Pipeline d’Enbridge : silence complet à Québec

Avec deux projets visant son territoire, le Québec est en voie de devenir une plaque tournante pour l’exportation du pétrole albertain.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Avec deux projets visant son territoire, le Québec est en voie de devenir une plaque tournante pour l’exportation du pétrole albertain.

À quelques jours de la fin des consultations fédérales pour le projet d’Enbridge de transporter du pétrole albertain par pipeline jusqu’à Montréal, le gouvernement Marois n’a toujours pas annoncé la tenue de sa propre évaluation. Québec promet pourtant depuis près d’un an de mener une consultation sur cet oléoduc, qui fera couler jusqu’ici 300 000 barils de brut chaque jour. Le plus important projet de transport pétrolier de l’histoire du Québec suscite d’ailleurs de vives inquiétudes, y compris à la Ville de Montréal.

 

« Près d’un an après l’avoir promis, il est plus que temps que Québec officialise et divulgue les paramètres de l’évaluation environnementale qu’il entend mener sur le projet d’Enbridge, a souligné mardi Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace. Québec ne peut rester plus longtemps sur la ligne de touche à regarder le gouvernement Harper décider seul de notre avenir. »

 

Le processus d’évaluation lancé par Ottawa avec l’Office national de l’énergie est effectivement presque complété. D’ici trois semaines, les « plaidoiries finales » des consultations seront terminées. Québec n’y participe pas. On s’attend à ce que l’autorisation possible de l’inversion de la ligne 9B d’Enbridge - entre le Sud ontarien et Montréal - soit donnée au début de 2014. Le président et chef de la direction d’Enbridge, Al Monaco, estime que le brut de l’Ouest canadien arrivera au Québec dans les mois qui suivront.

 

Quelle consultation ?

 

Il est cependant impossible pour le moment de savoir quelle consultation pourrait être menée au Québec et quelle forme elle pourrait prendre. Le Devoir a tenté pendant deux jours d’obtenir des précisions à ce sujet. Mais le cabinet du ministre de l’Environnement Yves-François Blanchet n’a répondu à aucune des questions qui lui ont été transmises.

 

Le gouvernement Marois a démontré une ouverture certaine au projet d’Enbridge. Le ministre Blanchet a toutefois répété à plusieurs reprises qu’il entendait consulter les Québécois. Déjà en décembre 2012, il avait promis que Québec ne ferait pas « l’économie des consultations » pour ce projet de compétence fédérale. Depuis, rien n’a été annoncé. En entrevue au Devoir, le ministre a cependant déjà dit qu’il n’était pas question d’inclure de réflexion sur l’impact de l’exploitation des sables bitumineux dans l’étude québécoise.

 

« Il est difficile de comprendre ou d’expliquer la position du Québec, a souligné Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre. Le gouvernement nous promettait une réduction de notre dépendance au pétrole et s’est donné des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre. Mais ce n’est pas vrai qu’on peut à la fois investir dans de nouvelles infrastructures pour transporter du pétrole des sables bitumineux et réduire nos émissions de gaz à effet de serre. »

 

Québec affirme le contraire. Une étude de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique publiée lundi indique cependant que le pétrole des sables bitumineux peut émettre jusqu’à 20 % plus de GES que le pétrole conventionnel.

 

Les deux dernières raffineries du Québec ont par ailleurs plaidé en faveur du projet d’Enbridge, au nom du maintien des emplois dans le secteur. Les deux entreprises et Enbridge font du lobbying en ce sens auprès de Québec. Le mandat de certains lobbyistes vise à « favoriser le processus d’acceptabilité sociale du projet ». Suncor souhaite raffiner du brut albertain à Montréal. Ultramar pourrait charger des navires à Montréal pour le transporter à sa raffinerie de Lévis.

 

Montréal s’inquiète

 

Le gouvernement Harper, qui a déjà qualifié le pétrole des sables bitumineux de «ressource renouvelable», fait lui aussi un lobbying intensif en faveur des projets de pipelines. Avec deux projets visant son territoire, le Québec est en voie de devenir une plaque tournante pour l’exportation du pétrole albertain.

