Port pétrolier - Québec promet la prudence

Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, promet que le gouvernement du Québec agira avec prudence dans le cas du projet de port pétrolier que la multinationale TransCanada souhaite construire à Cacouna pour exporter du pétrole albertain.

 

Le Devoira révélé lundi que ledit projet serait construit en plein coeur de la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent, une espèce menacée de disparition. Qui plus est, les pétroliers seraient chargés de pétrole à proximité du seul parc marin du Québec, dans un secteur reconnu pour sa grande biodiversité.

 

Selon ce qu’a répondu lundi par courriel un porte-parole du ministre Blanchet, le gouvernement n’a pas reçu pour le moment de demande formelle de la part de TransCanada. Celle-ci devrait être présentée d’ici quelques mois. Québec promet d’agir avec prudence dans ce dossier. « Il est hors de question de faire preuve d’imprudence dans l’étude de tout projet, en particulier s’il pose une menace documentée pour la diversité biologique des milieux marins du Saint-Laurent. Les mécanismes appropriés seront mis en oeuvre le cas échéant », a indiqué le cabinet du ministre de l’Environnement.

 

Les scientifiques s’inquiètent des impacts du projet, qui serait construit dans un secteur « critique » pour les femelles et les baleineaux, qui y passent plusieurs mois par année. Selon Robert Michaud, qui étudie l’espèce depuis plusieurs années, il ne fait donc aucun doute que le projet pourrait avoir des effets « désastreux » pour la population.

 

Une pétition lancée lundi sur le site Avaaz, avec pour objectif de recueillir 1000 signatures, avait déjà été appuyée par 470 personnes en fin de journée. Les signataires demandent à la mairesse de Cacouna, Ghislaine Daris, « de rejeter clairement la possibilité qu’un tel projet puisse voir le jour sur le territoire de votre municipalité ».

14 commentaires
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 26 novembre 2013 07 h 49

    Réponse, s.v.p.

    Sauf erreur, les cours d'eau sont de responsabilité fédérale. Les ports le sont-ils aussi? Si oui, Trans-Canada fera comme Enbridge: Québec peut dire ce qu'il veut, la décision revient à Ottawa. On sait, dès lors, ce qui adviendra.

    Desrosiers
    Val David

  • Robert Henri - Inscrit 26 novembre 2013 08 h 24

    Promet la prudence...

    La prudence la plus élémentaire est de ne pas jouer avec le feu. Jouer avec le feu, c'est permettre qu'on construise un port pétrolier dans un environnement tellement sensible, sur un des fleuves les plus dangereux au monde. Un accident comme l'Exxon Valdez là causerait des dommages irrémédiables.

    • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 28 novembre 2013 07 h 23

      Québec promet la prudence mais livrera le port.

      Desrosiers
      Val David

  • André Michaud - Inscrit 26 novembre 2013 09 h 09

    Ouvert mais vigilant

    On ne doit pas empêcher ce projet économique, mais il faut certe rester vigilant pour assurer la plus grande sécurité possible .

  • François Beaulé - Abonné 26 novembre 2013 09 h 47

    Les risques de déversement pétrolier

    Les dommages causés aux bélugas ne sont pas les seuls risques liés à ce projet. La capacité du pipeline en projet est, selon Le Devoir, de 1,1 million de barils par jour qui s'ajouteraient aux 300 000 barils du pipeline Enbridge. Combien de pétroliers transportant combien de pétrole sillonneraient le St-Laurent pour exporter cette polluante marchandise?

    Et la même question se pose relativement à ce projet que pour l'inversion du pipeline d'Enbridge. Le Québec, à juste titre, veut réduire de façon importante ses émissions de GES. La construction de ce pipeline et l'inversion d'un autre permettraient à des compagnies pétrolières de vendre 1,4 million de barils par jour de ce pétrole particulièrement polluant. La production, le raffinage et la consommation de ce pétrole contribueraient à augmenter les émissions de GES de façon substantielle. Pourquoi le Québec se ferait-il complice de ce commerce dont le Canada, pays riche, n'a pas besoin? Que les GES soient produits au Québec ou ailleurs, ils se retrouveront dans l'atmosphère.

    Quel est l'avantage économique de favoriser une industrie de l'Ouest qui gonfle la valeur du dollar canadien et gène les exportations québécoises?

