Réchauffement climatique – Ban Ki-moon s'inquiète de l'inaction de la communauté internationale

Alors que la conférence annuelle sur le climat entre dans son dernier droit à Varsovie, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a fait part mardi de sa vive inquiétude face à la faiblesse des actions entreprises par la communauté internationale pour lutter contre le réchauffement climatique.

«Je suis très inquiet, car nos actions sont encore insuffisantes pour limiter la hausse de la température globale sous les 2 °C par rapport aux niveaux pré-industriels», a déclaré M. Ban devant les délégués de plus de 190 pays. Plusieurs ministres font d’ailleurs partie du lot depuis mardi, eux qui doivent parvenir à jeter les bases d’un éventuel accord sur le climat.

 

Faisant allusion à cet accord, attendu en 2015 à Paris, M. Ban a pressé la communauté internationale à «placer la barre plus haut».

 

Il faut dire que depuis l’échec des négociations de Copenhague, en 2009, peu de progrès ont été observés dans les négociations qui doivent normalement aboutir dans moins de deux ans. Selon le secrétaire général de l’ONU, la conférence de Varsovie doit donc impérativement poser «une pierre fondatrice» pour parvenir à un accord.

 

La commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, a abondé dans le même sens mardi: «2015 n’est pas qu’une date limite pour essayer. C’est une date limite que le monde entier doit prendre au sérieux. Parce que nous sommes déjà très, très en retard» dans la lutte contre le changement climatique, a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse.

 

L’objectif de la communauté internationale demeure pour le moment le même: parvenir à conclure un accord universel et légalement contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de contenir le réchauffement à 2 °C.

 

Or, en raison de l’inaction internationale, de plus en plus de signaux indiquent que la planète est en voie de rater cet objectif. La trajectoire actuelle nous place plutôt sur une hausse de 3 °C à 4 °C. Selon la Banque mondiale, une telle situation «déclencherait une cascade de changements cataclysmiques, dont des vagues de chaleur extrême, une chute des stocks alimentaires et une montée du niveau de la mer frappant des centaines de millions de personnes».

 

Quelle aide pour le Sud?

 

Les discussions achoppent toujours sur l’accord sur le climat qui doit prendre forme d’ici 2015. La Chine et l’Inde ont «insisté» sur le fait que le texte attendu à Paris marque la «différence entre pays développés et pays en développement», alors les États-Unis et le Canada refusent que la Chine bénéficie d’un traitement de faveur.

 

Par ailleurs, d’ici vendredi, les États doivent tenter de trouver des pistes de solutions principalement sur deux sujets portés par les pays en développement.

 

Il s’agit d’abord de la question de l’aide financière qui leur a été promise par les États les plus riches pour faire face aux bouleversements climatiques. Les pays industrialisés ont promis en 2009 une aide de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour aider les pays les plus vulnérables, mais ces derniers perdent patience, ne voyant toujours rien venir et exigent plus de visibilité, voire des engagements intermédiaires.

 

L’autre question épineuse est celle des «pertes et dommages» occasionnés aux pays du Sud par le réchauffement, quelles que soient les actions entreprises pour s’y adapter. Ces derniers souhaitent la création d’un «mécanisme» qui les aidera à identifier ces «pertes et dommages», et à y faire face. Une option rejetée en bloc par les États du Nord.

 

Avec l’Agence France-Presse

6 commentaires
  • Murray Henley - Inscrit 19 novembre 2013 19 h 57

    Rançonnage

    Les pays en développement tentent simplement d'obtenir le versement d'une rançon de 100 G$ de la part des pays industrialisés.

    Or, ils pourraient bien l'obtenir, dans la présente folie de création de monnaie par les grandes banques centrales (mieux connue sous le pieux vocable de "allégement quantitatif").

    À elle seule, la Banque centrale américaine "invente" 85 G$ à chaque mois pour acheter des obligations du gouvernement. On fait de même en Europe et au Japon

    Dans un tel contexte, 100 G$ d'argent de Monopoly, destiné à être dévalué par l'inflation, est presque de la petite bière.

  • Pierre Vaillancourt - Abonné 19 novembre 2013 20 h 42

    Étrange...

    Comme c'est étrange, quand même, qu'il n'y ait pas de grandes manifestations dans toutes les grandes villes du monde pour envoyer clairement le message à nos gouvernements que nous voulons qu'il y ait, maintenant, des ententes contraignantes entre les pays pour limiter la hausse de la température globale sous les 2 °C par rapport aux niveaux pré-industriels.

    Comme si la situation n'était pas très inquiétante, pour employer les mots de M. Ban Ki-moon, secrétaire général de l'O.N.U.

    Comme si 2015 n'était pas la date limite « non pas pour essayer », mais bien la date à vraiment prendre au sérieux, sachant que nous sommes très, très en retard dans la lutte contre le changement climatique, comme le dit la commissaire européenne au Climat, madame Connie Hedegaard.

    Comme si la jeunesse d'aujourd'hui n'allait pas être dramatiquement confrontée, pour la majeure partie de sa vie, aux terribles conséquences de ce changement climatique : vagues de chaleur extrême ici et ailleurs, chute des stocks alimentaires et impact sur l'alimentation de toute la planète, montée du niveau de la mer frappant des centaines de millions de personnes et impact économique énorme causé par le déplacement de dizaines de millions de personnes, comme l'annonce la Banque mondiale.

    La FEUQ et la FECQ ont réussi, il n'y a pas si longtemps, à mobiliser la jeunesse québécoise et une partie de la population autour de la question des droits de scolarité... Je ne comprends pas que ce soit le calme plat quand il y a une menace réelle à l'avenir de l'Humanité.

    C'est comme si on regardait tous un suspense environnemental sans réaliser que ce n'est pas un film d'Hollywood, mais bien l'avenir de nos vies et de celles de nos enfants qui se joue sur l'écran de la réalité.

    Qui soulèvera la jeunesse ?

    • Pierre Vaillancourt - Abonné 19 novembre 2013 23 h 13

      Oups, un oubli important que je veux corriger :

      la CLASSE, puis la FEUQ et la FECQ ont réussi, il n'y a pas si longtemps, à mobiliser la jeunesse québécoise...

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 novembre 2013 07 h 35

      La jeunesse ? Elle a le nez collé sur le monde virtuel de leur téléphone plus intelligent qu'eux ! Et que nous !

      À quoi assistons-nous devant le mur final qui s'en vient ? L'Engourdissement !

      PL

  • Maxime St-Jacques - Inscrit 19 novembre 2013 21 h 16

    Le canadien moyen ne croit pas au changement

    Si le canadien moyen ne croit pas au changement, comment croit-il pouvoir changer le changement du climat? Même dans cette réalité il demeure sceptique.

    Avec l'hydroélectricité, nous sommes au confort de notre foyer. Comment ne pas prendre le temps d'envoyer ce message : nous croyons que le changement du climat peut être remédié par la volonté publique internationalement?

    Les moyens de communications que nous confèrent l'hydroélectricité au Québec nous confie ce privilège de rendre le partage de nos oeuvres sans exclusivité.

    Au Québec, ne serait-ce pas la bonne leçon à envoyer à tous les autres canadiens? Il est plus que temps que nous réagissions à cet égard. merci

    Maxime St-Jacques de Drummondville

    • Yvan Dutil - Inscrit 21 novembre 2013 07 h 52

      C'est difficile d'être crédible quand le Québécois moyen émet plus de CO2 que l'européen moyen.