Projet d’oléoduc d’Enbridge - Audience publique annulée pour cause d’insécurité

Aucune violence n’a éclaté lors du rassemblement de samedi, au centre-ville de Toronto.
Photo: La Presse canadienne (photo) ?Chris Young Aucune violence n’a éclaté lors du rassemblement de samedi, au centre-ville de Toronto.
Toronto – Le dernier jour d’audience sur le projet d’Enbridge d’inverser le flux d’un oléoduc allant du sud de l’Ontario jusqu’à Montréal a été annulé pour des raisons de sécurité.

L’entreprise devait présenter son plaidoyer final, samedi, devant l’Office national de l’énergie (ONE) concernant l’inversion et l’augmentation de la capacité de transport de la canalisation 9. L’Office a toutefois affirmé que la manière dont l’audience de vendredi s’était terminée lui faisait craindre pour la sécurité des personnes participant à l’ultime séance.

Cela n’a pas empêché des dizaines de protestataires de se rassembler à l’extérieur du lieu des audiences pour s’opposer au projet d’Enbridge. « Ils tentent de faire croire qu’il n’y aura pas de déversement. Et il est très probable qu’une fuite survienne le long de cet oléoduc », a déclaré Nigel Barriffe, un manifestant vivant près de la Ligne 9 dans le nord-ouest de Toronto.

Écosystèmes fragiles

Vendredi, des manifestants s’étaient rassemblés près de l’entrée du Palais des congrès de Toronto, où les audiences ont eu lieu. Aucune violence n’a cependant éclaté lors du rassemblement de samedi. L’organisme fédéral n’a pas précisé quand Enbridge pourrait soumettre ses derniers arguments. L’organisatrice de la manifestation Amanda Lickers soutient que l’ONE aurait dû trouver un moyen de laisser Enbridge présenter sa plaidoirie en faveur du renversement du flux pétrolier. « Je crois que s’ils étaient vraiment inquiets en ce qui concerne la sécurité, ils auraient tout de même pu le faire en ligne… il y aurait pu y avoir des façons de tenir malgré tout la présentation. »

Cette semaine, des intervenants ont déclaré devant l’Office que l’inversion poserait un risque pour les Premières Nations, les réserves d’eau et les espèces vivant dans des écosystèmes fragiles.

L’entreprise a également demandé l’autorisation de transporter différents types de pétrole, dont du pétrole brut lourd. Une inversion du flux ferait passer la capacité de l’oléoduc à 300 000 barils de brut par jour, comparativement à 240 000 actuellement.

Les opposants au projet soutiennent qu’Enbridge veut transporter du pétrole plus corrosif, imposant un stress structurel supplémentaire à l’infrastructure, ce qui fera augmenter les risques de fuite. L’entreprise affirme toutefois que ce qui circulera dans l’oléoduc ne sera pas des produits bruts tirés des sables bitumineux, bien qu’il y aura un mélange de brut léger et de pétrole des sables bitumineux transformé.

Si la Ligne 9 permettait originalement de transporter du pétrole de Sarnia vers Montréal, son flux a été inversé une première fois à la fin des années 1990 pour pomper davantage d’or noir vers l’Ouest canadien.

Enbridge veut désormais inverser de nouveau le sens de la circulation du pétrole, afin d’alimenter les raffineries de l’Ontario et du Québec.
2 commentaires
  • Luc Falardeau - Abonné 19 octobre 2013 20 h 43

    Machiavel

    Je ne crois pas qu'Enbridge était vraiment inquiète en ce qui concerne sa sécurité... Il se pourrait plutôt qu'Enbridge voulait des conditions gagnantes au point de vue des relations publiques pour passer son message et couper l'herbe sous les pieds des manifestants... Machiavel n'aurait pas mieux fait.

  • Réal Paquette - Inscrit 21 octobre 2013 12 h 37

    Résolution

    Je connais une façon bien simple de faire accepter le projet par le bon peuple. En échange de l'acceptation du projet par la population les quatres plus haut dirigeants d'Enbridge acceptent d'être pendus haut et court sur la place publique si déversement il y a après l'inversement du flux..... Pas sur qu'il vont inversés. Je sais que c'est gros comme commentaire, mais en fait ce n'est qu'une caricature pour faire comprendre qu'il n'ont aucunes contraintes face au déversement sauf pécunières, et ce n'est pas eu qui payent se sont les actionnaires en perdant sur le cours de l'action. Le problème de toutes ces compagnies se situe à ce niveau. Aucune contraintes personnelles. Et ne compter pas sur Harper pour inventer des contraintes. Un dictateur ne connait pas les contraintes.