GES: la cible de réduction en voie d’être ratée

Les inventaires de GES de juin dernier révèlent d’ailleurs que celles-ci ont reculé de seulement 6 % par rapport à 1990, alors que l’objectif de réduction est de 30 % pour 2020.
Photo: Olivier Zuida - Le Devoir Les inventaires de GES de juin dernier révèlent d’ailleurs que celles-ci ont reculé de seulement 6 % par rapport à 1990, alors que l’objectif de réduction est de 30 % pour 2020.

Montréal ratera vraisemblablement ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à moins que les citoyens ne prennent conscience que la surutilisation de la voiture est en bonne partie responsable de cet échec appréhendé.

 

« Le message est clair : nous devons modifier drastiquement nos habitudes de vie et poser des gestes déterminants », a plaidé jeudi Josée Duplessis, présidente du comité exécutif et responsable du développement durable à la Ville de Montréal.

 

« Par nos gestes quotidiens, nous pouvons changer les choses : couper le moteur lorsqu’à l’arrêt, réduire sa consommation énergétique, mais surtout, délaisser le plus souvent possible sa voiture, particulièrement l’auto solo, pour marcher, prendre son vélo ou le plus souvent possible, prendre l’autobus et le métro », a ajouté Mme Duplessis au moment de présenter les plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) des entreprises et de la collectivité montréalaises 2013-2020.

 

Recul de 9 %

 

Les inventaires de GES de juin dernier révèlent d’ailleurs que celles-ci ont reculé de seulement 6 % par rapport à 1990, alors que l’objectif de réduction est de 30 % pour 2020. Pour réduire les émissions de 24 %, il faudra soustraire près de quatre millions de tonnes. Or, « si toutes les actions prévues dans le plan de réduction des GES sont réalisées, nous n’atteindrons qu’une réduction totale de 22 %, alors que la cible est de 30 % », a souligné Mme Duplessis.

 

L’atteinte des objectifs dépend donc en bonne partie d’une modification des comportements des citoyens automobilistes. Les statistiques indiquent une progression marquée du nombre de voitures à Montréal année après année. Celle-ci peut parfois atteindre les 20 000 véhicules.

 

Selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec, on comptait l’an dernier 720 948 voitures et camions légers à Montréal, dont 526 548 voitures.

 

« La Ville de Montréal sonne l’alarme et réitère les défis qui attendent la collectivité montréalaise. La Ville doit être supportée par les gouvernements [fédéral et provincial] afin de déployer de véritables changements en aménagement et en transport en commun », a soutenu Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre, par voie de communiqué.

 

Transports

 

Les transports à eux tout seuls sont responsables de 39 % des émissions de GES, dont 85 % proviennent du transport routier, a rappelé le Conseil régional de l’environnement de Montréal. « Pour que la prochaine administration fasse la preuve de sa volonté que ce plan soit réalisé et surtout que la cible de réduction de 30 % des émissions des GES soit atteinte, elle n’a d’autre choix que de dicter de nouvelles règles concernant l’aménagement des rues pour augmenter le confort et la place faite aux piétons, aux vélos et aux autobus », a insisté sa directrice générale, Coralie Deny.

1 commentaire
  • France Marcotte - Abonnée 20 septembre 2013 09 h 20

    Passé ce cap, la fierté

    On n'a jamais vu non plus autant de publicité sur les voitures. Et leur prix est demeuré étonnamment bas depuis des années, sans parler du taux d'intérêt pour se les procurer.

    Comment s'étonner alors que le nombre de voitures augmente autant chaque année sur la seule île de Montréal?

    Dans mon arrondissement plutôt modeste de l'est, on peut difficilement faire ses courses sans sa voiture, les commerces sont dans les centres d'achat, ceux des quatiers se rarifient.

    Malgré les pressions et la tentation, on peut au moins cesser je pense de faire de la voiture un symbole ou un refuge et la ramener plus strictement à son rôle utilitaire en rationalisant ses déplacements et résister au désir d'offrir en cadeau à son ado montréalais une voiture pour ses 18 ans.

    Le mien a passé ce cap et s'en porte très bien. Curieux, en forme, débrouillard, il butine à son aise partout dans sa ville. Il est un fier Montréalais.