Coup d’éclat de Greenpeace pour ses militants détenus en Russie

Les trois militants ont reçu une citation à comparaître pour une accusation de méfait. Ils devront se présenter en cour le 20 ou le 21 février prochain, selon le cas.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les trois militants ont reçu une citation à comparaître pour une accusation de méfait. Ils devront se présenter en cour le 20 ou le 21 février prochain, selon le cas.
Exaspérés par le silence d’Ottawa au sujet des militants de Greenpeace détenus et accusés de piraterie par les autorités russes, des membres du groupe écologiste ont accroché mercredi une banderole exigeant la libération de leurs camarades sur la Biosphère de l’île Sainte-Hélène, à Montréal.

Même si plusieurs gouvernements ont déjà demandé la libération ou la réduction des charges retenues contre leurs ressortissants détenus depuis deux mois, le gouvernement Harper est demeuré relativement silencieux.

Services consulaires

Tout au plus, Ottawa affirme offrir des « services consulaires » aux deux Canadiens arrêtés manu militari pour avoir dénoncé l’exploitation pétrolière dans l’Arctique, a déploré mercredi la mère du Montréalais Alexandre Paul. Ce dernier est toujours emprisonné à Saint-Pétersbourg. Il doit savoir ce jeudi s’il pourra être libéré en attendant son procès.

« Je me sens un peu abandonnée dans tout ça », a aussi fait valoir Nicole Paul en entrevue au Devoir. Selon elle, le premier ministre n’a tout simplement « rien fait » pour aider à la libération de son fils. La mère de l’écologiste de 35 ans estime en outre que le silence du gouvernement canadien n’est peut-être pas étranger au fait qu’Ottawa est un ardent partisan de l’exploitation pétrolière. Cette recherche d’énergie fossile doit, selon le fédéral, s’étendre à des zones fragiles et relativement peu perturbées par l’activité humaine, comme l’Arctique.

Interpellé mercredi, le ministre québécois des Relations internationales, Jean-François Lisée, a demandé que les accusations portées contre les militants soient « proportionnées », jugeant trop lourdes les accusations de piraterie. Mais, a-t-il ajouté, « il y a des règles qui ont été enfreintes et ils doivent en subir les responsabilités ».

19 militants relâchés

Depuis lundi, la justice russe a relâché, moyennant une caution de 63 000 $, 19 des militants. Les conditions qui leur seront imposées après, notamment la question de leur liberté de mouvement, restent cependant encore floues. Les 30 membres de l’équipage ont été inculpés de « piraterie », puis, fin octobre, de « hooliganisme ». Ces accusations sont respectivement passibles de 15 et 7 ans de prison.

Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, la fonte accélérée des glaces de l’Arctique rend de plus en plus probable une exploitation précipitée. Cela devrait aggraver les bouleversements climatiques qui ont justement rendu plus facile l’exploitation des hydrocarbures dans cette vaste région.
9 commentaires
  • François Robitaille - Inscrit 20 novembre 2013 12 h 01

    Responsabilisation

    Ces gens n'ont pas été arrèté sous de fausse accusations, ils ne sont pas dans une prison sans droits humains, ils se sont mis les pieds dans les plats eux-même... Pourquoi le premier ministre devrais jouer au papa-poule?

    • France Marcotte - Inscrite 20 novembre 2013 17 h 39

      Le syndrome de Stockholm désigne un phénomène psychologique où des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers développent une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers.
      Le syndrome de Stockholm semble être une manifestation de l'inconscient, poussé par le premier but de l'être humain : la survie. En effet, dans les fantasmes du sujet concerné, en s'attirant la sympathie de l'agresseur, l'agressé se croit hors du danger, croyant contrôler, même inconsciemment, les émotions de l'agresseur. Ce qui lui vaudra peut-être l'épargne de sa vie au profit d'une pacification pouvant être poussée à une fraternisation. En fait, c'est de l'angoisse que le sujet se protège, car le danger est toujours réel.

      De l'encyclopédie Wikipedia.

    • Eric Walter Schaffner - Inscrit 21 novembre 2013 15 h 15

      Quel est le rapport avec le syndrome de stockholm au juste? Je ne comprends pas le lien. Merci!

