La Russie menace de poursuivre des membres de Greenpeace pour piraterie

Est-ce que le fait de protester contre l’exploration pétrolière dans l’Arctique constitue un acte de piraterie? Pour Moscou, la question se pose. La Russie a en effet menacé vendredi de poursuivre des membres de Greenpeace pour «piraterie», après avoir saisi le navire des écologistes non loin d’une plateforme de forage.

«Le Comité d’enquête russe a reçu du service des gardes frontières du FSB [Service fédéral de sécurité] des éléments sur l’incident du 18 septembre, et la tentative d’abordage sur la plateforme Prirazlomnaïa d’un groupe d’individus apparemment liés à l’organisation écologique Greenpeace», a indiqué dans un communiqué cet organe chargé des enquêtes criminelles en Russie.
 

«Le service des gardes frontières du FSB a considéré qu’il y avait dans cet incident des indices de crime relevant de l’article 227 du code pénal [relatif à la piraterie]», a ajoute le Comité d’enquête. Le crime de piraterie est passible en Russie de 15 ans de prison.

 

Jeudi, des gardes frontières armés de mitrailleuses ont pris d’assaut le navire Arctic Sunrise. «Leurs actions agressives et provocatrices pouvaient provoquer la mort de personnes ou avoir d’autres conséquences graves», a estimé la diplomatie russe, dans un communiqué.

 

L’équipage de 29 personnes — dont deux Canadiens — et le navire sont désormais entre les mains de Moscou. Le navire est actuellement remorqué vers le port russe de Mourmansk, a indiqué vendredi matin Greenpeace sur son compte Twitter.

 

Accusations à venir

 

Le FSB a indiqué avoir pris cette décision pour effectuer «des procédures juridiques», dans un communiqué cité par l’agence Ria Novosti. Le chef du FSB de la région de Mourmansk, Mikhaïl Karpenko, a évoqué que des accusations de recherches scientifiques illégales, à l’antenne de la chaîne Rossia 24. «Nous avons trouvé d’importantes quantités d’équipements électroniques», a-t-il déclaré, ajoutant que cela pouvait constituer des preuves de «recherches scientifiques illégales».

 

La réaction par les armes de Moscou est intervenue au lendemain de l’arrestation, mercredi, de quatre militants écologistes qui ont escaladé une plateforme pétrolière pour attirer l’attention sur les risques environnementaux que représentent les forages pétroliers dans l’Arctique.

 

La plateforme appartient au géant pétrolier russe Gazprom, qui prévoit de lancer la production au premier trimestre 2014, faisant peser le risque d’une marée noire dans une zone où existent trois réserves naturelles protégées par la loi russe, selon les écologistes.

 

La Russie a fait de l’exploitation des énergies fossiles de l’Arctique une priorité. Le Programme des Nations unies pour l’environnement a toutefois lancé plus tôt cette année un sérieux avertissement à la communauté internationale: la fonte accélérée des glaces de l’Arctique rend de plus en plus probable une exploitation précipitée des immenses ressources énergétiques fossiles dans cette région du monde. Une situation qui pourrait aggraver les bouleversements climatiques qui ont justement rendu plus facile l’exploitation des hydrocarbures dans cette vaste région.

 

Avec l’Agence France-Presse

1 commentaire
  • Josette Allard - Inscrite 20 septembre 2013 16 h 49

    Eaux internationales

    Si le navire de Greenpeace était en eau internationales les pirates sont les Russes.