    • André Michaud - Inscrit 26 novembre 2013 12 h 34

      Cette industrie de l' Alberta rapporte des millirads à cette province qui nous retourne beaucoup de ce fric , des dizaines de millions chaque année en péréquation...il faut mettre ça dans un calcul global des avantages et désavantages.

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 27 novembre 2013 09 h 58

      Sur l'avantage économique québécois. Il ne suffit pas de produire du pétrole, encore faut-il le vendre à un prix suffisamment élevé pour qu'il vaille la peine d'y investir. Déjà que le pétrole extrait des sables bitumineux s'avère plus dispendieux à produire et à raffiner que les autres sortes de pétrole. Déjà qu'il se vend légèrement à rabais. Voilà maintenant que les consommateurs américains n'en auront bientôt plus besoin, la production nationale égalant leur consommation. Les raffineries américaines, construites tout près de notre frontière pour économiquement raffiner la totalité du pétrole brut que nous leur avons vendu, raffineront bientôt un pétrole américain qu'ils nous vendront normalement un peu moins cher que ce pétrole canadien issu des sables bitumineux. Mais à quel prix le feront-elles dans un marché pétrolier encore continental ? Beaucoup dépendra du prix du pétrole albertain. Beaucoup plus dépendra de sa présence sur le marché. Y-en aura-t-il et où le trouverons-nous ? Alors pourquoi, nous diront certains, ne pas faire d'une pierre cinq ou six coups: 1) faciliter l'exportation du pétrole canadien bitumineux si cher à tous ceux qui y ont investi leurs économies, 2) maintenir le prix du pétrole albertain à un prix élevé, probablement plus élevé que le sera bientôt le pétrole américain destiné à l'exportation, en lui donnant des consommateurs québécois et atlantiques captifs, 3) raffiner davantage de pétrole canadien avant de l'exporter vers tous les continents, au besoin en passant par l'océan Artique, 4) continuer à favoriser les forces économiques favorales à une économie fondée sur l'utilisation de ressources à bon marché, ralentissant ainsi l'utilisation d'énergies dites alternatives, et 5) augmenter le rapport de force du gouvernement québécois dans des négociations fédérales-provinciales futures sur toutes sortes de sujets, la périquation en étant un.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 27 novembre 2013 12 h 53

      Quelqu'un peut-il m'informer par oû passent les pétroliers venant du Moyen-Orient et amenant leur pétrole à Montréal?

      Est-ce qu'ils causent moins de perturbations de l'environnement et de la faune maritime côtière?

      Est-ce que ce pétrole est tellement plus propre puisque nous partageons les émanations de CO2 et méthane à l'échelle planétaire?

      Je veux bien accepter les cris du coeur des environementalistes et des verts, mais combien d'entre nous désirent vraiment guerir de cette dépendance au pétrole?

      @ M. Michaud..Merci de relever ce que J'ai souligné maintes fois...La relation directe des redevances pétrolières que reçoit l'Alberta et sa capacité de contribuer à la Peréquation..

  • François Beaulé - Abonné 26 novembre 2013 09 h 53

    La relation du gouvernement du Québec et de TransCanada

    Finalement, il faudrait qu'un bon journaliste explore les relations entre TransCanada et le gouvernement du Québec. Il y a une dizaine d'années, la Régie de l'Énergie du Québec a rejeté le projet de centrale au gaz du Suroît. Alors que le gouvernement, à la même époque, a accepté la construction d'une autre centrale au gaz à Bécancour par une entreprise privée, TransCanada. Pourquoi est-ce le projet d'Hydro (Le Suroît) qui a été rejeté et le projet de TC qui a été accepté plutôt que l'inverse?

    En quoi le Québec avait-il besoin d'une entreprise privée pour financer la construction d'une centrale thermique alors que toutes les autres centrales thermiques appartiennent à Hydro? Et alors qu'Hydro n'avait pas besoin du capital de TransCanada, pourquoi a-t-elle signé un contrat si avantageux pour cette compagnie? On sait que Hydro a versé des centaines de millions à TC pour que celle-ci NE produise PAS d'électricité avec sa centrale au gaz. Pourquoi les intérêts de TransCanada sont-ils si bien servis par Hydro-Québec au détriment des contribuables québécois?