Climat - Vers un échec de la rencontre de Varsovie sur le climat?

Les négociations mondiales sur le climat qui se tiennent jusqu’à vendredi pourraient bien tourner à l’échec pour des raisons financières. Les pays du Sud exigent en effet que les États riches honorent leurs promesses d’aide financière annoncées il y a déjà quatre ans, sans quoi toute discussion risque de devenir impossible.

 

À Copenhague, en 2009, la communauté internationale s’était engagée à débloquer 60 milliards de dollars d’ici 2015 et 100 milliards par an d’ici 2020 pour permettre aux pays en développement de lutter contre les changements climatiques et de s’adapter aux effets de ceux-ci.

 

Où est cet argent, ont redemandé mercredi les pays réunis au sein du G77. « Nous avons besoin d’une feuille de route très claire » sur la mobilisation de ces fonds, a déclaré à la presse la ministre indienne de l’Environnement, Jayanthi Natarajan. « Sans ça, il sera impossible pour nous d’avancer et ces négociations n’auront plus aucun sens. »

 

Responsabilité

 

Les États-Unis et l’Union européenne ont répondu qu’ils cherchaient toujours une solution. Le négociateur américain Todd Stern a ainsi dit « comprendre l’importance du financement climatique » et assuré que les « États-Unis et d’autres donateurs sont concentrés sur l’objectif des 100 milliards ».

 

Les discussions de Varsovie achoppent par ailleurs toujours sur la question de la responsabilité des pays du Sud et de ceux du Nord en ce qui concerne les objectifs de réduction de gaz à effet de serre dans le cadre d’un éventuel accord attendu en 2015. « Les pays développés doivent faire plus maintenant et ne pas transférer le poids du changement climatique sur les épaules des pauvres de ce monde après 2020 », a soutenu mercredi la ministre indienne Jayanthi Natarajan.

 

Pour l’Inde, cela signifie que « chaque pays devra présenter des engagements » pour maîtriser ses émissions de gaz à effet de serre, « en fonction de ses capacités nationales », a expliqué la porte-parole du G77. Selon elle, « l’effort qu’il restera à faire pour parvenir à l’objectif de 2 °C devra être fourni par les pays développés ».

 

Cette différenciation entre les pays en développement et les pays développés existait dans le Protocole de Kyoto. Seuls les pays industrialisés étaient visés. Mais depuis, la croissance de pays comme la Chine a profondément changé la dynamique mondiale des émissions de gaz à effet de serre. Pour des pays comme le Canada et les États-Unis, il est donc hors de question d’inscrire une telle distinction dans un futur accord. « Beaucoup de pays poussent pour un accord sur ce modèle démodé où les pays développés sont traités d’une façon […] et les pays en développement autrement. Ce n’est pas un point de départ de négociation », a résumé mercredi le négociateur en chef américain, Todd Stern.

 

Entre les positions bien campées des différents blocs d’États, il est toujours difficile d’entrevoir quelle forme prendrait un plan de réduction des gaz à effet de serre permettant d’éviter à l’humanité de subir des bouleversements aux conséquences dramatiques.


Avec l’Agence France-Presse

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