Exploitation gazière et pétrolière - Binnion refuse de rencontrer les écologistes

Michael Binnion
Photo: Jean-François Leblanc - Archives Le Devoir Michael Binnion

Le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Michael Binnion, a refusé de rencontrer des représentants des plus importants groupes environnementaux de la province, a appris Le Devoir.

 

Les organismes avaient lancé cette invitation afin de discuter de la lutte contre les changements climatiques et du rôle que pourrait y jouer l’industrie des énergies fossiles active au Québec. Six d’entre eux ont ainsi sollicité par écrit, à la fin octobre, une rencontre avec M. Binnion, aussi président de l’albertaine Questerre Energy.

 

« Nous voulons vous inviter à nous rencontrer pour discuter des enjeux de lutte aux changements climatiques et du rôle que votre industrie peut jouer dans notre transition vers un modèle énergétique à faibles émissions de gaz à effet de serre », soulignaient des représentants de Greenpeace, d’Équiterre, du Fonds mondial pour la nature, de la Fondation David Suzuki, de Nature Québec et de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.

 

Les groupes signataires souhaitaient discuter des moyens de « concilier » l’augmentation de la production d’hydrocarbures avec les objectifs québécois de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les écologistes demandaient aussi au président de l’APGQ si les entreprises membres seraient prêtes à « renoncer à l’exploitation de certains gisements de gaz et de pétrole et à la construction d’oléoducs pour assurer l’atteinte des objectifs de lutte aux changements climatiques ».

 

Michael Binnion dit non

 

Michael Binnion leur a rapidement répondu qu’il déclinait leur invitation, tout en rappelant que « l’industrie pétrolière et gazière privilégie une communication ouverte et transparente avec tous ». Cela comprend les groupes environnementaux, souligne-t-il dans la lettre obtenue par Le Devoir.

 

Mais, soutient M. Binnion, « dans la lettre que vous m’adressez, en tant que président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, vous me demandez de répondre à l’empoisonnement du climat et à la déréglementation du fonctionnement des cycles naturels et l’intégrité des écosystèmes. Je ne crois sincèrement pas que ce soit la meilleure approche afin de développer une communication ouverte ».

 

« Nous sommes une industrie de scientifiques et de professionnels et l’avenir de notre planète est primordial pour nous également. Nous sommes des pères, des oncles, des grands-pères et nous désirons léguer aux générations futures un monde meilleur, poursuit le président de l’APGQ. Notre industrie travaille également très fort afin de créer une société meilleure pour nous, mais avant tout pour les générations futures. Nous faisons un travail extraordinaire en offrant de l’énergie à un prix abordable aux hôpitaux, aux écoles et aux communautés, et cela, tout en travaillant avec acharnement, année après année, afin de réduire l’impact environnemental. »

10 commentaires
  • Alexie Doucet - Inscrit 18 novembre 2013 04 h 30

    À Monsieur Binnion

    J'ai une meilleure suggestion pour vous : venez donc me rejoindre aux Philippines, histoire de voir de vos propres yeux les effets des changements climatiques. Et pendant le vol du retour, je vous suggère fortement de réfléchir à ce que mangeront vos petits-enfants quand la nature aura été totalement détruite au Nord comme au Sud.

  • André Bigras - Abonné 18 novembre 2013 04 h 44

    Oh la la. Un discours du curé pour répondre à une invitation de partager l'information nécessaire pour amélliorer l'ensemble de la situation climatique ?

  • Robert Beauchamp - Abonné 18 novembre 2013 07 h 01

    l'altruisme

    Vous êtes des pères, des grands-pères et vous désirez léguer aux générations futures. Mais ça on le sait déjà quevous léguez aux générations futures de votre progéniture...

  • Claude Smith - Abonné 18 novembre 2013 08 h 37

    Vraiment !

    Vraiment, votre industrie travaille avec acharnement à réduire l'impact environnemental des sables bitumineux ??? Vous tenez le même langage que ce qu'on entend dans la publicicité des pétrolières à la télévision. Quand on lit le dernier paragraphe, on a l'impression que le pétrole est même bénéfique pour le climat.
    Et pourtant, vous avez l'intention de décupler la production du pétrole des sables bitumineux en Alberta. Comment pouvez-vous concilier cela avec votre acharnement à réduire l'impact environnemental ???

    Claude Smith

  • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 18 novembre 2013 09 h 12

    Le bon sens.

    Bonjour,

    L’industrie d’hydrocarbures est une institution reconnue respectable et respecté universellement; son apologie n’est pas vraiment nécessaire.

    Ces militants détracteurs sont une cohue d’activistes à la recherche de notoriété et de centimetrage dans les journaux et des quinze secondes à la télévision. En général il ne s’agit pas d’altruisme mais d’intérêts inavoués et souvent inavouables.

    Refuser de les rencontrer c’était leur nier ce qu’ils recherchaient. Sachons que la liberté de parole comprend aussi le droit de refuser le dialogue. Vous avez agit dans l’intérêt de l’ordre et dans l’intérêt de vos membres en évitant cette rencontre.
    Merci

    • Claude Smith - Abonné 18 novembre 2013 11 h 19

      Il a agi dans l'intérêt de l'ordre et de l'intérêt de vos membres. Tout d'abord, de quel ordre s'agit-il ? En second lieu, qu'il ait agi dans l'intérêt de ses membres, c'est-à-dire, ses actionnaires, je vous donne entièrement raison. Au fait, êtes-vous un de ces actionnaires ?

      Troisièmement, en parlant de ces militants détracteurs, de cette cohue d'activistes, vous leur prêtez des intérêts inavoués et souvent inavouables. Mais quels sont-ils ces sombres dessins auxquels ils se livrent ??

      Claude Smith