 

La Ville de Montréal a toutefois de « sérieuses inquiétudes » par rapport au projet d’inversion de la ligne 9B, construite en 1975. « Malheureusement, la compagnie Enbridge n’a pas, à ce jour, démontré qu’elle est en mesure de mettre en pratique une saine gestion des risques. Notre préoccupation principale est de préserver les ressources en eau potable des citoyens de l’agglomération de Montréal », a expliqué mardi Josée Duplessis, présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal. En cas de rupture dans ce pipeline, qui passe sous la rivière des Outaouais, l’approvisionnement de deux millions de Québécois serait selon elle menacé.

 

Enbridge estime toutefois mener les travaux nécessaires pour s’assurer de la sécurité de son pipeline de 38 ans. Elle doit réaliser au cours des prochains mois au moins 600 excavations le long de la ligne 9B dans le but de réparer certaines sections.

 

Selon l’Institut Polaris, la pétrolière serait responsable de 804 déversements en Amérique du Nord entre 1999 et 2010, dont celui de la rivière Kalamazoo. Ce déversement, survenu en 2010, a laissé couler près de quatre millions de litres de brut dans la rivière. Trois ans plus tard, le nettoyage n’est toujours pas complété.

 

La Colombie-Britannique a par ailleurs dit non au projet de pipeline Northern Gateway, piloté par Enbridge. Selon Victoria, la pétrolière « n’a pas été en mesure de répondre aux inquiétudes environnementales ». Elle n’aurait pas fourni de preuves de sa capacité à contenir un déversement en cas de rupture du pipeline ou lors du transbordement du pétrole.

63 commentaires
  • Caroline Brodeur - Abonnée 2 octobre 2013 04 h 57

    On va droit dans le mur

    DE toute façon l'humanité est ainsi faite qu'elle ne réagit que dos au mur. Il faudra des pollutions de rivières pour faire réaliser aux québécois qu'ils ont perdu au change. Boire de l'eau potable ou payer l'essence moins cher..que choisir !! C'est tout vu ! Je choisis l'eau potable et une voiture faible consommation. Finit les moteurs de 2L et plus !! En europe il faut se lever tôt pour trouver des autos de 2L et plus !! QU'est ce qu'on ne comprend pas !!

    • alain maronani - Inscrit 2 octobre 2013 07 h 52

      Vous ne voyagez pas souvent en Suisse, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Suède, ou les routes sont envahies de Mercédès de haut de gamme, d'Audi diesel, la pire solution, de 4 litres de cylindrée, de Porsche...etc...en Italie ou dans certains endroits les Ferrari et les Maserati sont partout..

      Bref avant de réciter ce catéchisme de la bonne conscience, dites vous bien que sans les énergies fossiles vous ne seriez surement pas la, car nous serions incapables de vous nourrir ou de vous soigner...

    • Martin Gauthier - Inscrit 2 octobre 2013 10 h 23

      Monsieur Maronani!

      Vous connaissez le fatalisme?

      "Il devient indispensable que l'humanité formule un nouveau mode de pensée si elle veut survivre et atteindre un plan plus élevé. " Albert Einstein.
      Voilà ce que madame Brodeur est à faire en se servant de son humanité.

      Martin Gauthier
      Rimouski

    • Jaques Kelly - Inscrit 2 octobre 2013 10 h 50

      Et avant de croire que parce que nous sommes nourris et soignés nous n'allons pas droit dans le mur, prenez conscience que cela ne veut rien dire.

    • Yves Loiseau - Abonné 2 octobre 2013 11 h 54

      Monsieur Maronari J'habite en France et je parcours fréquemment les routes et autoroutes françaises, allemandes et italiennes. A vous croire les grosses cylindrées tiendraient le haut du pavé: c'est bien sur totalement faux ! Certes, ces voitures existent mais leur pourcentage est infime par rapport aux petites cylindrées. Vous oubliez de dire qu'en France une taxe de 6000€ s'ajoute au prix de la voiture lorsque l'on souhaite rouler en Porsche, en Ferrari ou en Maserati....

    • Mario Paquette - Inscrit 2 octobre 2013 11 h 54

      Le ministre Blanchet a toutefois répété à plusieurs reprises qu’il entendait consulter les Québécois (extrait du texte)

      Non aux énergies qui produisent beaucoup de GES. Le Québec doit orienter sa démarche vers une économie responsable en regard avec son potentiel Hydro-électrique

      Notre seul moyen démocratique est le système de Pétition de l assemblée nationale :

      Abandon des projets d'oléoducs et promotion des énergies vertes

      http://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/

    • Luc Falardeau - Abonné 2 octobre 2013 12 h 05

      Qu'est-ce qu'on ne comprends pas madame Brodeur?...

