que le moteur-roue n'a jamais existé...

  • John Plaice - Inscrit 16 janvier 2014 10 h 34

    17 années sans réchauffement

    Depuis 17 ans, les émissions de CO₂ ne cessent d'augmenter, et la température refuse de monter en conséquence. Les modèles sont tout simplement faux.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 16 janvier 2014 13 h 09

      Votre opinion vaut évidemment mieux que celle de tous les scientifiques tant ceux liés aux rapports du GIEC qu'aux autres chercheurs qui ne cessent d'apporter des preuves des liens en cause. Vous devriez postuler pour un prochain prix Nobel.

    • Murray Henley - Inscrit 16 janvier 2014 18 h 04

      Comment répondre aux faits qui contredisent l'hypothèse du réchauffement climatique anthropogénique?

      Par exemple, au lieu de chercher à expliquer l'arrêt du réchauffement, il est plus expéditif d'essayer de faire dévier le débat sur le créationisme, la terre plate ou un prétendu consensus qui n'a jamais existé... sauf au Québec, où règne la pensée unique.

      D'ailleurs, la science n'est pas une affaire de consensus, mais plutôt de découverte de la vérité. Un seul fait contradictoire sufft à invalider une hypothèse, même si celle-ci fait consensus.

      Le GIEC n'est pas crédible, car son mandat repose sur le postulat d'un réchauffement climatique anthropogénique. Le GIEC a toujours la réponse avant de poser la question.

    • Isabelle Teasdale - Inscrite 17 janvier 2014 18 h 22

      Les émissions de CO2 et l'augmentation de la température sont insérées dans un concept très complexe. À titre d'exemple, les océans ont une capacité énorme de captation de CO2. Il s'agit en fait du plus important réservoir de CO2 sur la planète. La capacité maximale des océans pourrait toutefois être bientôt atteinte, ce qui laisse présager un emballement du climat.

      Bref, il faut comprendre que même si les courbes d'augmentation d'émissions de CO2 et de température ne se suivent pas à la trace sur un graphique donné, elles peuvent être étroitement reliées.

  • Sylvain Auclair - Abonné 16 janvier 2014 11 h 48

    Ce sont les individus qui comptent

    Si la Chine se divisait en 40 pays de 30 millions d'habitants, comme le Canada, aucun d'autre eux ne paraîtrait sur un quelconque classement par pays. Pourquoi un Canadien aurait-il davantage le droit à polluer qu'un Chinois juste parce qu'il vit dans un pays moins peuplé?