Plusieurs pays plaident pour une meilleure protection de l’Antarctique

Les eaux de l’océan Austral autour de l’Antarctique abritent des écosystèmes exceptionnels, avec des milliers d’espèces animales, en bonne partie préservées des activités humaines.
Photo: National Science Fondation (domaine public) Les eaux de l’océan Austral autour de l’Antarctique abritent des écosystèmes exceptionnels, avec des milliers d’espèces animales, en bonne partie préservées des activités humaines.

À une semaine d’une rencontre internationale sur la protection de l’Antarctique, plusieurs pays ont appelé mercredi la Russie à finalement accepter la création d’importants sanctuaires marins dans cette région du monde désormais menacée par le développement industriel.  

«L’Australie, l’Union européenne, la France, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis appellent conjointement à la création cette année d’aires maritimes protégées dans l’océan Austral, la région de la mer de Ross et en Antarctique oriental», précisent-ils les cosignataires, qui ne nomment toutefois pas directement la Russie.

«La création de telles aires protégées s’inscrit dans le prolongement de la vision exprimée par toutes les nations lors du Forum mondial sur le développement durable à Johannesbourg en 2002 et de la Conférence de Rio en 2012», ajoutent-ils.

Un total de 24 pays et l’Union européenne sont membres de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR), un organisme créé en 1982 et chargé de gérer les ressources marines. Ils se réunissent la semaine prochaine en Australie pour discuter notamment de la protection de cette vaste région.

Projets d’aires protégées

Les États-Unis et la Nouvelle-Zélande souhaitent établir une aire marine protégée de 2,3 millions de kilomètres carrés dans la mer de Ross, un secteur situé au sud de la Nouvelle-Zélande. Selon le secrétaire d’État américain, John Kerry, cette zone constitue «un laboratoire naturel. Son écosystème est aussi diversifié que productif, et il est de notre responsabilité de le protéger».

Un deuxième projet est défendu par l’Australie, l’Allemagne et la France. Il s’agirait dans ce cas de créer un réseau de sept aires marines protégées sur la façade Est de l’Antarctique.

«Les propositions d’aires maritimes protégées présentées à la Convention reposent sur la meilleure science dont nous disposons, elles offriront un laboratoire unique pour la recherche marine et auront des effets bénéfiques et durables pour la préservation des océans, y compris l’utilisation durable de leurs ressources», ont souligné mercredi les pays dans le communiqué.

Risque d’échec

Or, les discussions sur l’instauration de vastes zones de protection risquent encore une fois de tourner à l’échec. En juillet dernier, la Russie a empêché l’adoption de deux propositions de création d’aires marines protégées. Il s’agissait d’un deuxième revers pour les partisans de la protection du continent le plus méridional de la planète. En octobre 2012, lors de la réunion annuelle des pays membres de la Convention, la Russie, la Chine et l’Ukraine s’étaient opposées aux projets d’aires marines par crainte de voir les possibilités de pêche trop fortement réduites.

Il faut dire que les intérêts économiques des pays réfractaires sont de plus en plus manifestes. Lors d’une réunion consultative du traité de l’Atlantique qui s’est tenue en juin 2011, Moscou avait annoncé sa volonté de lancer des prospections de minerais et d’hydrocarbures en Antarctique, y compris dans les zones marines. Ces recherches potentiellement lucratives seraient impossibles si les aires protégées étaient créées.

Biodiversité exceptionnelle

Les eaux de l’océan Austral autour de l’Antarctique abritent des écosystèmes exceptionnels, avec des milliers d’espèces animales, en bonne partie préservées des activités humaines. D’importantes populations d’oiseaux, de phoques, de cétacés et de pingouins trouvent leur alimentation dans ces eaux. En plus de cette précieuse biodiversité, cet univers relativement peu touché par l’activité humaine présente un intérêt majeur pour les scientifiques.

Mais la région subit de plus en plus les impacts des bouleversements économiques. L’imposant couvert de glace qui recouvre le continent Antarctique fond beaucoup plus rapidement que ce qu’imaginaient jusqu’ici les chercheurs, selon ce qui ressort d’une récente étude internationale.

En fait, les glaces de l’Antarctique fondent dix fois plus vite qu’il y a 600 ans pendant l’été, la perte de banquise ayant été la plus rapide au cours des 50 dernières années. Or, la disparition rapide de ce couvert gelé pourrait avoir des effets significatifs sur la hausse du niveau des océans. La fonte de la couverture de glace de l’Antarctique occidental contribue déjà pour au moins 10 % à la hausse globale des océans.

Avec l’Agence France-Presse
Le Devoir
2 commentaires
  • Marie-France DOUCET - Inscrit 16 octobre 2013 19 h 10

    Pffft!!

    Et dire que je croyais que le traité de l'Antarctique protégeait ce continent et ses eaux contre l'avidité humaine. Que ce territoire encore vierge bénéficiait d'un consensus international qui le protégeait de toute agression humaine et le réservait exclusivement à la science. Foutaise! Comme tout le reste.

  • John Plaice - Inscrit 17 octobre 2013 09 h 37

    Il n'y a pas de fonte massive de la banquise antarctique

    Selon le site de Cryosphere Today (University of Illinois Urbana Champaign), l'anomalie actuelle de l'étendue de la banquise antarctique est de près d'un million de km² de plus que la moyenne 1979-2008.

    Selon le site du National Snow and Ice Data Center (USA), l'étendue maximale de la banquise antarctique a atteint un niveau record en septembre 2013.

    L'étendue de la banquise antarctique ne cesse de croître, pas de disparaître.