      Connaissez-vous le principe de la diffusion de responsabilité?... Face à un problème ou il y a plusieurs intervenants potentiels, chacun se regarde et espère que quelqu'un d'autre agira... On se demande chacun ce qu'il nous en coûtera personnellement et si le jeu nous rapportera... pendant ce temps, personne n'agit...

      Il est nécessaire cependant de sortir de cette logique... Les citoyens ne doivent pas laisser aux compagnies pétrolières et pipelinieres, la responsabilité d'agir pour réduire les émissions de GES et notre dépendance aux hydrocarbures. Une mobilisation citoyenne massive est nécessaire jusqu'à ce que nos gouvernements comprennent.

    • alain maronani - Inscrit 2 octobre 2013 12 h 24

      Il ne s'agit pas de fatalisme ou de citer Albert Enstein...ou de penser que nous ne sommes pas dans une impasse énergétique, nous y sommes pleinement...

      Il s'agit de comprendre que ces bonnes paroles ressemblent à des preches bien-pensants et que rien ne peut arreter cette course vers l'épuisement des ressources...meme avec un moteur de moins de 2 litres....

      Nous sommes trop nombreux sur cette planète, nous consommons trop de tout et personne ne veut cesser...

      Image désagréable, j'en conviens, la solution la plus probable est la décroissance de la population mondiale sous l'effet des chocs énergétiques et écologiques...accompagnés de quelques guerres...

      Certains parlent de 1 milliard d'habitants en l'an 2100...si tout va bien.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 2 octobre 2013 12 h 38

      Nous évoluons, faite confiance aux nouvelles technologies pour améliorer la consommation de pétrole. Déjà nous avons fait de grand pas et la technologie va continuer. Pour le pipeline, c'est une nécessité malgré les rêves de nos écolos du Québec. Le pétrole est là pour rester mais, avec des technologies pour éviter les déversements et éviter la pollution. Regardons vers l'avant au lieu d'avoir peur d'évoluer.

    • Martin Gauthier - Inscrit 2 octobre 2013 14 h 15

      @Alain Maronani

      TOut un argument les bien-pensants, ou comment faire taire les autres.

      Merci de nous précisez vos croyances comme vous le faites parce que ceci contribue aussi à faire avancer les choses.

    • Mathieu Vaillancourt - Inscrit 2 octobre 2013 22 h 32

      M. Lamontagne,

      D'un côté, il y a la certitude que le pétrole est dommageable, la certitude que c'est une ressource limitée.

      De l'autre, il y a cette confiance aveugle dans les nouvelles technologies, un pari.

      Je sais pas qui rêve le plus entre celui qui affirme que l'oléoduc est une «nécessité» et celui qui n'en veut pas.

    • Serge Clement - Inscrit 3 octobre 2013 16 h 37

      À M. Lamontagne,
      Permettez moi de vous proposer qu'évoluer et aller vers l'avant (je vous cite) serait davantage faire le saut vers les énergies renouvelables et propres plutôt que persister à puiser l'or noir, ce peut importe où il se trouve. Vous aussi pouvez "faire confiance aux nouvelles technologies" pour faire mieux et différemment. Elle existent mais demande de troquer nos visées individualiste pour des positions plus rassembleuses.

  • Mario Leroux - Inscrit 2 octobre 2013 05 h 29

    Curieux silence

    Il est étonnant de lire que le Ministre de l'Environnement demeure silencieux aux demandes qui lui sont adressées.C'est bien de pourfendre le Gouvernement Harper pour son peu d'intérêt aux questions environnementales;j'aimerais cependant connaître dans quel camp se positionne le Québec.

    • Luc Falardeau - Abonné 2 octobre 2013 11 h 41

      Harper a des raisons stratégiques de laisser ses porte-parole et ministres se mouiller à sa place... Il peut ainsi éviter d'être blâmé personnellement... ses ministres deviennent ainsi des paratonnerres sur laquelle la foudre peut tomber.

  • bilal samba - Inscrit 2 octobre 2013 06 h 05

    Jeu politique.