      Et ceci dit, question de responsabilisation, heureusement qu'il y a encore des gens courageux qui risquent gros pour conscientiser les hommes, aussi peu soient-ils à se laisser émouvoir par la grandeur du geste que certains de nos confrères commettent pour tenter de sauver ce qu'il reste de notre planète qui se meurt. Libérez les membre de GreenPeace SVP

  • France Marcotte - Inscrite 20 novembre 2013 17 h 18

    La violence institutionnalisée

    La violence institutionnalisée est banalisée, on l'avale avec le pain quotidien et un peu d'eau bénite et sanctifiée.

    La désobéissance civile, en comparaison, est si frêle que le vent mauvais n'en ferait qu'une bouchée.

    Je vous admire je vous admire je vous admire de tenir bon dans ce concentré d'espoir.

  • Peter Kavanagh - Inscrit 21 novembre 2013 13 h 39

    Assumer

    J'ai toujours pensé que l'on doit assumer les conséquences de nos décisions. Cela s'applique très bien ici. Les gens qui ont été arrêté connaissaient très bien les risques qu'ils couraient et ils ont quand même pris la décision d'y aller. Aujourd'hui, qu'ils assument leurs actes. Peu importe qu'ils aient raison ou non, il n'y avait aucun doute que les russes ne les laisseraient pas faire sans réagir. Alors maintenant, qu'ils se débrouillent.

    • Gilles St-Pierre - Abonné 21 novembre 2013 21 h 47

      Assumer, oui bien sûr vous avez bien raison mais le problème est que ces gens n'ont pas à assumer le régime totalitaire de Poutine et c'est bien là le problème.

      Soyez donc conscient et faite la part de choses; Poutine n'a même pas levé le p'tit doigt pour s'opposer au massacre actuel de la polulation civile en Syrie... vous trouvez ça "normal" un tel chef d'état?

      Et maintenant la question qui tue... : qui assumera pour tous ces véritables crimes de guerre et qui assumera pour cette planète que ces hommes massacre sans scrupule? N'est-ce pas là de vrais problèmes auxquels il faut s'attaquer et non pas s'en prendre aux jeunes gens de Greenpeace qui y vont se battre avec des moyens que l'on peut tout au moins qualifier plus pacifiques.

      Alors il faut reconnaître le courage de ces gens et s'il y a un délit de commis, la justice se doit de demeurer dans la même mesure que les dommages occasionnés et rien d'autre.

  • Eric Walter Schaffner - Inscrit 21 novembre 2013 15 h 33

    Assumer

    Il faudrait au moins que les accusations correspondent à la faute. Alors que pour l'instant les accusations sont gonflées au goût du jour: la poutine. La justice lorsqu'elle est appliquée de façon aléatoire selon l'humeur de l'accusateur n'est pas justice, elle est oppression.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 21 novembre 2013 16 h 54

    Les faits...

    Fait # 1) La photo de l'article et le commentaire sous la photo:

    Poser une banderolle sur la Biosphère un méfait public?!!?
    Un geste de protestation tout à fait légitime et correct selon moi ...
    (si vous relisez le dernier paragraphe de l'article d'Alexandre Shields)

    Fait # 2) L'article au complet traite de l'arrestation d'une trentaine de personnes,
    appartenant à une organisation bien connue de tous (Greenpeace) ..ou
    militant contre ce qui pourrait arriver à notre planète, si...(vous relisez le
    dernier paragraphe de l'article d'Alexandre Shields)

    Arrestations qui se sont produites en Russie où la soi-disant démo-
    cratie de Poutine - Medvedev utilise les prisons-camps de travail
    (lire goulag) de Mordovie pour faire taire tout opposant à leur "vision"
    autocratique du pays...

    Fait # 3) Quand je vois des gens dire, ici, dans le confort nord-américain:".. qu'ils
    se débrouillent" alors là...faut n'avoir rien compris à la situation!
    (relisez le dernier paragraphe de l'article d'Alexandre Shields)

    • Michel Thériault - Abonné 21 novembre 2013 18 h 06

      Tout à fait d'accord avec vous Mme Sévigny.