Oléoduc d’Enbridge - Québec recule et invite les critiques du projet à témoigner

La pétrolière albertaine Enbridge souhaite inverser le flux de son oléoduc 9B. Des groupes de citoyens et des organismes s’étaient vu refuser l’accès à la commission parlementaire.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La pétrolière albertaine Enbridge souhaite inverser le flux de son oléoduc 9B. Des groupes de citoyens et des organismes s’étaient vu refuser l’accès à la commission parlementaire.

Après avoir refusé d’entendre des groupes citoyens et des organismes critiques du recours aux pipelines et de l’exploitation des sables bitumineux, le gouvernement du Québec les invite maintenant à participer à la commission parlementaire sur l’oléoduc 9B d’Enbridge.

 

Le Devoir a appris que des groupes citoyens et des organismes ont été contactés vendredi par le gouvernement. Québec leur a suggéré d’envoyer une demande afin de pouvoir faire une présentation dans le cadre de la commission parlementaire, qui se termine jeudi prochain.

 

Au moins deux des groupes contactés étaient cités dans un texte publié vendredi dans Le Devoir et qui faisait état du refus formulé par Québec avant le début de la commission. Le gouvernement leur avait alors répondu, par courriel, que l’horaire des auditions était « complet ». Mais alors que la commission a déjà entamé ses travaux depuis une semaine et qu’il ne reste que quatre jours d’audiences, il semble que des plages horaires soient disponibles.

 

Délais « très courts »

 

Le cabinet du ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, a contacté directement la Coalition vigilance oléoducs — qui compte plusieurs groupes de citoyens qui vivent tout le long du pipeline — pour lui suggérer de présenter une nouvelle demande de participation à la commission.

 

Sa porte-parole, Audrey Yank, n’a toutefois pas reçu l’assurance que le groupe pourra effectivement s’adresser à la commission. « La décision doit être prise lundi », a-t-elle souligné. Cela signifie que ce groupe, composé uniquement de citoyens bénévoles, devra préparer une présentation et choisir un ou des porte-parole en quelques heures à peine.

 

La coalition aimerait bien participer, mais Mme Yank a souligné vendredi qu’une grosse charge de travail les attendait durant la fin de semaine. « Ce n’est pas facile de voir comment on va y arriver. Les délais sont très courts », a-t-elle laissé tomber.

 

Même chose pour la Société pour vaincre la pollution. Sa porte-parole, Anne-Marie Saint-Cerny, a été contactée vendredi. Selon ce qu’elle a dit, l’organisme environnemental doit faire sa présentation lundi à 21 h.

 

L’organisme entend notamment profiter de l’occasion pour faire valoir que le Québec ne possède « aucune expertise » en matière de déversements pétroliers provoqués par des pipelines.

 

Par ailleurs, Québec aurait contacté vendredi Stratégies énergétiques et le Conseil traditionnel des Mohawks de Kanesatake pour les inviter à soumettre une demande d’audience à la commission parlementaire. Il n’a pas été possible d’obtenir de confirmation de la part du cabinet du ministre Blanchet.

 

Le gouvernement Marois a promis il y a un an de tenir une consultation sur le projet d’Enbridge, qui fera couler chaque jour 300 000 barils de brut de l’Ouest jusqu’à Montréal. La tenue de celle-ci a finalement été annoncée le 13 novembre et elle a débuté mardi. Elle doit se terminer le jeudi 5 décembre, et la commission parlementaire doit remettre son rapport le 6 décembre.

33 commentaires
  • Gaston Carmichael - Inscrit 30 novembre 2013 08 h 37

    Sauver la face

    C'est quoi cette soudaine invitation à la dernière minute sans repousser la date d'échéance de la commission pour leur accorder un temps raisonnabe afin de se préparer?

    Au final, on pourra sans doute se défendre de l'absence de ces groupes à la commission en disant qu'ils ont été invité, mais ne se sont pas présenter.

    • Marco Munoz - Inscrit 2 décembre 2013 19 h 07

      bonne idée, je vais aller m'acheter des livres de smith :)

  • André Michaud - Inscrit 30 novembre 2013 10 h 01

    Quoi de neuf ?