    Le gouvernement actuel agit avec hypocrisie dans ce dossier et s'explique par la citation suivante:« L’hypocrisie est seulement un hommage à l’intérêt. »
    Le gouvernement de Québec a promis de mener des consutltations aupres des citoyens pour ne pas prendre ses responsabilités et decider de la suite à donner à ce projeté. Je pense que le gouvernement pequiste a en tete des elections dans les mois qui suivent et a peur de dire oui et de facher les verts en géneral et dire non et donner alors des minitions à ceux qui l'accusent de sabrer l'économie du quebec. Le PQ souhaite que le federal impose la construction de cet oleoduc pour creer un front de chicane comme d'habitude. Tout le monde sait que cet oleoduc avec celui qui passera par la Colombie Britanique sont indisposables pour permettre l'exportation du petrole de l'Alberta vers l'Europe et l'Asie. La raison et que le grand importateur de ce petrole sont les americains qui en 2017 vont etre capableS d'avoir leur autonomie en énergie et en 2020-2022 ils vont devenir exportateurs du petrole. Avec son comportement actuel le PQ cherche à mettre les batons dans les roues de l'économie du Canada en enpechant l'exportation du petrole albertin. Si le PQ se dit vert et refuse ce petrole sale pourquoi ne pas retourner l'argent de ce petrole qui fait partie de de la perequation? Non au pertole albertin mais oui pour l'argent qu'il génere!! c'est ca la position de ce gouvernement.

    • Claude Smith - Abonné 2 octobre 2013 07 h 57

      Vous oubliez de mentionner que l'industrie pétrolifère de l'Alberta bébéficie elle aussi de subventions de la part du gouvernement fédéral.
      Vous oubliez de mentionner que l'exploitation des sables bitumineux dope le dollar canadien ce qui a un impact négatif sur nos industries
      québécoises qui exportent leurs produits. À cela, il faut ajouter que nous
      aurons tôt ou tard à payer le désastre écologique de cette industrie.

      Claude Smith

    • Pierre Samuel - Inscrit 2 octobre 2013 08 h 58

      @ Bilal Samba:

      Holà, cher ami, ne réalisez-vous donc pas également que n'ayant pas encore formé de commission d'enquête à ce sujet ni consulté, tel que promis, les principaux intéressés dont de toute façon ils ignoreront l'avis, ils ne sont définitivement pas prêts à décider de quoi que ce soit..?

      N'ayez crainte, là comme ailleurs, on procédera par «essais-erreurs-reculs...

    • Christian Fleitz - Inscrit 2 octobre 2013 09 h 44

      Vous confondez deux politiques qui relèvent de deux logiques différentes. D'une part, la règle fédérale qui répartit les excédents budgétaires provinciaux entre les différentes provinces, celles-ci étant responsables de leur propres politiques, et, d'autre part, ces même politiques qui, non seulement doivent permettre la gestion la plus saine de leurs communautés, mais encore toutes les mesures nécessaires à la protection de celle-ci. Le gouvernement du Québec a le droit de refuser un projet fédéral qui ne présente pas suffisamment de garanties pour la sécurité de la communauté dont il a la charge, même si cela constitue le paradoxe du ''Non au pétrole albertin mais oui pour l'argent qu'il génère!''. En ce qui concerne la société pétrolière impliquée, s'il est avéré qu'elle ''serait responsable de 804 déversements en Amérique du Nord entre 1999 et 2010, dont celui de la rivière Kalamazoo'' (une catastrophe non encore maîtrisée), on peut faire état de craintes. Quant à la déclaration attribuée au gouvernement de M. Harper qualifiant '' le pétrole des sables bitumineux de «ressource renouvelable» '', on laisse aux esprits normalement constitués d'apprécier la qualité de cette déclaration de valeurs ....
      Quoiqu'il en soit, un gouvernement responsable n'a pas à faire appel à un référendum chaque fois qu'il a une décision à prendre, il est en place justement pour faire preuve de responsabilité dans ces décisions. C'est sa vision à terme et les décisions en découlant qui démontreront son efficience.

    • Luc Falardeau - Abonné 2 octobre 2013 12 h 17

      @bilal samba. Pourquoi se contenter de la péréquation provenant du pétrole Albertain quand on pourrait développer notre industrie des énergies renouvelables...

      Pour cela, les gouvernements pourraient obliger les compagnies pétrolières et pipelinieres à investir annuellement 50% de leur portefeuille financier dans le solaire et l'éolien, plutôt que leurs maigres investissements actuels, s'ils veulent continuer à exploiter les hydrocarbures et polluer la planète.

