Élections municiaples - Montréal - Pipeline Enbridge: la sécurité inquiète les candidats à la mairie

Les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal se montrent plutôt favorable au projet d’inversion du pipeline 9B d’Enbridge.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal se montrent plutôt favorable au projet d’inversion du pipeline 9B d’Enbridge.

Les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal sont d’accord avec l’inversion du pipeline 9B d’Enbridge, qui fera couler 300 000 barils de pétrole brut chaque jour jusque dans l’est de la ville. Mais tous réclament des garanties en matière de sécurité et estiment que le gouvernement du Québec devrait s’impliquer dans le dossier, a constaté Le Devoir.

 

En entrevue jeudi, Marcel Côté a souligné d’entrée de jeu qu’« Enbridge a une très mauvaise feuille de route » en matière de sécurité de ses pipelines. Selon l’Institut Polaris, la pétrolière serait responsable de 804 déversements en Amérique du Nord entre 1999 et 2010, dont celui de la rivière Kalamazoo, au Michigan. Cet incident, survenu en 2010, a laissé couler près de quatre millions de litres de brut dans la rivière.

 

S’il s’est dit favorable à l’inversion du flux dans ce tuyau construit en 1975, M. Côté a donc insisté sur la nécessité de s’assurer de la sécurité de l’infrastructure. Surtout, a-t-il ajouté, que le pipeline transportera notamment du pétrole « plus corrosif » tiré des sables bitumineux.

 

Si Marcel Côté ne se prononce pas sur la pertinence de tenir une consultation québécoise, il juge tout de même que Québec devrait discuter avec l’Ontario, mais aussi le gouvernement fédéral, de façon à « parfaire nos connaissances » en matière de transport par oléoduc.

 

Denis Coderre - qui avait milité contre la fermeture de la raffinerie montréalaise de Shell en 2010 - estime pour sa part que le gouvernement Marois devrait lancer une consultation qui permettrait « d’en savoir plus sur les mesures de sécurité qui seront mises en place par Enbridge ».

 

Transparence réclamée

 

Du côté du Groupe Mélanie Joly, on a surtout plaidé pour une « plus grande transparence » dans ce dossier. Son porte-parole, Frédéric Lepage, a ainsi rappelé que Montréal a exprimé de « sérieuses inquiétudes » dans son mémoire présenté à l’Office national de l’énergie en juillet dernier. La Ville réclamait notamment un meilleur partage des analyses de risques, des scénarios de fuites et des caractéristiques du pétrole transporté.

 

En cas de rupture dans ce pipeline, qui passe sous la rivière des Outaouais, l’approvisionnement de deux millions de Québécois serait menacé, selon ce qu’a réitéré récemment Josée Duplessis, la présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal.

 

Fin 2014

 

Seul Projet Montréal démontre moins d’enthousiasme par rapport au plus important projet de transport pétrolier de l’histoire du Québec. « Avant la mise en oeuvre du projet, la compagnie se doit de faire la démonstration exhaustive que le projet est entièrement sécuritaire », a aussi souligné son chef, Richard Bergeron.

 

Le Parti libéral a accusé cette semaine le gouvernement Marois d’avoir manqué à ses devoirs en ne lançant pas de consultation publique sur le projet d’inversion. Le ministre de l’Environnement Yves-François Blanchet a de nouveau promis la tenue d’une consultation, mais sans donner davantage de précision. En fait, le gouvernement Marois promet un tel exercice depuis près d’un an, mais rien n’a jusqu’ici été annoncé.

 

À moins d’un improbable revirement, Ottawa devrait donner le feu vert au projet d’Enbridge d’ici quelques mois, et le pétrole devrait couler vers Montréal avant la fin de 2014. Entre-temps, la pétrolière dit mener les travaux nécessaires pour s’assurer de la sécurité de son pipeline de 639 kilomètres. Elle doit réaliser au cours des prochains mois au moins 600 excavations le long de la ligne 9B dans le but de réparer certaines sections.

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