    Ces gens ont ils de nouveaux arguments logiques ou viendront-ils nous dire qu'il faudrait oublier le pétrole dès aujourd'hui , même si une grande part de notre économie tient sur le pétrole et ses dérivés et qu'il n'y a pas encore d'alternatives réalistes ?

    • Patrick Lépine - Inscrit 30 novembre 2013 12 h 11

      Ce n'est pas notre économie, mais bien nos moyens de transports qui sont menacés, et ceux-ci peuvent-être changés pour mieux.

      Moi ça ne me dérange pas que les seins en silicones coûtent plus chers, ce qui me dérange, c'est d'empoisonner mes neveux et nièces, juste parce que j'utilise un véhicule pour aller leur rendre visite à 40 minutes de chez moi.

      Le moteur-roue doit être produit en quantité immédiatement, et les prix de votre précieuse denrée redescendront naturellement...

      Si vous souhaitez conserver les moteurs thermiques, les systèmes Pantone, HHO, GEET et autres peuvent autoriser un meilleur usage des hydrocarbures, et une réduction des rejets atmosphériques, mais ça ça ne vous intéresse pas.

      En termes d'arguments logique, dites-moi ce qu'il y a de logique à accepter un montant d'argent pour avaler du poison? Moi je n'en vois aucun sauf pour les esprits nécrosés.

    • Daniel Bérubé - Abonné 30 novembre 2013 14 h 00

      Je reconnais Mr. Michaud qu'il est de beaucoup plus facile, plaisant et rapide de refaire des humains que de refaire une économie...

      Mais avez vous pensé qu'il est possible de voir des humains sans économies, mais chercher une économie qui fonctionne sans humains...

      Ou en d'autres termes, serait-il possible que l'humain soit plus à considérer que les économies ? Bonne question, hein !?

      Mais je reconnais que pour plusieurs, un humain sans argent n'est rien. Ceux qui n'ont pas encore découvert que l'humain est un "être" et l'argent, un "avoir", et qu'un choix est à faire à savoir qui serait à mettre en tête, comme étant le plus important... pas facile, pas facile, hein ?

      Mais quand nous réalisons que des milliards de milliards d'argent sans humains, ne sont RIEN. Quelques humains sans argent, eux, pourront avoir des enfants, former un peuple, se multiplier, et j'espère... ne JAMAIS réinventer l'argent quand nous voyons où elle a mené l'humanité de par ses marchés et ses économies qui en sont venues à tout dominer, voir parfois détruire ce qui permet à l'humain d'exister: la nature.

    • Gaetane Derome - Abonnée 30 novembre 2013 14 h 09

      @M.Michaud,

      J'ai personnellement conscience que nous avons encore besoin du petrole,cependant pas celui de l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta.C'est une exploitation tres sale et des plus polluante.Nous ne devons pas encourager Enbrige.Pas de pipeline au Quebec et pas d'oleoduc dans le Saint-Laurent.Il y a une limite a tout.

    • Pierre Couture - Inscrit 2 décembre 2013 06 h 26

      @ M. Michaud.
      C'est exact qu'il sera difficile de se passer du pétrole à court terme.

      Mais il ne s'agit pas de cela ici. Il s'agit plutôt de nous demander quel intérêt nous pouvons avoir, nous Québécois, à laisser traverser notre territoire par le pétrole le plus sale actuellement connu afin qu'il puisse être vendu ailleurs.

      Une telle configuration signifie simplement que nous supporterons tous les risques et toutes les nuisances, sans aucun bénéfice.

      Alors reposons-nous la question : Quel intérêt les Québécois peuvent-ils avoir dans cette aventure?

    • Pierre Couture - Inscrit 2 décembre 2013 13 h 49

      @ M. Michaud.
      Pour renchérir sur la question des intérêts, rappelons que la compagnie Enbridge joue sur plusieurs tableaux et notamment sur le tableau du soi-disant «verdissement».

      La multinationale albertaine investit aussi dans les centrales éoliennes - un secteur exagérément subventionné et générateur de gros bénéfices pour les promoteurs.

