Conférence sur le climat - Un délégué philippin va jeûner pour sauver la planète

Des survivants du typhon font main basse sur des sacs de riz dans un entrepo?t de Tacloban, principale ville sinistre?e des Philippines.
Photo: Aaron Favila Associated Press Des survivants du typhon font main basse sur des sacs de riz dans un entrepo?t de Tacloban, principale ville sinistre?e des Philippines.
Le typhon Haiyan s’est invité à la Conférence de l’ONU sur le climat qui s’est ouverte lundi à Varsovie, en Pologne. Dans un rare moment d’émotion dans le cadre des négociations climatiques internationales, le délégué philippin a annoncé qu’il jeûnerait jusqu’à ce que des progrès « significatifs » soient en vue dans des discussions qui s’annoncent pour le moins ardues.

Au cours de la plénière d’ouverture, le délégué Naderev Sano a annoncé qu’il entamera un « jeûne volontaire pour le climat » et qu’il le poursuivra durant les deux semaines de conférence. « Ce que mon pays traverse est une folie, a-t-il ajouté, sous le coup de l’émotion. La crise climatique est une folie. Nous pouvons arrêter cette folie ici, à Varsovie. Mon pays refuse d’accepter qu’une 30e conférence ou une 40e conférence soit nécessaire pour résoudre le changement climatique. » La conférence de Varsovie est déjà la 19e.

Événements extrêmes

L’appel à l’action a été relayé par la responsable du climat à l’ONU, Christiana Figueres, qui a rappelé que les événements climatiques extrêmes seront de plus en plus fréquents et intenses au fur que les bouleversements climatiques s’aggraveront. La Banque mondiale et de l’Agence internationale de l’énergie sont du même avis.

« Nous nous rassemblons aujourd’hui avec, sur nos épaules, le poids de nombreuses réalités qui donnent à réfléchir », comme « l’impact dévastateur du typhon Haiyan », le plus puissant à avoir jamais touché terre, a déclaré Mme Figueres, devant les délégations de 190 pays. Selon ce qu’elle a fait valoir, remettre à plus tard un plan de lutte contre les changements climatiques ne fera qu’alourdir la tâche pour les générations futures.

Négociations ardues

Le rendez-vous de Varsovie — qui doit se terminer le 22 novembre par l’adoption d’un texte jetant les bases de l’accord prévu pour 2015 — est toutefois parsemé d’obstacles. Si la communauté internationale veut parvenir à limiter la hausse des températures à 2 °C, il faudra notamment déterminer le niveau d’engagement de réductions des gaz à effet de serre auquel chaque pays devra se conformer. Selon certaines informations qui circulent déjà, plusieurs gouvernements seraient prêts à donner des cibles volontaires tout en acceptant une certaine forme de suivi international.

Mais pour le moment, rien n’indique qu’une voie se dégagerait sur la question des engagements que devront prendre les pays en développement, comparativement aux États les plus riches de la planète. Le gouvernement canadien attend un signal clair de la Chine avant de s’engager davantage.

Christiana Figueres s’est toutefois dite relativement encouragée par une hausse de la « volonté » des citoyens, des entreprises et des gouvernements d’agir contre les changements climatiques.


Avec l’Agence France-Presse