    • Yves Perron - Inscrit 2 octobre 2013 13 h 49

      @bilal samba: Le pétrole sale de l'Alberta a été et est largement subventionné par les taxes et impôts Québécois. Il est nuisible pour le Québec et nous envoyons toujours 35 milliards dans la capitale d'un pays étranger qui ne fait rien pour notre économie mais au contraîre tente de nous nuire. Ottawa va financer l'exportation de l'hydro électricité de Terre-neuve, lextraction du pétrole ailleurs au Canada sans notre accord.

      Moi je dis nationalisons et exploitons notre pétrole à nous, en attendant continuons d'acheter le pétrole de la Norvège, moinsa cher et plus propre...

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 2 octobre 2013 19 h 52

      @ Mr Perron...Le Qc envoit $35 milliards au Fédéral pour une multitude de services dont les dépenses sont partagées par 10 provinces et territoires..

      En contre-partie, le Fédéral renvoit $20 milliards au Qc en transferts et peréquation et, une grand partie de ces $$$ viennent de l'Alberta...

      Le Qc a un intérêt direct à la bonne santé économique de l'Aberta..Si l'Alberta continue avec son déficit budgétaire, c'est une large portion de la peréquation qui tombe...

    • Serge Clement - Inscrit 3 octobre 2013 16 h 48

      Je ne comprends pas votre calcul M. Wandelmaier mais au-delà de "prétendus" intérêts économiques que vous percevez, que faites vous des intérêts écologiques. L'Alberta en fait fi actuellement pour ne pas nuire à l'exploitation des sables bitumineux et nous au Québec, nous faisons mieux que toutes les provinces en termes d'écologie. Nos intérêts me semblent plutôt divergents.
      Ensuite, que l'Alberta soit riche ou pas ne changera pas tellement notre réalité. Elle a d'ailleurs "roulé sur l'or" il y a quelques années et nous ne nous sommes pas portés mieux financièrement.

  • Paul Tremblay - Inscrit 2 octobre 2013 06 h 47

    C'est triste, où sont les manifestants qui s'élevaient contre le Suroît. Le pétrole des sables bitumineux bientôt à la pompe, même en Gaspésie. Ça fait mal.

    • alain maronani - Inscrit 2 octobre 2013 08 h 01

      Vous préférez l'acheter à l'Algérie ?

      Importer celui du Vénézuela produit maintenant en partie grâce aux schistes bitumineux du bassin de l'Orénoque ?

      Je suis sûr que les Gaspésiens vont refuser ce pétrole, qui n'est pas plus sale qu'un autre, et se remettre aux carioles à chevaux...

      Expliquez-moi pourquoi le Québec avec une population 2 fois inférieure à la population de l'Ontario a 2 fois plus de motocyclettes et de bateaux à moteurs ?

      Ah oui c'est vrai nous sommes différents...

      Expliquez-moi donc pourquoi le Québec est parmi les pays de l'OCDE celui dont la consommation d'énergie par habitant (exprimé en TEP) est la plus élevée ?

      Nous consommons plus par habitant, par année que les USA...il faut le faire !!!

      Ah oui c'est vrai nous sommes différents...

    • Michel Richard - Inscrit 2 octobre 2013 08 h 22

      Parce que le pétrole algérien, qui qui traverse l'océan par navire et qui remonte le St-Laurent, lui, il ne fait pas mal ?

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 2 octobre 2013 12 h 07

      @ M. Maronani,

      Pour les TEP consommés au Québec, il faut penser à l'hiver aussi.
      Nous avons également des alumineries très energivores. Notre électricité ne l'oublions pas est un moteur économique important qui permet au Québec de se demarquer.
      Je ne peux vous faire part de ce que ça représente, mais je suis convaincu que ça compte pour beaucoup.

    • Luc Falardeau - Abonné 2 octobre 2013 12 h 26

      Faux débat... Le choix ne devrait pas entre le pétrole propre importé outremer ou le pétrole sale importé de l'Alberta de multinationales étrangères... Pourquoi n'obligerions nous pas ces multinationales à augmenter massivement la proportion de leurs investissements dans les énergies renouvelables (disons 50%), s'ils veulent continuer à exploiter les hydrocarbures au Canada... à un rythme restreint permettant une réelle transition énergétique.