      Au Québec, elle est déjà partenaire à 50% dans la centrale du Lac Alfred, en Gaspésie, dans celle du Massif du Sud et dans celle de Sait-Robert-Bellarmin.

      Bref, le transporteur d'hydrocarbures cherche à redorer son image en chevauchant les modes écolos.

      Mais on peut penser qu'il y a plus : avec le marché du carbone que Québec s'apprête à lancer, on peut penser qu'Enbridge pourra capitaliser sur le rendement de ses éoliennes - qui sont créditées favorablement même si leur construction et fonctionnement entraînent généralement de fortes émissions - pour se vendre des droits de pollution ailleurs.

      Tout cela se fera bien évidemment en puisant encore plus profondément dans nos poches.

      Alors, la sempiternelle question revient toujours : Quel intérêt les Québécois peuvent-ils avoir dans cette aventure?

    • Chris Lavallée - Inscrit 2 décembre 2013 13 h 56

      @ M. Lepine:

      Le moteur roue!? En quoi le moteur roue a-til rapport avec le dossier pipeline?! De toute facon, ce moteur-roue dont on entend parler depuis près de 15 ans est une farce. Aucun producteur d'automobile n'a voulu même acheter les brevets et pour cause. L'idée de mettre le moteur d'un véhicule automobile dans les roues est loufoque pour des raisons bien simple: le poid, le cout, le bris potentiel (pensez aux nids de poule). C'est sans compter le refroidissement, le système électrique, etc... un casse tête dans lequel les ingénieurs d'Hydro Québec ont englouti des millions de notre argent pour rien. L'inventeur de cette idée est un original qui a toujours vu ses projets mis aux rancarts, et celui ci ne fait pas exception. Malheureusement, c'est le contribuable qui paye, cad, vous et moi.

    • Chris Lavallée - Inscrit 2 décembre 2013 14 h 01

      @M. Couture,

      On est pas tout seul. On fait parti du Canada! Faut cesser de penser juste à notre nombril. ceci s'inscrit dans un cadre plus grand et plus important. De toute facon, les arguments des environementalistes ne tiennent pas la route, comme s'il existait meilleur moyen de transporter le petrole qu'un pipeline. Et pour les environementaleux qui ne veulent plus de pétrole, cessez de chauffer vos maisons pour un seul hivers, on s'en reparlera au printemps!

    • Pierre Couture - Inscrit 3 décembre 2013 06 h 32

      @ M. Lavallée.
      Hélas! Oui, nous faisons encore partie du Canada, pour notre plus grand malheur.

      Ce n'est pas une raison pour sacrifier notre population et notre territoire au seul bénéfice des autres.

  • Nicole Bernier - Inscrite 30 novembre 2013 10 h 51

    "le gouvernement du Québec les invite maintenant à participer à la commission parlementaire sur l’oléoduc 9B d’Enbridge"

    M. Shields affirme que "Le cabinet du ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, a contacté directement la Coalition vigilance oléoducs'

    Hier, dans les commentaires, il y avait des accusations d'ignorance par certains commentateurs contre d'autres commentaires ou contre le discours des organisations rejettées. Par exemple, M. Leblanc a dit:

    "Je ne comprends pas comment des groupes peuvent affirmer que le «gouvernement» refuse de les entendre à la commission. Par définition c'est impossible.... voici pourquoi: Il s'agit d'une commission PARLEMENTAIRE, ce qui veux dire qu'elle relève du Parlement et non du gouvernement. Donc la liste des témoins relève des membres de la commission qui sont majoritairement composé de l'opposition en situation minoritaire. Le ministre Blanchet n'a donc pas le pouvoir d'imposer ou de refuser des groupes. Lorsque des groupes blâment le gouvernement pour ce refus qui leur a vraisemblablement été transmis par le sécrétaire de la commission (qui relève de l'Assemblée nationale et non du gouvernement) ils sont «dans le champs»."

    Je l'encouragerais (M. Leblanc et les autres qui parlent du cours 101 en politique) à relire les deux articles, d'une part, pour comprendre qui a entretenu la confusion et, d'autre part, je pense que M. Leblanc et cie a oublié de prendre en considération la question suivante: qui a le leadership pour établir les règles du jeux de la commission?

