Transport ferroviaire - Le pétrole pourrait devenir un produit «dangereux»

L’explosion de plusieurs wagons de pétrole au centre-ville de Lac-Mégantic le 6 juillet a montré du doigt les lacunes dans la sécurité ferroviaire.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’explosion de plusieurs wagons de pétrole au centre-ville de Lac-Mégantic le 6 juillet a montré du doigt les lacunes dans la sécurité ferroviaire.

Sévèrement critiqué pour son laxisme en matière de sécurité ferroviaire, le gouvernement Harper entend renforcer les règles sur le transport de pétrole brut, un secteur en très forte croissance au pays.

 

Ottawa souhaite d’abord revoir la classification du pétrole. Pour le moment, la substance est seulement considérée comme inflammable. Mais la tragédie de Lac-Mégantic a mis en lumière les risques d’explosion associés au brut.

 

Le gouvernement fédéral envisage donc de le considérer comme un produit « dangereux », a dit la ministre des Transports, Lisa Raitt, en entrevue au Globe and Mail. « Tout le monde comprend l’urgence, a-t-elle souligné. Nous voulons que ce dossier avance le plus rapidement possible. »

 

Mme Raitt a déjà mandaté un groupe au sein de son ministère qui doit préciser les modifications d’ici la fin de janvier. Les nouvelles mesures encadrant le transport pétrolier par train seraient mises en application dès la mi-2014.


Mesures

 

Parmi les scénarios envisagés, Ottawa pourrait forcer les entreprises qui transportent du brut à se doter de plans et d’équipes d’intervention qui seraient disponibles tout le long du parcours d’un convoi ferroviaire. Le fédéral souhaite en outre renforcer les règles qui régissent l’étiquetage du pétrole.

 

Le gouvernement canadien estime aussi qu’il serait temps d’exiger des entreprises qu’elles détiennent des couvertures d’assurance suffisantes pour faire face aux coûts de nettoyage en cas de déraillement. Une telle mesure, réclamée par plusieurs, pourrait permettre d’éviter que les contribuables aient à payer la facture en cas de catastrophe comme celle survenue en juillet à Lac-Mégantic.

 

Uniquement pour la décontamination des sols du secteur dévasté de la ville, l’entreprise choisie par Québec estime que les travaux coûteront plus de 30 millions de dollars. Pour le moment, ce sont les citoyens qui doivent payer le tout.

 

La question de la sécurité du transport ferroviaire de pétrole a été ravivée l’été dernier, mais elle se pose de plus en plus. Ce mode de transport de brut connaît en effet une très forte croissance, en raison de la production de plus en plus importante de pétrole de schiste et des sables bitumineux, au Canada et aux États-Unis.

 

L’Association des chemins de fer du Canada estime que jusqu’à 140 000 wagons-citernes transportant du brut devraient circuler sur les rails du pays cette année, contre seulement 500 en 2009. La raffinerie de Suncor, à Montréal, entend recevoir du pétrole grâce à un train qui traversera une partie de la ville. Celle de Lévis en reçoit déjà.

 

Pour le responsable de la campagne Climat chez Greenpeace, Patrick Bonin, des règles de transport plus strictes ne permettront pas d’éviter d’autres catastrophes pétrolières. Selon lui, il importe de prendre rapidement des mesures pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles.

 

Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, n’a pas souhaité réagir vendredi aux intentions annoncées par le gouvernement fédéral.

5 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 14 décembre 2013 13 h 13

    Insuffisant

    Ottawa doit faire revoir la conception de ces wagons-citernes. Ils sont désuets et dangereux. Leur coût ne doit pas empêcher de les refaire.

  • Bernard Plante - Abonné 16 décembre 2013 09 h 46

    Le grand frère parle, le petit frère suit.

    «Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, n’a pas souhaité réagir vendredi aux intentions annoncées par le gouvernement fédéral».

    Ah bon.

  • Pierre Labelle - Inscrit 17 décembre 2013 06 h 07

    Erreur????

    La décontamination des sols à Lac-Mégantic, 30 millions de $, ce n'est pas plutôt de 300 millions de $ sinon plus dont il faudrait parler? Je me souvient que dans les semaines qui ont suivis la catastrophe, tous les intervenants s'entendaient pour nous dire que cette seule opération (décontamination) ne coûterait pas moins que 500 millions de $.

  • Nicole Bernier - Inscrite 17 décembre 2013 09 h 51

    Réduire notre dépendance aux énergies fossiles

    Je lisais que BMW venait de sortir une voiture 100% électrique et qu'ils compétitionnent avec d'autres compagnies comme Renault-Nissan à Chevrolet (General Motors) en passant par Volkswagen et Tesla, mais que le problème majeur c'est qu'il n'y a pas de service de distribution de l'électricité...

    Pourquoi Hydro-Québec n'a pas de projet avant gardiste sur ce sujet alors qu'ils sont en train de changer les compteurs électriques qui va couper des emplois... Il me semble que la créativité va dans la mauvaise direction. Pourquoi forcer la population à payer plus cher l'électricité pour couper des emplois et ne pas investir dans le développement de ces réseaux de pompes électriques pour alimenter les auto-électriques?

  • Benoît Gagnon - Inscrit 17 décembre 2013 12 h 23

    Et...

    Et dans un secteur résidentiel où vivent des familles, ce produit sera-t-il considéré comme dangereux?

    Non, sûrement pas...