Contrer les îlots de chaleur

Les habitations Jeanne-Mance à Montréal ont vu les espaces bétonnés qui les entouraient transformés en espaces verts pour éviter la création d’îlots de chaleur.
Photo: François Pesant - Le Devoir Les habitations Jeanne-Mance à Montréal ont vu les espaces bétonnés qui les entouraient transformés en espaces verts pour éviter la création d’îlots de chaleur.

Sachant qu’un grand stationnement peut faire grimper le mercure de plusieurs degrés en été, comment justifier que nos hôpitaux et nos CHSLD soient entourés d’une mer de béton et d’asphalte ?

 

Au moins 75 établissements de santé se trouvent dans un îlot de chaleur, indique le chercheur à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) Pierre Gosselin. Selon lui, lors de rénovations ou de nouvelles constructions, il devrait être obligatoire d’intégrer des mesures de mitigation de ces fours à ciel ouvert.

 

Certains n’ont pas attendu pour agir. Autour de la Cité de la santé de Laval, mais aussi sur les terrains des écoles et des CLSC, un millier d’arbres ont été plantés ces dernières années sous l’impulsion du Dr François Reeves. « Ici, à la Cité de la santé, lorsque j’étais jeune, il y avait un immense terrain où nous venions jouer. Il y avait une forêt, des grenouilles et des perchaudes. Aujourd’hui, c’est un grand carré de gazon avec une bâtisse en béton au milieu », expliquait-il dernièrement en entrevue avec le magazine Synergie.

 

L’INSPQ a financé la transformation d’une centaine d’îlots de chaleur en espaces verts. Autour des habitations Jeanne-Mance, à Montréal, arbres et verdure ont remplacé des espaces bétonnés. Les mesures de la température n’indiquent pas encore de baisse du mercure grâce à ces plantations. « On devrait voir des effets dans cinq ans, quand les arbres auront grandi », dit Pierre Gosselin. Mais déjà, les habitants disent se sentir plus en sécurité, puisque l’embellissement a fait fuir les vendeurs de drogue ou les gangs, alors que les locataires retrouvaient le plaisir de jouer dehors.

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 4 janvier 2014 08 h 57

    Un championnat

    Pour les îlots de chaleur en été et les grands vents froids en hiver la Rive-Sud peut s'ennorgueuillir de détenir le site gagnant des grands parkings dénudés avec le Dix-30.

  • Jean Richard - Abonné 4 janvier 2014 11 h 25

    Planter des arbres, d'accord mais...

    Petit exercice – Lancez Google Maps puis l'application StreetView qui lui est intégrée. Choisissez au hasard une dizaine de villes européennes dans divers pays et observez.

    Si vous voyez des fils électriques aériens, c'est que vous êtes tombés sur une rue où il y a soit une ligne de trolleybus (deux petits fils parallèles) ou une ligne de tramway (un seul fil qui zigzague d'un suport à l'autre). Mais pour trouver des rues parsemées de vieux poteaux de bois à moitié pourris, s'inclinant parfois dangereusement, encombrés de nombreux fils et de transformateurs, il faudra chercher ailleurs que dans des villes modernes (et pourtant très anciennes).

    Au Québec, le tableau est fort différent. Les tramways et les trolleybus n'existent pas et pourtant, des fils aériens, on en a plein la vue, souvent tenus tant bien que mal par de vieux poteaux de bois à moitié pourris. L'enfouissement des fils électriques (et autres), c'est réservé à quelques quartiers où on accueille les touristes et non à ceux habités par des citoyens ordinaires.

    On a pourtant de très beaux arbres dans certains quartiers, mais un grand nombre d'entre eux sont profondément mutilés, pour ne pas nuire aux fils électriques. Dit autrement, en Europe, on enfouit les fils, ici, on enfouit les arbres, c'est plus facile. Ajoutons à ce massacre par le haut celui fait par le bas par les déneigeuses conduites par des cowboys parfois fatigués.

    Planter des arbres, oui ! Mais s'ils doivent être condamnés à rester nains pour ne jamais menacer les branlants fils électriques qu'on refuse d'enfouir, on ne pourra peut-être pas compter sur eux pour rafraîchir les citadins en été. Des « petits cotons à trois feuilles », ça ne fait pas beaucoup d'ombre...

    Les arbres, c'est comme les enfants : il leur faut un environnement propice pour grandir, ce qui exige qu'on revoit nos priorités en matière d'environnement.