    • Paul Tremblay - Inscrit 2 octobre 2013 12 h 32

      A vrai dire, j'aimerais mieux rouler électrique, et que notre gouvernement investisse massivement dans les transports collectifs électriques pour nous sortir du pétrole, d'où qu'il vienne.
      Salutations,

    • alain maronani - Inscrit 2 octobre 2013 14 h 14

      Ah l'hiver....que de fois cet argument a fait surface...

      Expliquez moi pourquoi la Suède et la Finlande, climat identique, pas moins industrialisées, consomment par habitant 40 % de moins que nous ...?

      Les multinationales n'investiront pas dans les énergies renouvelables pour la bonne et simple raison qu'elles sont déjà obligés d'investir massivement dans l'exploration pétrolière...( et comment allez-vous les contraindre ? ).

      Pourquoi ?

      Parce que nous avons déjà consommé le pétrole bon marché a rechercher et a produire, que la consommation mondiale n'a jamasi été aussi élevée, etc...et que le pétrole brésilien off-shore va couter 200 $ le baril a produire, etc...

      Les investissements en recherche de nouveaux pétroles n'ont jamais été aussi intenses, avec autant de capitaux...pour des résultats en diminution...

      Si nous trouvions maintenant un nouveau champ pétrolier équivalent a celui de l'Arabie Saoudite, totalement improbable, cela ne nous donnerais au niveau mondial que 7 années de consommation de plus....

      Pour ceux qui parlent de transports électriques collectifs, expliquez-moi comment vous faites en Gaspésie, en Abitibi, etc...?

      Comment vous servez les banlieux immenses ou tout fonctionne autour de la voiture ?

      Comment vous-faites pour transporter la nourriture au Provigo du coin ?

      Enfin pour tous ceux qui se déchainent contre le pétrole albertain, particulièrement nombreux au Québec, dites-vous bien que si cette quantité de pétrole était retiré du marché demain, le prix du baril augmenterait probablement d'au moins 30 % et vous trouveriez l'addition a la pompe saumatre...

      Il y a 3 pays qui peuvent augmenter leur production pétrolière;

      Iraq
      Le Canada
      Le Kasaksthan

      si on lit le dernier rapport de l'IEA...le Canada est destiné à rester une puissance pétrolière, Harper ou pas...

      Ceux qui braillent contre l'Alberta vont peut-être, dans quelques années, remercier d'être dans la même zone géographique...a l'abri de tensions

    • François Beaulé - Abonné 3 octobre 2013 08 h 54

      Pour réduire la gravité des changements climatiques, il est impérilleux qu'une part importante des combustibles fossiles restent sous terre. Voilà pourquoi les sables bitumineux ne devraient pas être exploités. D'autres sources de pétrole produisent beaucoup moins de polluants et de GES.

      De plus, le Canada est un pays riche. Beaucoup de pays riches ont une économie florissante même s'ils ne possèdent pas de ressources en combustibles fossiles, la Suède, la Suisse, l'Autriche et les Pays-Bas par exemple. Ce ne sont pas des pays pauvres comme l'Algérie qui peuvent se passer de l'exploitation du pétrole mais bien des pays riches comme le Canada. En plus le pétrole issu des sables bitumineux émet 67% plus de GES que le pétrole algérien. Ce chiffre 67% inclut la production, le transport et le raffinage.

      Les États-Unis, le Québec et les autres pays devraient refuser d'acheter du pétrole issu des sables bitumineux. Cela est un minimum nécessaire pour réduire les émissions de GES.

  • Francois Parent - Inscrit 2 octobre 2013 07 h 00

    La Clolombie plus sage

    Le risque n'est pas rentable en fin de ligne et la Colombie l'a compris. On a qu'à se rappeller la région du lac Mégantique pour s'imaginer à quoi ressemblerait un déversement dans notre province par d'Enbridge qui se fou de la qualité de notre environnement.

    • Luc Falardeau - Abonné 2 octobre 2013 12 h 37

      Pas rentable pour le Québec, vu les risques importants, mais rentable pour les multinationales de l'Alberta... qui investissent aussi marginalement dans les énergies renouvellables comme le solaire et l'éolien afin d'influencer, voire limiter le développement de ces industries... Après le film "Who killed the electric car?", il faudra peut-être sortir le film "Who killed rentable energies?"...