    • Gaston Carmichael - Inscrit 30 novembre 2013 14 h 28

      Faut-il alors comprendre que le ministre Blanchet a unilatéralement renversé la décision des membres de la commission?

  • sylvie moses - Abonnée 30 novembre 2013 12 h 12

    Manque de sérieux de certains groupes.

    Il est regrettable de constater le manque de sérieux de certains groupes, depuis plusieurs mois, tout le monde sait qu’il y aura des auditions concernant le pipeline d’Endbridge.
    Et pour les organiser, il y a une date limite pour s’inscrire, je trouve odieux de faire porter le blâme au ministre, alors que certains groupes ont manqué de cohésion dans leur inscription.

    Dans l’article, il est mentionné que ces derniers manqueront de temps pour préparer le dossier.
    Je m’excuse, mais je travaille sur divers dossiers de façon bénévole et mes dossiers sont prêts en tout temps, ma bibliothèque est prête et plusieurs mémoires sont déjà montés.
    Dans l’action citoyenne, il faut avoir un minimum de rigueur et de planification.

    Je lève mon chapeau au ministre Yves-François Blanchet d’avoir ouvert la porte pour leur donner une place pour les auditions, car il y a carrément un manque de préparation et de sérieux de la part de ces deux groupes.

    Et pourtant, je suis très critique auprès de tous les gouvernements, mais il y a une limite à faire porter le chapeau au gouvernement et au ministère de l’Environnement.

    Et je dirais même au journaliste qui a publié cet article, vous avez monsieur Shields une date et une heure de tomber que vous devez respecter, sinon votre article ne paraitra pas, même chose dans la structure de demande d’audition. Le sérieux et le professionnalisme sont de mise, il faut arrêter d’y voir une stratégie du complot de la part du gouvernement.

    • Claude Champagne - Inscrit 30 novembre 2013 14 h 40

      Merci mme pour mettre le pendules à l'heure, <le sérieux n'appartient pas toujours à des gens sérieux>

    • Willy Mouzon - Inscrit 30 novembre 2013 16 h 58

      Manifestement vous n'êtes pas au courant du dossier. Les groupes citoyens le mien ont passé plus de mille heures à réunir l'information, les faits, les expertises afin de déposer un dossier crédible aux audiences de l'ONÉ le mois passé, audiences auxquelles le gouvernement du Québec, qui jure que le dossier est de compétence fédérale, n'a même pas pris la peine de se faire entendre. Ce même gouvernement qui en parallèle nous faisait miroiter une audience plus large concernant ce même projet, et qui après 11 mois accouche (en premier lieu). Si vous étiez vraiment si au courant des procédures, vous seriez que chaque audience demande une grosse préparation, car il ne faut pas être hors sujet du cadre que l'audience impose aux participants. Donc oui, les groupes ont tout à fait raison de manifester leur mécontentement. Applaudissez monsieur Blanchet tant que vous voulez, mais arrêtez de dire n'importe quoi.

  • Patrick Lépine - Inscrit 30 novembre 2013 12 h 28

    J'espère qu'au moins une question sera posée...

    Et c'est celle à savoir où se trouve la sécurité dans la promotion de l'emploi et du transport de matières que l'on reconnaît dangereuses.

    Permettrait-on un tuyau de cyanure ou d'arsenic? Permettrait-on un conduit de nitroglycérine? Auroriserait-on une alimentation en uranium dans un pays sur le bord d'affirmer son indépendance dans ce domaine comme l'Iran par exemple?

    Faudrait tout de même pas nous prendre pour des cons. Mon tarif comme clown ou amuseur publique ne frôle même pas leur imagination, et tant qu'à avoir un publique qui ne comprends pas la blague, aussi bien économiser mes efforts pour les faire sourire...

    Qu'ils le disent franchement ces gens de l'industrie s'ils veulent notre mort, il n'y a pas à prendre de faux-fuyants, s'ils veulent payer pour notre cercueil, aussi bien leur demander de l'essayer voir s'ils le jugent assez confortable eux-même.